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CATÉCHISME DU COiNCILE DE TRENTE.
Dieu. Saint Jean marque expressément dans son Apocalypse (8 , 3) que c'est là la manière dont les saints nous peuvent servir dans le ciel.
§ 7, Des dispositions nécessaires pour prier comme il faut.
Comme c'est tenter Dieu que de l'offenser en même temps qu'on lui demande quelque grâce, et d'être distrait et sans attention lorsqu'on le prie, ce que l'Ecriture nous avertit d'éviter lorsqu'elle dil (Eccli. 18, 23): Préparez votre âme avant de prier, de peur que vous ne soyez sembable à celui qui tente Dieu; et qu'il est trèsimportant pour prier comme il faut de le faire dans les dispositions nécessaires, il faut que les pasteurs en instruisent exactement les fidèles, afin qu'ils puissent s'acquitter dignement d'utie action si sainte.
Premièrement, il faut être parfaitement humble et soumis dans la vue de ses péchés passés, se reconnaissant indigne, non seulement que Dieu accorde ce qu'on lui demande, mais même qu'il souffre qu'on se présente devant sa majesté pour le prier. L'Ecriture sainte marque souvent celle disposition : Dieu a tourné^ dit David, ses regards sur la prière des humbles, et il ne méprise point leur vœu. La prière de celui qui s'humilie pénètre les deux, dit encore rEcclésiastiijue.
Les pasteurs qui seront versés dans la lecture de l'Ecriiure sainte ne manqueront pas de preuves pour confirmer cette vérité. C'est pourquoi sans nous arrêter à en rapporter un plus grand nombre, ne jugeant pas que cela soit nécessaire, nous proposerons seulement deux exemples, qui prouvent merveilleusement cette vérité, quoique nous en ayons déjà parlé en une autre occasion. Le premier, qui est connu de tout le monde, est celui du publicain, lequel, se tenant à rentrée du tempîe, n'osait lever les yeux au ciel dans la vue de ses péchés; et le second, celui de cette femme pécheresse qui, étant pénétrée de douleur pour ses péchés, arrosa de ses larmes les pieds de Noire-Seigneur Jésus-Christ. Car il est aisé de juger par ces deux exemples combien l'humilité chrétienne doime de poids et de force à la prière.
2' Il faut être vivement louché au simple souvenir de ses péchés, ou du moins avoir du déplaisir de voir qu'on n'en ressent pas toute la douleur qu'on en devrait avoir. Car il est impossible qu'un pénitent qui n'est point dans l'une de ces deux dispositions obtienne le pardon de ses péchés.
3° Il faut avoir de Thorreur pour toutes sortes de cruautés et de violences, puisqu'entre tous les crimes qui empêchent que Dieu ne nous exauce, l'Ecriture sainte marque principalement les meurtres et les violences. Lorsque vous élèverez vos mains pour me prier, dit Dieu par son prophète (Is. 1, 15), je détournerai mes yeux de dessus vous ; et plus vous me prierez, et moins je vous écouterai, parce que vos mains sont teintes du sang qu'elles ont répandu.
4" H faut aussi fuir la colère et les contentions, parce que ces deux vices contribuent beaucoup à empêcher que nos prières soient exaucées de Dieu. Celte disposition nous est marquée par ces paroles de saint Paul (1 Tim. 2, 8) : Je veux que les hommes prient en tout lieu, levant des mains pures, et avec uti esprit éloigné de colère et de contention.
5° 11 faut prendre bien garde de ne se pas rendre inexorable à l'égard de ceux de qui l'on a reçu quelqu'injure. Car si l'on se présentait devant Dieu dans celte disposition, l'on ne pourrait jamais obtenir de lui le pardon de ses péchés. C'est Jésus-Christ lui-même qui nous en assure : Lorsque vous vous présenterez, dit-il (Marc. 11, 25; Matth. 6,15), pour prier , si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez-lui, afin que votre Père qui est dans le ciel vous pardonne aussi vos offenses; car si vous ne pardonnez point, votre Père qui est dans le ciel ne vous pardomiera pas non plus vos péchés.
