‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 240 sur 368 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

On examine diverses suppositions mises en avant par Soave, touchant les anciens con-

(\) Le commenlaleiir de Fra Paolo, je veux dire le Courayer, i aussi prompt à la médisance qui lui est utile, que rétif à la vérité qui lui est préjudiciable, dirons-nous ici avec le P. lJuonafede(ili. J., p. 50), accueille de grand cœur et soutient comme juste cetie application satirique, ne se rappelant plus ce qu'il avait lui-même été forcé de confesser ailleurs. Ce sérail^ avait -il dit, nne prévention trop visible de ne pas reconnaître que dans cette assemblée (le concile de Trente) furent portés des règlements très-sages ^ et des décisions solides^ conformes à la doctrine antique, aux lois les plus pures de la morale et à l'esprit primitif de rEglise ; qu'il y a beaucoup à louer dans ses décrets, lesquels ont introduit quelque ordre dans fEglise, et paré à un grand nombre d'abus pernicieux qui avant ce concile régnaient impunément ; que depuis le concile les ecclésiasli^'^ues vivent avec plus de régularité; que la discipline ne maintient avec plus d'édification dans les monaslères ; que l'institution des séminaires forme un nombre infini de pasteurs excellents et de ministres exemplaires ; que le concile a mis fin aux désordres de la simonie, rétabli la résidence, l'ordre et la décence dans le culte public , la subordination naturelle et primitive dans l'Eglise ; et qu'enfin si les ordonnances du concile nont pas remédié à tout le mal, néanmoins l'Eglise a recouvré imè partie de sa pureté native , et est sortie de cet abîme de corruption et de désordre où, elle s'était entièrement défigurée. Après un aveu aussi complet, je ne comprends certes pas commenl le commeniaieur peut jusiificr les applaudissements qu'il donne à cette . dénomination maligne d'Iliade de maux, par laquelle Soave insulte au coiicilo : à moins qu'il ne veuille dire (]ue lopposition qui règne entre ses désirs l'a mis, et non pas une seule fois, dans celle fau.>sc positron. En effet, comme il veut paraître ami de la vérité, il la dit quelquefois; et comme il ne veut pas non plus être ennemi de la satire et de la malignité, il est contraint, ou de se repentir d'avoir dit vrai, ou • 0« fairç comme s'il lie s'en souvenait pas, >

que

que quatre d'entre les apôtres, et non pas cinq. L'opinion cependant la plus fondée et la plus commune est qu'il y en avait cinq. Car, outre Pierre, Paul, Jacques et Barnabe, que saint Luc nous représente comme y ayant parlé, saint Paul, dans TEpitre aux Galates, fait mention d'y avoir encore trouvé saint Jean.

3. Mais je viens à une fausseté plus grave ; qui est, qu'à ce concile assistèrent tous les chrétiens habitants de Jérusalem. C'est en effet ce que Soave et ceux qu'il a suivis voudraient nous faire croire, pour en tirer la conséquence que non-seulement les évêques, mais tous les ecclésiastiques et les laïques ont le droit de voter dans les conciles ; et c'est sur ce fondement que les hérétiques ont essayé de contester la validité du concile de Trente, qui exclut les laïques de l'exercice de ce droit. Mais les centuriateurs de Magdebourg eux-mêmes {Centur, 1, lib. 2, cap. 9, p. 5W ) , n'osèrent pas affirmer que dans te concile des apôtres , tous les chrétiens furent admis à traiter les affaires de religion : ils se sont contentés, outre les apôtres et les prêtres , d'y en introduire un assez grand nombre d'autres. Et dans le vrai , l'assertion de Soave est tout à fait incroyable. Environ trois mille personnes dans cette ville s'étaient converties à la prédication de saint Pierre ( Act, Ap., c. Il) le jour même de la Pentecôte. Ensuite, lorsque le boiteux fut miraculeusement guéri. par saint Pierre [Ibid., c. IV), il y en eut encore cinq mille gagnés par la parole de l'apôtre; et depuis nous lisons dans les Actes des apôlres ( Ibid., c.V et VI) que de jïouvelles conversions vinrent notablement grossir le nombre des fidèles. Or, comment auraient pu tous ces chrétiens être admis au concile de Jérusalem , lorsque lEglise persécutée n'y possédait ni temple ni édifice commode d'aucune sorte , et qu'elle ne trouvait d'asile que dans de petites maisons ( Act., c. Il) où se rompait le pain de vie, comme le rapporte saint Luc? outre que c'eût été vraiment un auguste concile, que celui où l'on aurait appelé pour y donner leur avis sur les intérêts du ciel une multitude innombrable de gens idiots , de femmes et d'enfants. Il est vrai que l'historien sacré a dit ;

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«Les apôtres, les vieillards, et toute l'E- (jlise trouvèrent bon de choisir des hommes entre eux, pour les envoyer à Aniioche avec Paul et Barnabe (1).» Mais qui ne sait que le moi Eglise, qui selon son origine signifie assemblée, est pris souvent dans le texte sacré pour une multitude quelconque d'hommes réunis dans un certain but? Les exemples de ce genre ne manquent pas, même dans les auteurs profanes , non-seuîemenl grecs , mais latins; et particulièrement dans Pline, lettre cent-onzième.

4. Il y eut donc bien à ce concile, avec les saints apôtres, peut-être d'autres évêques , et en outre les prêtres, et quelques autres fidèles en petit nombre, qui applaudnein A la résolution d'écrire à ceux d'x\ntioche, selon l'avis de saint Pierre et de saint Jacques ; mais ces fidèles ne furent qu'une bien minime portion de tant de milliers de chrétiens , et ne s'ingérèrent point dans la décision de la cause. Il est permis, et c'est l'usage, d'admettre dans les conciles quelques laïques recommandables par leur science, leur dignité ou leur prudence ; mais seulement comme conseillers , et non comme juges. Telle a toujours été la coutume de l'Eglise , et nous en voyons un illustre exemple dans le concile de Chalcédoine.

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