DU SACREMENT DE L'ORDRE
Quiconque aura examiné avec soin la nature des autres sacrements, reconnaîtra aiséme il qu'ils dépendent tous de telle sorte du sacrement de l'ordre , que les uns ne peuvent se faire ni s'administrer, et les autres sont destitués de toutes cérémonies solennelles et de tout culte religieux sans ce sacrement. C'est ce qui oblige les pasteurs , lorsqu'ils traitent des sacrements, d'expliquer celui de l'ordre avec encore plus de soin et d'exactitude qu'ils n'ont fait les autres;, oulre que cette explicatioji sera très-utile à eux-mêmes et à ceux qui seront entrés dans l'éial ecclésiastique , et même au reste des fidèles.
1° Elle leur sera très-utile, en ce qu'ils en seront plus fortement excités à renouveler en eux la grâce qu'ils ont reçue par ce sacrement.
2" Elle sera utile à ceux qui ne sont encore engaîgés que dans la cléricature, en ce que d'une part elle excitera en eux les mêmes sentiments de piété, et que de l'autre ils pourront connaître par-là les choses dont ils doivent être instruits pour être élevés aux ordres supérieurs.
5" Enfin elle sera utile au resic des fidèles, 1° par-
zn
ce Qu'elle leur fera comprendre combien es mmistres ae rÉdisesont dignes de respect et d honneur; 2 parce uu'il arrive ?ouvenl(|ue plusieurs d entre ceux Tu as Islent à cette explication, ou ont desl.ne leurs enfants dès leur enfance au mnnstere de 1 Eglise, ou sont dans la résolution de l'embrasser eux-mêmes, et ouMnsi il est nécessaire qu'ils soient instrmls des cho'^es (lui regardent particulièrement cet étal.
Ce M'i'il f >ni donc que les pasteurs proposent d abord aux lidèles louchant le sacrement de l'ordre, c'est r son excellence et sa dignité par rapport à son nlns haut desré, qui est le sacerdoce. En eff(;t que neul-on s'imnlvinor de plus haut cl dephfs relevé que le ministère des évoques et des prêtres, qui l-s rend non seulement les inlerprètos des volontés de Dieu et ses ambassadeurs, pour publier aux hommes ses lois ei ses commandemenls, mais même fait qu ils e représentent et agissent comme tenant sa place sur la terre; d'où vient (jue l'Ecriture ne les appelle pas seulement des anges, mais des dieux?
2° Que quoique les prêtres aient de tout temps ete souverainement honorés, néanmoins ceux du nouveau Testament surpassent inlinimenl tous les autres en dieniié- la puissance qu^ls ont reçue de consacrer et d'olïvir le corps et le sang de NMie Seigneur et de remelire les péchés, étant tellement au-dessus de toutes les choses humaines, qu'il ne peut y avoir rien dans ce monde qui puisse l'égaler ni même en approcher.
5" Que de même que Notre-Seignuur Jesus-Christ a été envoyé par son Père, el (lu'il a envoyé ses apo- 1res et ses disciples par lout le monde; ainsi tous les iours les prêtres ayant la même puissance (pi eux sont envoyés ( Eph. 4, 12 ) pour travailler à la perfection des saillis, aux fondions de leur ministère, el a l' édifie alion du corps de Jésus-Christ.
