DU SACREMENT DE MARIAGE
Comme les pasteurs ne doivent avoir en vue qu ce qui peut rendre la vie des fidèles heureuse et pai faite , ils devraient continuellemeut faire le mena souhait pour tous ceux qui sont commis à leur cor duite, que l'Apôtre déclare aux Corinthiens (1 Epis 7, 7) qu'il faisait pour tous les hommes, désirant qi tous fussent en l'état où il était, c'est-à-dire qu*
eussent tous embrasse comme lui la continence. En effet, le plus grand bien qu'il puisse arriver aux fidèles dans celle vie, est d'être appliqués à la pratique de la vertu et à la contemplation des cboses divines sans en être distraits par le soin des cboses de ce monde , ayant éteint en eux l'ardeur de la concupiscence de la chair.
Mais parce , comme dit le même apôtre, que chacun a son don particulier, ' *' '
Dieu, l'un d'une manière et „„,.^
que de plus le mariage est accompagné de" grands avantages dont Dieu le bénit, qu'il est véritablement un des sacrements de l'Eglise catholique, et que même ^otre-Seigneur a honoré de sa présence la céiémonie des noces; toutes ces considérations obligent trèsétroitement les pasteurs à instruire les fidèles de ce sacrement, vu particulièrement que saint Paul et samt Pierre, inspirés de l'Esprit de Dieu, ont eu un soin tout particulier, non seulement d'en faire voir la dignité , mais aussi d'en marquer exaciehient les devoirs; ce que sans doute ils n'ont fait que parce qu'ils prévoyaient d'une part les grands biens qui pouvaient revenir à toute l'Eglise si les chrétiens connaissaient la sainteté du sacrement de mariage et s ils la conservaient fidèlement ; et de l'autre, que I Ignorance qu'ils en pourraient avoir, ou la négligence qu'ils auraient à la garder, était capable de lui causer de (rès-grands maux.
§ 1. Dm nom du sacrement de mariage, et quelle est sa définition.
Il faut, premièrement, expliquer la nature l'essence et la vertu de ce sacrement; car , comnîe les vices ont souvent l'apparence de la vertu, il faut prendre garde que les fidèles, sous une fausse apparence de mariage , ne souillent leur âme en se laissant aller a des affections illégitimes, honteuses et criminelles. Pour cet effet il faut montrer ce que signilie le mot de mariage.
Le mariage est appelé ainsi selon la signification du terme laiin matrmonium , parce qu'une femme ne doit principalement se marier que pour devenir mère et que les devoirs d'une mère sont de concevoir de meure au monde et de nourrir des enfants. '
I Le mariage, selon la signification de cet autre terme latin conjugium, qui vient du verbe conjiimo ,qui signifie joindre, marque qu'une femme légitimé jCSt comme attachée à un même joug avec son mari. Lnhn le mariage , selon la signitication de cet autre terme latin nnpiiœ, marque, comme dit saint Am- Droise, que les filles qu'on mariait se couvraieni par
Î^ART. II. DES SACREMENTS
contracter et qu'il est nul, lorsqu'elles le contractent Par exemple le parent au quatrième degré, ou "n garçon qui n'a pas atteint Vàge de quatorze ans on «ne hlle, celui de douze, qui'est l'âge auquel eVlois enr permeitenl de se maWer, sont incapables de se lier par les liens d'un légitime mari;>«^e
i^ême apôtre, que cha- ..^^làZ^^:^ ^:!rlZc Êxke T" ^^ selon quil le reço t de nue le lien nui .,„;» rnc«r^»i T ^.^^^re, marquent rautre' d'une aut're , et d^ si^mur^ilidlssol e ''" '' '''''' '' '' ^^'""^^^ ^^^
que le mariage consiste proprement et esseiitieiremen; dans ce lien et cette union qui est enlrelé m. • '. u femme. Car quoique des personnes très-consÏÏ érable dans les définitions qn'ils ont données d i nSe* semblent le fure consister dans le mutue co Se: ment des parties, comme lorsqu'ils disent que L ma riage n'est autre chose que le consenteWn que se" donnent mntuellement l'iiomme et la feu nie ]| In? entendre cela seulement en tant que ce co e.uème est la cause du mariage, comme les Père' du S de Florence I ont enseigné. Et en effet, sans 1, consentement des parties, il ne peut y avoir de ien ni d obligation entre eiles. "» uc iien ni
Mais il faut bien remarquer que ce conspnfPmpn» doit être exprimé avec des' paroles, et '^X^^^^^ ces paroles marquent le temps présem ; Z le ma ia^e nest pas une simple donation ,\nais un pacte mi (st réciproque. Ainsi le consentement d'une des nân ies ne su ht pas pour l'accemplissement du ma^tge* m îs Il doit être réciproque entre les deux parties. 0^ il est
lenienl, Il est beso;n de paroles pour l'exprimer.
