‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 210 sur 368 · SACREMENTS · texte numérisé non relu

SACREMENTS

est établi le médiateur entre Dieu et les hommes en quoi consiste la principale fonction du prêtre. Enfin leveque, en lui imposant une s<-ronde fois l.'s niaiu' sur la reîe, lui dit (Joau 20, 22) : Hecevez le Saint t.spru. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et its seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez; par ou i\ coinnumique cette divine luussnnco de remettre ei de retenir les péchés, que Notre Seigneur donna a ses disriplos. ^

coI"\'^ l''s principales fonctions qui sont propres au sacerdoce. Mais .1 Inul ren.arquer^ que , q.o.qu'il soit

un en SOI, i a néanmoins plusieurs degrés de puissance cl (le oignile.

'ayant en même temps frappé de lèpre. Comme donc îette même différence de sacerdoce se trouve dans la ni évangélique , ainsi que nous l'avons déjà dit , il laui prendre garde que quand on parle de Tordre de )rêlrise, c'est du sacerdoce extérieur qui n'est propre lu'a un certain nombre de personnes dont on entend )arler, n'y ayant que celui-là qui appartienne au sa- Temeiit de l'ordre.

Les fonctions de ce sacerdoce sont d'offrir à Dieu le sacrifice de l'autel, et d'administi er les sacrements ^e l'Eglise. Et c'est ce (jui paraît par les cérémonies jiie l'on g.irde dans l'ordination du prêtre : car l'éfêque en l'ordonnant lui impose premièrement les inamsavec tous les prêtres qui l'assistent; ensuite lui mettant l'étole sur les épaules , il la dispose en orme de croix sur son estomac pour montrer que le uetre est revêtu d'une vertu divine qui le rend capable de porter la croix de Notre-Seigneur Jésuschrist et le doux joug de sa loi, et de l'enseigner aux uires, non seulement par ses paroles, mais encore »ari exemple dune vie toute sainte et toute pure H mi encore ses mains d'une huile sacrée, et lui donne e calice avec le vin et la patène avec le pain, lui diant : Recevez la puissance d'offrir à Dieu le sacrifice, t de célébrer la messe tant pour les vivants que pour les twns; et par ces cérémonies jointes à ces paroies, il CoNG. DE Trente. I.

Le pieniier est de ceux qui sont simplement prêtres; et c^est de> lonctions de ces personnes dont nous venons de parler.

Le second est celui des évêques qui sont préposés dans chaque d.ocèse po.n gouverner non scndement tous les autres ministres dii l'Ksiise mais ins i i*reste des fidel.s. et pour vei'Ier î le'.; salm .vec Lut le son» et toute la vigilance dont ils sont rapibles D'oiï vient que l'Ecriture leur donne souvent le nom de pasteurs; c est de leurs fonctions et de leurs obli'^alions dont l apôtre saint Paul a parlé da.s cet enimlien qu 11 eut avec les Ephésieos, qui est rapporié dans les Actes des apôtres (20, 28) ; et S. PierrT(i Epîst! ô, 2 leur prescrit une règle toute divine pour leur conduite, a laquelle s'ils ont soin de se conformer il ne faut nullement douter qu'ils ne méritent la nualitde véritables pasteurs; ils sont encore appelés nonliles, qui est un nom qui vient des païens, qui avaient cmuume d appeler pontifes les princes de leurs prê-

Le troisième degré est celui des archevê pies qui p^esident a plusieurs evêques. On les n-mime aussi métropolitains, parce qu'ils sont évêques des villes qui sont comme les mères des autres villes de la province ou elles sont. Ainsi ils précédent les évêques et Ils ont une juridiction plus étendue, quoique L-ur ordination soit toute semblable à celle des evêques ' j^equal^'ième degré est celui des patriarches c'esta-dire des premiers et des plus élevés des Pères. Auirelois, outre le s-uvcrain pontife de IJome, il v avait seulement dans toute l'Eglise quatre patriarches aui même n étaient pas égaux en dignités : car quoique celui de Constantinople n'ait été élevé à ce de-^ré d honneur qu'après les trois autres , il ne laiss;^ pas d avoir la préséance, à cause que c'était le siège de l'eml pire; le second était celui d'Alexandrie, dont le sié«e avait ete fondé par saint Marc, qui avait été établi eveq.ie de cette ville par saint Pierre; le troisième était celui dAntioche, où saint Pierre avait d'abord établi son siège; et le quatrième était celui de l'église de Jérusalem, que saint Jacques, parent de Notre-Seigneur, avait gouvernée.