IiT Qu'ainsi il faut bien prendre garde de ne pas confier léméraircment à personne un ministère si haut et si relevé, mais seulement à ceux qui en peuvent soutenir l'éclat par la sainteté de leur vie, par Il pr.reté de leur doctrine et de leur foi, et par leur prudence et leur sagesse : Que personne donc, comme dit l'Apôtre (Hebr. 5, 4 ), ne s'attribue à soi-même cet honneur, sll n'y ad appelé de Dieu comme Aaron, c'est-à-dire s'il n'y est appelé par les ministres légitimes de l'Eglise. Car voici de quelle manière Dieu parle de ceux qui sont assez présomptueux pour s'ingérer d'eux-mêmes dans ce ministère : Je n'envoyais point de prophètes ( Jerem. 23, 21 ), et ils ne laissaient
le basse et intéressée non seulement obscurcit si étrangement Télal ecclésiastique, que maintenant les fidèles le regardent comme l'étal du monde presque le plus méprisable; mais encore fait qu'ils ne liront point d'autre avantage de leur sacerdoce, ainsi que Judas de son apostolat, que leur perte éternelle. Il n'y a donc que ceux qui étant appelés véritablement de Dieu s'engagent dans les charges ecclésiastiques, dans la seule vue de procurer sa gloire, que l'on puisse dire avec justice être entrés par la porle dans l'Eglise. En effet, quoique tous les hommes aient été créés pour procurer la gloire et fhonneur de Dieu, et que les fidèles qui ont reçu la grâce du baptême soient obligés plus particulièrement de le faire de tout leur cœuV, de tout leur esprit, et de toutes leurs forces , il est cerlain néanmoins que ceux qui veulent entrer dans les ordres sacrés, doivent se proposer non seulement de rechercher la gloire de Dieu en toutes choses, cequi, comme nous venons de le dire, regarde également tous les hommes, et particulièrement tous le» fidèles, mais encore de le servir avec sainielé et avec justice dans quelque ministère particulier de l'Eglise. Car de même que dans une armée, quoique toiis ceux qui la composent soient obligés d'ohéir au général ; les uns néanmoins sont capitaines, les autres lieutenants-généraux, et les autres ont d'autres charges : ainsi quoique tous les fidèles soient obligés de faire tous leurs efforts pour garder la sainteté et l'innocence par lesquelles l'on honore véritablement Dieu , ceux néanmoins qui sont engagés dans les ordres sacrés, sont de plus obligés de s'acquitter des fonction» sacrées de leur ministère, comme d'offrir pour euxmêmes el pour tout le peuple le sacrifice de la messe, d'oxpli.iuer aux fidèles la loi de Dieu, de les exhorter à la garder avec joie el avec soumission, et de leur administrer les sacrements que Jésus Christ a institués pour leur communiquer sa grâce et l'augmenter en eux ; de sorte qu'étant séparés du reste dû peuple, ils sont employés aux fonctions du plus grand el du plus excellent de tous les ministères.
Après que les pasteurs auront expliqué ces vérités, il faudra qu'ils passent à ce qui regarde en particulier ce sacrement , afin que ceux qui voudronl s'engager dans l'élat ecclésiastique conçt)ivenl à quel ministère ils sont, appelés , et combien est grande la puissancd que Dieu a donnée à l'Eglise et à ses ministres. § 1. De la puissance ecclésiastique.
Celle puissance est double. Il y a celle de l'ordre, et il y a celle de la juridiction. La puissance de l'or-
nn<i de courir Ce uni marque que ces gens sont les ^v .. ^ ^ , . .
£ mis6 a l^s de ous les hommes, et' qui nuisent dre regarde proprement la consécration du corps d| K ni.^ f rKisp Jésus-Christ dans la très saiiile Eucharistie. El la
plus « »x^ô"--- , 1
Comme il est irès-importanl de se proposer dans toutes ses actions une bonne fin, puisque c'est d'elle que dépend principalement la bonté d'une action, il faut que ceux qui veulent s'engager dans les ordres, ne se proposent rien d'indigne d'un si haut et si saint ministère. C'est à quoi les pasteurs doivent travailler avec d'autant plus de soin qu'on commet en ce lempsci de plus grandes fautes à cet égard. Car nous voyons nue la plup:^.rt n'embrassent féial ecclésiastique
puissance de la juridiction regarde uniquement son corps mystique, de sorte que c'est par elle que le$ pasteurs ont droit de gouverner et de régler les Ildelei' pour les conduire à la vie éternelle.