6* Mais surtout il ne faut pas avoir de la dureté pour les pauvres et les misérables, ni leur être cruel.
Car l'Ecriture sainte assure que celui qui ferme l'oreille aux cris du pauvre, criera lui-même, et ne sera pomt écoute.
7° Il faut de plus fuir l'orgueil et la vanité. Car ces paroles derEcriture (Jac. 4, 6) : Dieu résiste aux superbes,et donne sa grâce aux humbles, suffisent pour faire concevoir combien Dieu en est offensé.
8° Il n'y a rien encore de plus contraire à la prière que le mépris que l'on a pour la parole de Dieu. C'est ce qui a f;»it direàSalomon (Prov. 28, 9) q\ie quiconque détourne roreille pour ne point écouter la loi, sa prière même sera exécrable.
Au reste il faut ici bien remarquer que quoiqu'il faille être exempt de tous ces vices et même de tout autre péché pour prier comme il faut, lorsque néanmoins on s'en trouve coupable de quel(|u'un, cela n'empêche pas que la prière qu'on fait pour en demander pardon à Dieu ne soit bonne et ne lui soit agréable.
9^ Il faut aussi avoir une ferme foi. Et c'est la principale ei la plus nécessaire disposition pour pouvoir prier comme il faut, puisque sans la foi il est impossible d'avoir la connaissance de la toute-puissance et de la miséricorde de Dieu qui est néanmoins le fondement de la confiance que nous avons dans nos prières. C'est ce que Jésus-Christ nous enseigne par ces paroles (Mallh. 21,22) : Quoi que ce soit que vous demandiez dans la prière, vous l'obtiendrez, si vous le demandez avec foi. Saint Augustin confirme cette vérité, lorsqu'il dit : Si l'on n'a la foi, c'est en vain qu'on prie. Et c'est ce que S. Paul établit en faisant voir l'impossibilité du contraire (Kom. 10, 14) : Comment, dit-il, invoque^ ront-its celui en qui ils ne croient point ? La foi doit donc précéder la prière, et la prière ensuite conserver la foi, par laquelle seule nous prions utilemenL Car comme c'est la foi qui nous fait prier, c'est aussi par la prière que tous nos doutes sont levés, et que nous devenons plus constants et plus affermis dans la foi. S. Ignace, persuadé de cette vérité, donne cet avertissement à ceux qui veulent prier Dieu : Prenez garde de douter lorsque vous priez. Car celui-là sera heureux qui n'aura point douté. ;
L'on ne peut donc douter, après toutes ces preuves, que la foi et la confiance d'obtenir de Dieu ce qu'on lui demande, ne soient d'un très-grand poids pour l'obtenir de sa bonté. C'est ce que l'apôire saint Jacques nous a marqué par ces paroles (1, 6) : Celui qui veut demander à Dieu quelque grâce doit le faire avec foi sans aucune hésitation.
Il y a plusieurs raisons qui doivent nous porler à avoir celte confiance dans nos prières. La première est la bonté et la charité que Dieu a pour nous, qui est telle qu'il nous commande de l'appeler notre père, pour nous faire entendre qu'il nous regarde comme ses enfants.
La seconde est l'exemple d'une infinité de person- nés qui ayant prié Dieu de leur accorder quelques grâces, les ont obtenues.
La troisième est que l'Ecriture nous apprend que Notre-Seigneur Jésus-Christ est toujours prêt à intercéder pour nous auprès de son Père. Si quelqu'un pèche, dit S. Jean (1 Epist. 2, 14), nous avons pour avO' cat envers le Père, Jésus-Christ qui est juste, car c'est lui qui est la victime de propiliation pour nos péchés. Je' sus-C/imf, dits. Paul(Kom. 8,34) n'est pas mort seulement, mais il est encore ressuscité, il esta la droite de Dieu son Père où il intercède pour nous. Il n'y a, dit il encore en un autre endroit (1 Tim. 2, 5), qu'un Dieu et un médiateur entre Dieu et les hommes, savoir Jésus-Christ homme. Et dans son Epître aux Hébreux il dit qu'il a fallu qu'il fût en tout semblable à ses frères pour être envers Dieu un pontife compatissant et fidèle en son minisr tère, afin d'expier les péchés du peuple. De sorle qu'encore que de nous-mêmes nous'soyons indignes d'obtenir quelque grâce, nous devons néanmoins espérer et être remplis d'une sainte confiance que Dieu accordera à l'excellence de la prière de Jésus-Christ tout
ce que nous lui demanderons par son moyen de juste et de raisonnable.