Outre ces quatre patriarches, l'Eglise catholique a toujours eu beaucoup de vénération pour le souverain pontife de Rome, que saint Cyrille appelle, dans le concile dEpbese, l'archevêque de toute la terre le père et le pairiaiciie du monde. Car comme il 'est assis dans^la chaire qu'il est constant (pie saint Pierre le prince des apôtres, a remplie jusqu'à sa moif elle reconnaît qu'il a reçu, non par les canons des co-i'ciles ou d autres ordonnances humaines, mais de Jésus- Cliristmême, le souverain degré de puissance et d autorité , et la plénitude de juridiction qu'il v exerce. Ainsi, comme le père de tous les fidèles, de tous les evêques et généralement de tous les prélats de quelque dignité qu'ils soient , il préside à toute I Eglise en qualité de successeur de saint Pierre et de véritable et légitime vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

L'on peut voir par tout ce qui a été dit jusqu'ici quels sont les principaux devoirs et quelles sont les principales fonctions des ordres ecclésiastiques, et surtout que c'est l'évêque qui en est le ministre comme il est aisé de le prouver par l'auiorilé de TE'

(Onze,)

rriture sainte, m- une tradition irès-conslante fondée su Te émoignage de tous les saints Père, sur les canon, des conciles cl sur l'usage et la coutume de rE.> se. Car, quoiqu'il soit permis a quelques abbes d^idminisirer en de CTlaines rencontres les ordres nioindres et non sacrés, il est cerlam néanmoins que cela appartient proprement au mmislere de leveque, ^t une lui soûl de tous les ministres ecclésiastiques, saiKs exception d'aucun, peut conférer les ordres majeurs et sacrés. Ainsi Tévêque lui seul ordonne les irctres les diacres et les sous-diacres; et leveque e-sl ordonné par trois évèqnes , selon la Iradiiion des apôtres, qui a toujours été gardée dans I Lglise. S 6. Des disposilîons nécessuires pour recevoir les

ordres.

Il resie à CNaminer qui sont ceux qui sont dignes de recevoir le sacrement de l'ordre et particulièrement celui du sacerdoce, et quelles sont les principales qualités qui sont à désirer en eux; car il sera aise déjuger par les qualités qui sont nécessaires aux prêtres, quelles sont celles que doivent avoir ceux qu on veut élever aux antres ordres, à proportion que leurs (onctions approchent plus ou moins de celles du sacerdoce; et ce qui fait voir combien il est nécessaire d'user encore plus de précaution pour donner ce sacrement que pour donner les autres , cest qu au lieu que les autres sacrements communiqne:it la grâce pour la propre sanctilication do ceux qui les reçoivent, celui-ci, au contraire, ne la coninm^ùque à ceux a qui on le donne, qu'alin que par leur mini.^ière ils procurent le salut de toute l'Eglise.

C'est pour cette raison qne l'ordination ne se lait qu'en de certains temps, anxquels, selon la coutume ancienne de l'Eglise catholicpie, l'on a prescrit des jeûnes solennels afin que les fidèles puissent obtenir de Dieu par de saintes <t ferventes p.ieres des ministres capables d'user pour l'utlLté de TEglise de la puissance qui est ailacbée à ce saint ministère.

Donc la première di^position qui est a désirer dans celui qu'on élève au sacerdoce . c'est qu'il soit reeonimandable pour l'intégrité de sa vie et de ses mœurs, tant parce que s'il recherchait ou s'il soulïrait d être ordonné, se sentant coupable de q'.ielque pèche mortel, il contracterait un nouveau crime, que parce qu'il est obligé de servir d'exemple de vertu et d innocence à tout le monde. C'est pouniuoi il est a propos que les pasteurs expliquent ce que du l'Apotre a Tite et à Timothée sur ce sujet , et qu'ils montrent que ce qui se pratiquait dans la loi ancienne pour les défauts du corps, qui, selon le commandement de Dieu, excluaient un homme du ministère de l'aulel, se doit pratiquer dans la loi de l'Evangile pour les vices de l'âme. C'est ce qui fait qu'on observe cette louable coutume dans l'Eglise, que personne n'est admis aux ordres sacrés qu'il n'ait auparavant punlie sa conscience par le sacrement de pénitence.