Quant à la puissance de l'ordre, elle ne s'étend pasi seulement à la simple consécration de l'Eucharistie ; mais encore c'est par elle que les pasteurs disposent les fidèles pour les rendre dignes de la recevoir, et elle s'étend généralement à lout ce qui se peut rapporter en quelque manière que ce soii à l'Eucharistie.
nue nour avoir de quoi subsister, et ne se ptop sent porter en quelque manière que ce sou ai «^"cnaii^uc. Sohil d^utrl fin, e'n s'y engageant, que le gain qu'ils Cette P"issa..ee est autorisée par f sieu ^«^pass^^ges
^n'ësS' ri;;;;^<S:mri;;;* cm^;mê^J'r;st^^ës s; mc^iiïure s^me qu'H seraU aisé de rapporter, m^. 1 om ne m t coutume^d'envisager les métiers les plus entre autres par ceux-ci qui ^o.vl tres-eons.«^ vUsoù ils s'ensa-eni. Or, quSi(iue l'Apôlre témoigne et qui se lisent dans saint Jean et dans sami M.UlIneii nue la lo natSle et di^Nine oVdcnne que celui qui Comme mon Père nùi envoyé , dit Nolre-Seigne, r ;. ^prt \ l'autel vive de l':aitel, l'on ne peut néanmoins vous envoie aussi de même: recevez le Savit'tspnt, it sans saci"lé-e se proposer le gain en entrant dans l'é- péchés seront remisa ceux a qui vous les remettrez e tuLclé asu'iul^'auires n'y entrent que par am- ils seront retenus à ceux a qui vous les relundrez.J biiion et paï le seul désir d'être honorés ; el les vous dis en vérité que tout ce que vous herezjur^ autres enfin ne s'y engagent que pour devenir riches; ce qui est visible, eu ce qu'ils ne pensenl jamais à l'état ecclésiastiiiue que lorsqu'on leur ollre quehpie bénéfice. .
Ce sont ces sortes de personnes que INolre-beigneur appelle mercenaires, et dont Ezéchiel dil qu'ifs ie paissent eux-mêmes, non leurs brebis, dont la condm-
terre ^ sera lié dans le ciel; et que lout ce que vous ae lierez sur la terre , sera délié dans le ciel. Ces passage étant expliqués, selon le sentiment et la doctrine de Pères , pourront beaucoup contribuer à établir celi vérité. , '
Celle puissance est bien plus grande et plus re.eve que celle (jui fut donnée dans la loi de nature a ccu
PzUlï. II. DES SACREMENTS.
ui avaient le soin des choses qui regardaient le culte
e Dieu. Car il ne faut point douter que dans tout le temps qui a précédé la loi écrite il n'y ait eu un sacerdoce et une puissance spirituelle , puisque dans ce temps-là même il y avait une loi , et que ces deux choses sont tellement inséparahles, selon TApôlre, qu'il assure que l'une venant à changer, H faut nécessairement que l'autre soit aussi changée ; oulre que les hommes, connaissant par l'instinct même de ia nature qu'il faut honorer Dieu , il ftUlait que dans chaque république il y eût des personnes qui fussent destinées à avoir le soin des choses sainies et du culte de Dieu , et dont la puissance fui eu quelque sorte toute spirituelle.
Le peuple d'Israël a aussi eu part à cette puissance spirituelle. Mais bien qu'elle lut plus excellente que celle qu'avaient les prêtres de la loi naturelle, elle était néanmoins bien inférieure à celle des prélres de la loi évangélique. Car celle-ci est toute céleste, «i surpasse même toute la puissance des anges, et «Ile ne tire sou origine que de Notre-Scigneur Jésus- Christ, qui n'a pas été prêtre selon l'ordre d'Aaron , mais selon celui de Melchisédech. Car c'est lui qui ayant une puissance souveraine pour donner la grâce et remettre les péchés a donné cette même puissance à son Eglise, quoique limitée et attachée aux sacrements. Il a donc été nécessaire pour exercer celle puissance d'établir et de consacrer de certtins ministres. Et c'est cette consécration qu'on appelle le sacrement de l'ordre ou les ordres sacrés.