La quatrième cl la dernière raison est que le Saint- Esprit étant le principe et l'auteur de nos prières, il est impossible que nous ne soyons pas exaucés. Nous avons reçu, dit S. Paul (Rom. 8,[5)J'esprit d'adoption des enfants de Dieu, par lequel nous crions : Mon Père, mon Père. Car cei Esprit saint non seulement fortifie notre faiblesse et nous fait connaître ce que nous devons demander dans la prière; mais de plus, comme dit le même apôtre (Rom. 8, 26), c'est lui-même qui prie pour nous par des gémissements ineffables.
Que sMl se trouve des persoimes qui se sentent dans quelques rencontres faibles et chancelantes dans la foi, il faut alors qu'elles aient recours aux paroles doni les apôtres usèrent en une pareille rencontre, disant avec eux (Luc. 17, 5) : Seigneur, augmentez notre foi ; ou bien à ces autres de cet aveugle dont il est parlé dans S. Warc (9, 23) : Seigneur, aidez-moi dans mon incrédulité.
10" Enfin pour prier comme il faut, outre l'oubli des irjjureset la volonté de faire du bien au prochain, qui sont, comme nous avons remarqué, deux dispositions des plus nécessaires pour obtenir de Dieu toutes choses, et outre une foi vive et une ferme confiance, il est encore nécessaire d'avoir un grand soin de régler toutes ses pensées, ses actions et ses prières, selon sa volonté. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, dit Noire-Seigneur (Joan. 15, 7), vous demanderez tout ce que vous voudrez et il vous sera accordé.
§ 8. De quelle manière il faut prier.
Il importe beaucoup de savoir de quelle manière on doit user de la prière, qui est une chose si sainte. Car quoique ce soit im très-grand bien et très-efficace pour obtenir le salut, si néanmoins on n'en use comme il faut , elle ne sert de rien et elle est lout-à-fait inutile.^ D'où vient qu'il arrive souvent, comme remarque S. Jacques (4, 3), que nous n'obtenons pas ce que nous demandons, parce que nous demandons mal. Il faut donc que les pasteurs apprennent aux fidèles quelle est. la meilleure manière de prier innt en public
Su'en particulier, et quelles sont les règles que Jésushrist a prescrites sur ce sujet.
Premièrement il faut prier en esprit et en vérité. C'est ce que Jésus-Christ nous apprend lorsqu'il dit (Joan. A, 23) que le Père céleste cherche des adorateurs qui l'adorent en esprit et en vérité. Or c'est prier en esprit et en vérité que de prier de toute l'alTection et de toute l'ardeur de son cœur. Et quoique l'on puisse joindre la prière vocale à celte prière qui est toute iniérieure et spirituelle, c'est néanmoins avec beaucoup de justice qu'on donne la préférence à celle-ci, puisque Dieu, qui pénètre les pensées les plus secrètes du cœur, l'exauce volontiers quoiqu'elle ne passe pas jusqu'aux paroles.
C'est ainsi qu'il exauça autrefois les prières que lui faisait dans le secret de son cœur Anne, mère de Samuel, dont il est dit dans le premier livre des Rois qu'elle se con tentait de verser des larmes , et qu'à peine on lui voyait remuer les lèvres en pri:»ni. David avait coutumede prier de la sorte, comme ces paroles le témoignent ( ps. 20, 8) : Seigneur, mon cœur vous a dit, les yeux de mon âme vous ont cherché. El l'Ecriture sainte est reujplie d'un fori grand nombre d'autres exemples qui confirment celle vérité.