De plus, un piêire ne doit pas seulement être instruit de ce qui regarde l'usage et la praticjue des sacrements , mais il doit encore posséder tellement la science de l'Ecriture sainte, qu'il puisse instruire les fidèles des mystères de la loi chrétienne, des commandements et de la loi de Dieu , les porter a la recherche de la vertu et de la piété, et les détourner du vice ; car le prêtre a deux principales fonctions ; la première est de bien administrer les sacrements, et d'y observer toutes les cérémonies qui sont prescrites; la seconde, d'instruire les lidèles qui lui sont commis des choses nécessaires au salut. Et c'est ce que le prophète Malachie nous apprend lorsqu'il dit que le prêtre garde sur ses lèvres la science, et que cest de sa bouche que fort doit apprendre la loi de Dieu, parce qu'il est Cange du Dieu des armées. Or, quoiqu'il se puisse acquitter pleinement de la première loui tion avec une médiocre connaissance, il n'en est pas de même de la seconde, qui ne demande pas seulement une science commune, mais encore une seiciiice consonniiée. Ce n'est pas néanmoins qu'il faille que tous

les prêtres aient une science très-parfaite des mystères les plus relevés et les plus cachés. Il suffit seulement que chacun en ait autant qu'il lui est nécessaire pour s'acquitter comme il doit de son ministère et de sa charge.

On ne doit point admettre à ce sacrement les enfants , les furieux et les fous, parce qu'ils n'ont pas l'usage de la raison , quoi(iu'il faille croire que si on le leur conférait, le caraclèrede ce sacrement ne laisserait pas d'être imprimé en leur âme. Au reste , le saint concile de Trente remarque l'âge où il est permis de recevoir chaque ordre.

Les esclaves ne doivent point être non plus admis aux ordres ; car on ne doit consacrer au culte de Dieu que les personnes libres et qui ne sont point sous la puissance d'autrui.

Les bomicides et ceux qui ont commis quelque action sanguinaire en sont aussi exclus par ordonnance

de ^E^lise, et ils sont irréguliers. Il en est de même des bâtards et généralement de tous ceux qui ne Sont point nés d'un légitime mariage et dont la naissance est incertaine; car il est bien juste que ceux qui sont destinés aux fonctions sacrées n'aient rien en eux qui puisse avec raison les rendre méprisables aux autres

Enfin , l'on n'y doit point admettre ceux qui sont difformes par quelque défaut notable du corps, et surtout ceux qiii sont manchots; car , outre qu'un semblable défaut fait de la peine à ceux qui le voient , il empêche encore qu'on ne puisse administrer comme il faut les sacrements.

^1. Des effets du sacrement de l'ordre. Quoi(iue, comme nous avons déjà dit, le sacrement de l'ordre soit instiiué particnl èrement pourl'utilite et la sanctilication de toute l'Eglise, il est certain néanmoins qu'il produit aussi la grâce sanctifiante dans celui (iui le reçoit ; en sorte «lu'il est rendu capable par cette grâce de s'acquitter dignement de sa charge et d'administrer les antres sacrements , de même que celui qui reçoit le baptême est rendu capable par la grâce de ce sacrement de recevoir les autres sacrements.

Ce sacrement communique encore une autre grâce, savoir cette puissance qui regarde particulièremenl le saint sacrement de l'autel, et qui est communiquée avec plénitude au prêtre, coniiue à celui qui peut seul consacrer le corps et le sang de Notre-Seigneur Jésus- Christ, mais qui est moindre ou plus grande dans les ministres des ordres inférieurs, à proportion que chacun d'eux a plus ou moins de droit par son ordre et -son ministère de servir à l'autel.

L'on d«)nne à cette grâce le nom de caractère spirituel, parce que ceux qui sont élevés aux ordres soin consacrés au culte de Dieu, et sont distingués des autres lidèles par une certaine marque qui est impriraet dans leur âme par ce sacrement. El c'est ce queTApô ire semble marquer lorsqu'il recommande à Tinio Ihée de ne point négliger la grâce qui est en lui, qui lui i été donnée, suivant une révélation prophétique, par Cimposition des mains des prêtres , et qu'il l'avertit de rallumer en lui ce feu de la grâce de Dieu, qu'il avait reçUi par rimposilion des mains.

Voilà ce que nous avons jugé devoir représente louchant le sacrement de l'ordre , nous étant conien lés d'expliquer les points principaux qui le regardent afin qu'ils puissent servir de matière aux pasteur pour instruire les fidèles de la sainteté de la religio chrétienne.

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