Les saints Pères se sont servis de ce terme, qui a une signification si éteîïdue pour exprimer ce sacro- Tnenl, afin de mieux faire comprendre la dignité et l'excellence des ministres de l'Eglise. En elï'et l'ordre ne signilie autre chose, selon sa propre et naturele signification, que la subordination qui est entre les choses supérieures et les inférieures, qui fait qu'elles 'Ont tant de rapport entre elles que l'une dépend nécessairement de l'autre. Ainsi, comme dans le ministère ecclésiastique, quoiqu'il y ait plusieurs degrés et •des fonctions différentes, tout s'y fait néanmoins avec ime parfaite subordination , on ne pouvait lui donner w\ nom (jui lui convînt mieux que celui de l'ordre. § 2. Que l'ordre est un véritable sacrement.
Le saint concile de Trente fait voir par la mémo raison (jui prouve la vérité des autres sacrements, et que nous avons déjà plusieurs fois rapportée, que l'ordre doit être mis au nombre des sacrements de l'Eglise. Car comme tout sacrement est le signe d'une chose sacrée;, et que ce qui se fait extérieurement dans l'ordination , marque la grâce et la puissance qui sont données à celui qui est ordonné, il est visible qu'il faut reconnaître que l'ordre est véritablement et proprement un sacrement.
Aussi l'Eglise a toujours enseigné que lorsque Tévêque donnant le calice avec le vin et l'eau, et la patène avec le pain à celui qu'il ordonne prêtre, lui dit : Recevez la puissance d'offrir le sacrifice, etc., il lui comnmnique la puissance de consacrer l'Eueharistie , et qu'il imprime da:;s son âme un divin caractère qui est accompagné de la grâce qui lui est nécessaire pour s'acquitter dignement comme il faut de ce ministère ; c'est ce que ï'Apôlre marque clairement par ces paroles qu'il adresse à Timothée ( 1 Episl. 1, 16) : « Je vous avertis de rallumer ce feu de la grâce de Dieu que vous avez reçue par l'imposition de mes mains. Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais un esprit de courage, d'amour et de sagesse. »
Ainsi pour nous servir de l'expression même du concile , l'exercice d'un sacerdoce si grand et si relevé, étant ui:e chose toute divine, il é;ait à propos afin qu'il pût être administré avec plus de décence , et que les peuples en conçussent plus de vénération, qu'il y eût selon l'économie et la disposition admirable de l'Eglise, divers ordres de ministres qui servissent au prêtre selon les différentes fondions qui
leur seraient propres, et qui fussent disposés de teile sorte que ceux qui auraient reçu la tonsure cléricale pussent être élevés par les moindres ordres, comme par autant de degrés, aux ordres majeurs.
L'Eglise a toujours renfermé tous ces ordres dans le nombre de sept, dans ceux de portier, de lecteur, d'exorciste, d'acolyte, de sous-diacre, de diacre et de prêtre. Et la raison de ce nombre est prise des différents ministres qui sont nécessaires pour célébrer le très-snint sacrifice de l'autel, et pour administrer l'Eucharislie, pour laquelle ils ont été particulièrement institués. Or entre ces ordres, les uns sont appelés majeurs et sacrés, et les autres, moindres. Les ordresf majeurs et sacrés sont le sacerdoce , le diaconat et le sous-diaconat. Les moindres comprennent les acolytes, les exorcistes, les lecteurs et les portiers. § 5. De la tonsure.