Cela n*en)pêche pas, comme nous avons déjà dit, qu'il ne soit utile et même nécess;iire de joindre à celte prière la prière vocale, puisqu'elle contribue heaueonp à faire (jue l'on prie avec plus de ferveur et de plus grands sentiments de piété et de dévotion, comme S. Augustin le montre admirablement dans sa lettre a Proba. Le plus souvent, dit-il, nous faisons par nos paroles ou par quelques autres gestes et dispositions du corps que nous prions avec de plus grands sentiments de piété, en sorte qu'il est même quelquefois impossible de nous empêcher de ne pas
PARt. IV. DE LA PRIÈRE.
lis
exprimer les sentiments dé noirô cœur par les paroles, y étant comme forcés par l'ardeur de nos désirs. Et cènes il est bien juste que la langue participe à la joie du cœur, puisque même c'est le moyen de nous acquitter du double sacrifice de notre âme et de notre corps , que nous sommes tous obligés de faire a Dieu. Aussi nous voyons dans les Actes des apôtres et dans plusieurs endroits d(;s Epîtres de S. Paul que les apôtres se sont servis de ces deux sortes de prières.
Mais comme l'on peut prier ou en particulier ou en public, il faut savoir que lorsque nous prions en particulier, il nous est libre de n'user de paroles que lorsque nous jugeons que cela est nécessaire pour lorlifier et augmenter la ferveur de notre dévotion • mais que dans les prières publiques qui sont éîablies de 1 Eglise pour exciter la piété des fidèles, nous n'a vous pas celle liberté, ei que nous sommes obligés de prier vocalement dans les temps que l'Eglise a destinés pour cela.
Il n'y a proprement que les chrétiens qui prient en esprit. Car les païens et les infidèles ne connaissent poini cette sorte de prière. C'est pourquoi Nolre- Seigneur nous avertit de ne pas faire comme eux • Ne soyez pas, dit-il (Matlh. 6, 7), grands parleurs comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils obtiendront ce qu'ils demandent : ne vous rendez donc pas semblables à eux, parce que votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez. Ou il ^faut remarquer que quoique Notre-Seigneup nous défends d'être grande parleurs dans nos prières, il n'a pas néanmoins condamné les prières qui, quoique longues, ne parlent que de l'ardeur et de la véhémence de l'amour qui est enraciné depuis un long temps dans le cœur. Car bien loin qu'il ail eu ce dessein, il nous exhorte au coi*traire lui-même par son exemple a prier do la sorte, puisque l'Evangile remar<|ue que non seulement il a passé des nuits entières en prières, mais même qu'il a répété par trois fois tout de suite la même prière qu'il faisait à son Père. On ne peut donc tirer d'autre conséquence de ces paroles, sinon qu'il a voulu par là nous marquer que Dieu ne se laissait pas fléchir par la seule multitude des paroles, qui sont loui-à-faii inutiles si elles ne sont accompagnées des mouvements du cœur.
Les hypocrites ne prient point non plus en esprit. C'est pourquoi Noire-Seigneur nous inspire aussi de 1 horreur pour leur manières de prier. Lorsque vou$ priez, dit-il (Matlh. 6, 5), ne faites pas comme les hypocrites qui affectent de prier en se tenant debout dans les synagogues et au coin des rues pour êire vus des hommes. Je vous dis en vérité qu'ils ont déjà reçu leur récompense. Mais pour vous, ajoute-t-il , lorsque vous voudrez prier, entrez en un lieu retiré de votre maison, et, fermant la porte, priez votre Père en secret, et votre Père, qui voit ce qui se passe dans le secret, vous rendra la récompense. Par ce lieu retiré où Jésus- Christ nous evhorte d'entrer pour prier, l'on peut fort bien entendre notre cœur, où il ne suffit pas de nous reiirer, mais dont il faut encore que nous fermions 1 entrée à toutes les pensées des choses du monde qui pourraient s'y glisser, et dont la moindre serait capable de faire que notre prière fût moins excellente et mo;ns parfaite. Qui donc prie de la sorte doit s'assurer que Dieu, qui connaît parfaitement les pensées des hoHJines, ne manquera pas de lui accorder tout ce qu'il lui aura demandé.