lit SI le mariage pouvait subsister avec le seul consentement intérieur, sans qu'il fût besoin de l'exnd mer yar quelque signe extérieur, il s'ens.^vrait^ce semble, que, lorsque deux persoMues qui ^erai<'nt dans des pays f^^nt éloignés et tout-à-faii Jifférentsù aient la volonté de se marier, elles seraient unies ensèmble par le lien d'un véritable et indissoluble maria^^ë avant même que de s'être donné l'un à l'autre oi^a^ ettres, ou par le moyen de quelque persmme des temoiguages de leur volonté : ce qui est out-lfait HEglfse' ''"'" '' ' ^' P^'^'^''^' '' aux décrets Et ces paroles par lesquelles on donne le consenleinent , comme nous venons de dire, doivent marquer le temps présent, puisque celles qui marquent le Ailur ne forment point le lien du mariage, mais en sonî seulement une promesse, étant ceriaîn que ce (pi i es
(Pudeur d'un voile, pour marquer qu'ellerdëvaien^^^ fu r nV ""fP^«"^^««^' étant certain que ce qui est
obéissantes et soumises à leurs maris côii^idéS ^n '"''''' ^' '' ^"' "''^'^ P^^'"' ^^^ '^^ être
, Or le mariage , selon le commun sentiment des i^ T^ZSTl: TH'J''''^'' ' P.^ '."ème point du
Or le mariage, selon le commun sentiment des 'iieologiens, se dehnit ainsi : Le mariage est une union onjugnle de l homme et de la femme, qui se contracte
tout de stabilité, ni de consistance.
peutobligeràlaloidumariag;m''^iT;^^
^me personnes légitimes, ,est-t^airë qHu^^^ntc^^ pr^S'avii^^ir^ln''?'; ' '^"i^^" '' "^ P^''^ ^''^' 'les selon les lois, et qui les oblige de vivre insénaraL ilivTuî . - ^^ ' 'l ^ seulement prorais de
nent Im avec ràutre' ^ inséparable- faire II est néanmoins obligé de lui garder sa parole ;
Pour bien comprendre cette définition il faut nren- M<,k V'il -''^l ^-^^ coupabl.i d'avoir faussé sa foi.
Ire garde qu'encore que t,uites ces S se "L^^^^^^ même ent'.tH""' ^"'' ^' '''" ^" ^"^'^'^S^' ^l"-»»d
rent dans un véritable mariage , le consentement in- e.ThV n? l'I I f " ''^.''^ ' /'^ ^T "' ^^'-^"S^^ ^e qui
lerieur des parties , le pacte extérieur ni .Tf^^r 3l f •' '^ ' ^"^''^ ""^ ^^ ^^ ""' «^et. Comme donc
aroie , l'obligation' et 1^1 en qù'i rèon^racient mu tZ'nTr'''' ^'^ T' ^^""P^^ P''«"'^^«« ' '"^is "ne
uellement et qui suit le pacte et enfin r.nfrn.n^M ' ^^^^f «entière que font entre eux le mari et la fem-
ale qui consomme le marh g% néat n^^n^^e^ f ' ''' ''"' ?'^' ' "" ^«^'^ ^^^ ^^ ^^''i abandonne
e consiste propremem à essè/Sm^^^^ nl7.lt ?"" '^'P^ ^ '^ puissance de sa femme , et de mêrne a
elle obligation et ce lien S exS^^ rno lu^.' abandonne le sien à la puissance de son mart
'union. ^ ^ ' exprime par le mot il faut nécessairement que le mariage se contracte avec
On y ajoute conjugale, pour la distinguer de rni.iP« fesparolesqui désignent le temps présent, et dont l'effet
'S autres conventions par lesqueTe le Lmines^^ IW ''Pm' «'emequ'elles sont prononcées, unissant
^s femmes peuvent s'obliger lesMinren ver ^^^0 très JTTI ^ '''''"' P"' "" ^''" ^"' "*^ '' P'^'^^e '^^' m,r en ........: S c^' uns en\ers le^ autres pre. Il faut reconnaître néanmoins qu'une inclination
de teie et d'autres signes qui marquent clairement le consentement de la volonté, peuvent suffire au lien de paroles pour contracter mariage, et que le silence même a quelquefois celle force, comme lorsqu'une de par pudeur ne répond point, et que ses parents, repondent pour elle. ^
^rse secourir mutuellement, soit par ^^nië ou AAW^l' •'^"'re'nenl, qui sont toutes fort éloignées de J l'galion qu on contracte par le mariage. I es dit ensuite qu'elle doit être emIe pe