Avant de dire quelque chose de chaque ordre en particulier , comme il est nécessaire que les pasteurs puissent en instruire surtout ceux qu'ils sauront se disposer à les recevoir, il faut premièrement parler de la tonsure, qui n'est qu'une disposition aux ordres. Car comme les exorcismes servent de disposition au baptême , et les fiançailles, au mari;»ge, de même la tonsure par laquelle un homme se consiicre au service de Dieu, le rend capable de rece voir les ordres, et elle niarque quel doit être celui qui désire d'y être admis.
Car le nom de clerc, qu'il commence alors d'avoir, vient de ce qu'il n'a plus que Dieu seul pour partage et pour héritage, de niême que ceux qui servaient au culte de Dieu parmi les Israélites, à qui Dieu avait défendu de distribuer des terres et des héritages dan» la terre promise, voulant être lui-même leur'part.ige et leur héritage. Je serai, dit-il à Aaron (Num. 18, 20), voire partage et votre héritage. Ainsi quoique cet avantage soit commun à tous les fidèles , il convient néamnoins d'une manière plus particulière à ceux qui se consacrent au service de Dieu.
Cette tonsure se fait en coupajit les cheveux de la tête en forme de couronne. Et ceux qui la reçoivent sont obligés de la porter toujours , et même elle doit croître à mesure qu'ils sont élevés à un ordre supérieur. L'Eglise nous apprend que celte coutume de couper les cheveux aux personnes qui se consacrent à Dieu, vient des apôlres. Et plusieurs Pères très anciens et très-considérables, comme saint Denis, saint Augustin et saint Jérôme, en font mention.
11 y eu a qui tiennent que saint Pierre a été le premier qui a introduit cette cérémonie en mémoire de la couronne d'épines qui fut mise sur la tête de Noire-Seigneur, afin que ce qui avait été inventé par les impies pour couvrir de confusion Jésus-Christ et le faire souffrir, servît d'ornement aux apôtres, et contribuât à leur gloire; et aussi afin de faire comprendre aux ministres de l'Eglise, qu'ils doivent avoir soin de porter en toutes choses l'image et la ressemblance de Notre-Scigneur Jésus-Christ.
Il y en a d'autres qui prétendent que celte couronne marque la digni;é royale, qui semble être propre à ceux qui sont appelés à l'héritage du Seigneur. Car il est visible que ce que dit l'apôtre saint Pierre de tous les fidèles, qu'ils sont la race choisie , l'ordre des prêtres rois, la nation sainte, convient d'une uianière toute particulière aux ministres de l'Eglise.
Enfin il y en a qui croient ou que l.i perfection de la vie que les clercs ont endjrjssées, est marquée parcelle couronne, qui est la ligure la plus parfaite; ou que le retranchement (juc l'on fait de leurs cheveux , qui sont une chose toul-à-fait superflue au corps, marque le mépris qu'ils doivent avoir pour toutes les choses du monde, et le dégagement où ils doivent être de tous les soins de la lerre. § 4. Des quatre moindres ordres
Le premier ordre qu'on reçoit après la tonsure est celui de portier. Sa fonction est d'avoir soin de la porie et des clés de l'église, et cl'empêGher que ceux
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à oui ron en a interdit rentrée, n'y entrent. 11 assiste :Z au saint sacrifice de l'autel PO«r prendre garde
de le remarquer par les cérémonies qui s observent lorsmroM lui C()Mfère cet ordre. Car leveque en lui donnrt es clés qu'il a prises de dessus Tauiel, lui dit: S« vou/reudrez compte à Dieu de loul
ce7uUst enfermé sous ces clés. Cet ordre était une digni^lé fort considérable dans les premiers temps de Itdise, comme l'on peut voir par ce qm s observe encore aujourd'hui dans quelques églises, ou la dignité de trésorier et de sacristain, qui appartenait aux portiers, est une des fonctions des plus honorables. ^ Le second ordre est celui de lecteur. Il donne pouvoir de lire à l'église d'une voix haute ei distincte les livres de l'ancien et du nouveau Testanient, et parli- «•ulièrcment ceux qui se lisent communément pendant rof ice de la nuit? et d'instruire les fidèles des prei^ers principes de la religion chrétienne. D'où vient nue l'évêque après avoir mis en présence du peuple entre les inains de celui qui le reçoit, le livre qui regarde son ministère, lui dit : Recevez ce livre, et ne manquez vas de lire aux fidèles la parole de Dieu. Cm si vous vous acquillez lidèlement et utilement de ce ministère, vous aurez part avec ceux qui ont au commencement administré avec fruit celte dmne parole.