2° Il faut que la prière soit fréquente et presque continuelle; carrienne peut nous faire obtenir plus promptemenl l'effet de,nos prières que celte assiduité. L'exemple de ce juge dont il est parlé dans S. Luc en est une preuve bien convaincante. Car le Fils de Dieu assure que, quoiqu'il n'eût aucune crainte de Dieu, ni aucune considération pour les hommes, il se laissa néanmoins fléchir aux instantes prières que lui faisait sans relâche une veuve , et qu'étant vaincu par son assiduité il lui accorda tout ce qu'elle lui demandait.
II faut donc bien prendre garde de ne pas imiter ces personnes lâches qui, après avoir Fiéf ^" "»^ ou deux fois de leur accorder quelque grâce si elles Se robtiennent pas aussitôt qu'elles Tesperaient se lassent en même temps, et cessent lout-a-laiide prier. CarronS cesser de prier, comme l'exem-
T)le de Noire-Seigneur et celui des apôtres nous en doivent convaincre. C'est pourciuoi lorsque nous sentons notre volonté s'affaiblir cl se relâcher dans ce samt exercice il faut en même temps avoir recours a Dieu et lui demander la force qui est nécessaire pour persévérer dans une action si sainte.
3° Il faut adresser nos prières au Pere-Elcrnel au nom de Jésus-Christ. Car par le mérite de ce divin Médiateur elles acquièrent un poids et un mente qui fait qu'elles sont entendues favorablement de noire Père céleste. C'est Jésus-Christ lui-même qui nous en assure en plusieurs endroits de l'Evangile ( Joan. Ib, 23 et 24) : Je vous dis en vérité que tùul ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, it vous Raccordera. JusquHci vous navez rien demandé en mon nom , demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit pleme et parfaite. Et il dit encore en un autre endroit (Joan. 14, 14) : Quoi que ce soit que vous demandiez à mon Père en mon nom, je le ferai.
4° 11 faut prier avec ferveur à l'imitation des saints, et joindre toujours raclion de grâces à la prière , à l'exemple des apôtres qui ont religieusement observe cette pratique, comme on le peut remarquer dans les Épîtres de S. Paul. .
5° Enfin il faut joindre la prière, le jeûue et 1 aumône. Le jeûne, parce que les personnes qui sont appesanties par l'excès du boire et du manger ont l'esprit tellement offusqué et abattu, que, bien loin qu'elles puissent s'appliquer à la contemplalion des choses divines , il ne leur est pas même possible de faire attention à ce qu'elles demandent dans leurs prières ; et l'aumône, puisque celui-là ne peut pas dire qu'il ait la charité, qui ayant le moyen de faire du bien à son prochain et à son frère , qui ne peut subsister que par les aumônes qu'on hii fait, le laisse néanmoins et l'abandonne dans sa misère ; et que ce serait une témérité insuppportable à une personne qui n'aurait point jde charité d'oser avoir recours à Dieu, si ce n'était pour lui demander le pardon de ses péchés, et pour le supplier en même temps de lui accorder cette charité qui lui est nécessaire.
Dieu a donc voulu que ces trois exercices de vertu fussent comme trois remèdes salutaires pour guérir les maladies de nos âmes, et pour pouvoir acquérir le le salut éternel. Car comme nous offensons par nos péchés ou Dieu, ou le prochain, ou nous-mêmes; nous apaisons parla prière la colère de Dieu, si jusienietit irrité contre nous; nous réparons par l'aumône le tort que nous avons fait à noire prochain, et nous effaçons par le jeûne les taches et les souillures de notre vie passée. Et quoique chacun de ces remèdes en particulier soit suffisant pour nous purifier des péchés qiie nous commettons contre Dieu, contre le prochain et contre nous-mêmes; néanmoins chacun d'eux combat plus particulièrement un de ces maux,et est plus propre pour le déiruire , parce qu'il lui est plus opposé.
.ff. .. I. ■ .
j j&'ÔvaUon bominicaU.