Le troisième ordre est celui des exorcistes qui ont le pouvoir d'invoquer le nom de Dieu sur ceux qui sont obsédés par l'esi^rit impur. C'est pourquoi 1 eve- Gue en les ordonnant leur donne un livre ou les exor- Ssmes sont contenus, et leur dit : Recevez ce livre et l'avvrenez pur cœur. Recevez la puissance d imposer les mains sur les énergmnènes, tant baptisés que catéchumènes. . . , ^ ^ ^^ Le quatrième ordre et le derruer de ceux qu on appelle moindres et non sacrés, est celui des acolytes. Leur fonction est d'accompagner à l'autel les sous-diacres et les diacres, et de les servir, de porter el de rapporter les ciergesallnn.es pendant qu'on célèbre le sacrifice
de la messe, cl particulièrement lorsqu on lit l Evangile, d'où vient qu'on les î'ppelle aussi porte -cierges. Lest ponniuoi lorsque levéque les ordonne, il a coutume ani es les avoir instruits des devoirs de leur mimslere, de leur domier à chacun un cierge allume, en disant ces paroles : Recevez au nom du Seigneur ce chande-
sous-diacre est pour servir le diacre, rarchidiacrc lui donne les burettes pleines d'eau et de vin avec le bassin et le linge pour essuyer les mains, levêque lui adressant ces paroles : Concevez bien quel est le ministère qu'on vous commet. Je vous avertis donc de vouscori' duire de telle sorte que vous puissiez plaire à Dieu. On fait encore d'auires prières. Et enfin après que l'évêquea revêtu le sous-diacre des ornements sacrés, ce qu'il fait en usant de prières et de cérémonies propres à chacun de ces ornements, il lui donne le livre des Epîtres, et lui dit : Recevez ce livre des Epîtres avec le pouvoir de le lire dans la sainte église de Dieu, tant pour les vivants que pour les morts.
Le second ordre sacré est le diaconat. Les fonctions de cet ordre sont beaucoup plus étendues, et il a toujours été considéré comme beaucoup plus saint. Car le diacre est obligé d'être toujours auprès de l'évêque et de l'accompagner lorsqu'il prêche, de le servir aiirsi que le prêtre lorsqu'ils disent la messe et qu'ils administrent les autres sacrements, et de lire l'Évangile à la messe. H avertissait autrefois de temps en temps les fidèles d'être attentifs aux saints mytères. 11 donnait aussi le sang de Jésus-Christ dans les églises oîi la coutume éiaii que les fidèles communiassent sous les deux espèces. Enfin, il avait la dispensation du bien de l'église et le distribuait selon le nécessité de chacun. ,,
C'est encore au diacre, qui est comme l'œil de levêque, de s'informer de ceux qui vivent sainlemcnl ou non, qui assistent ou n'assistent pas à la messe et à la prédication au temps destiné pour cela, afin qu'a-i vcrlissant l'évêque exactement de toutes choses, il puisse ouexhoiter et avertir chacun en particulier, oji les corriger et les reprendre piibli(iuement selon qulli jugera qu'il sera plus utile.
C'est aussi au diacre à nommer à l'évêque les catéchumènes et à lui présenter ceux qui doivent être admis au sacrement de l'ordre. Il lui est encore permis en l'absence de l'évêque et du prêtre d'expliquer l'Évangile, quoique non pas d'un lieu élevé, afin qu'il paraisse que cette fonction n'appartient pas proprement à son ministère.
Au reste l'apôtre saint Paul fait bien voir quel S( l'on doit avoir que qui que ce soit ne soll élevé à< ^ ordre en étant indigne, lorsqu'il marque à Timolhét quelles doivent être les mœurs, la venu et l'intégrir des diacres. Et c'est ce que les cérémonies qui
fer aveccecierqe et sachez que vous êtes destiné à allu- pratiquent dans leur ordination montren clairement merles ci "ai daV^^/sc. Puis il leur donne les bu- Car l'évêque y dit beaucoup plus de prières et memj retles vides où l'on met l'eau et le vin pour l'usage
du sacrifice, et leur dit : Recevez au nom du Seigneur ces burettes pour fournir l'eau et le vin qui sont nécessaires pour la consécration du corps et du sang de Jesus-
Chriit,
§ 5. Des ordres majeurs.
11 e^t permis, après qu'on a reçu les ordres moindres et non sacrés, de prendre les ordres majeurs et sacrés, dont le sous diaconat est le premier. La lonclion du sous-diacre est, comme le terme même le fait assez comprendre, de servir le diacre à l'autel. C'est lui qui prépare les linges, les vases, le pain et le vm qui sont nécessaires pour le sacrifice, qui verse l'eau sur les inains de 1 evèque ou du prêtre, lorsqu'ils les lavent à l'autel, et qui lit l'Epîtrea la messe, ce que le diacre faisait autrefois. Il y assiste comme témoin, et empêche que le prêtre lie soit troublé eu la célébrant. Toutes les fonctions du sous-diacre nous sont mar-
plus saintes (juc dans celle du sous-diacre : il ajon aux ornements du sous-diacre d'autres vêtements a Clés ; il lui impose même les mains conformémeiill la pratique des apôtres (Acl. 6, 6), que nous lison en avoir ainsi usé à l'égard des premiers diacres qu il étabhrent; et enfin il lui donne le livre des Évangile et lui dit : Recevez au nom du Seigneur le pouvoir deiii CEvangile dans l'église de Dieu^ tant pour les vivam que pour les morts. ^ a
Le troisième ordre sacré et qui est le plus élevé c tous , est celui du sacerdoce. Les anciens Pères oi coutume de donner deux diflerents noms à ceux qui sont élevés. Car tantôt ils les appellent anciens, seu la signification grecque du mot de prêtre, non seiili ment à cause de la maturité de l'âge où doivent et ceux qui sont élevés à cet ordre , mais particulier mont à cause de la gravité des mœurs, de la sciwi et de la prudence, qu'il est nécessaire qu'ils aient. U comme l'Ecriture remarque fort bien, la vieillesse '
nuées narles cérémonies qu'on observe en l'ordonnant. comme l'Ecriture remarque lort bien, la vieiiiesst f Car premièrement l'évêque avertit et déclare haute- est vénérable n'est pas celle qui se mesure par ai
ment que les lois de l'Église obligent celui qui s engage dans cet ordre à une perpétuelle continence, et que personne ne s'y doit présenter s'il n'est résolu de se soumettre volontairement à cette loi. Ensuite la prière solennelle des litanies étant faite, il marque et explique en particulier toutes les fonctions du sousdiacre, et il donne à c! acun de ceux qu'il ordonne, ic calice et la patène. Et pour faire entendre que le
gueurdu temps et le nombre des années, mais celle ( est fondée sur l'intégrité de la vie; et quelquefois leur donnent un autre nom qui, dans son expressi latine, marque quelque chose de sacré, soit parce qu se sont consacrés à Dieu, soit parce que c'est a eu: donner les sacrements et à avoir l'administration » choses saintes et sacrées.
L'Ecriture nous apprend qu'il y a deux sortes