‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 246 sur 368 · Les cardinaux {G ai char d in ^ dans les · texte numérisé non relu

Les cardinaux {G ai char d in ^ dans les

(i) Après loul ce que P.illavicini vieiil de dire de •'««les II, il paraîtrait qtie personne ne ponriail sans 'iïensonge ei sans mécliancelé lui repi'ocher, comme a laii le Courayer, d'avoir vas tout en œuvre pour p;diicr les fureurs de ce pon'life, d'avoir été un vil adulateur. Cl d'avoir dii en même temps sur le comple de Jules bien pis que ISoavo lui-même.

CONC. l)i£ TULNTE. I.

Xl"'^ cl XIV "'^ livres) élurent d'un commun accord et d'une voix unanime, pour succéder à Jules II, Jean de Médicis , dont nous avons parlé plus haut. Ce n'était pas seulement un homme supérieur par s€s connaissances de tout genre; mais il jouissait aussi d'une grande réputation de probité, comme l'atteste Guichardin lui-même, et, dans sa jeunesse, rien n'avait porté atteinte à l'opinion qu'on avait de la pureté de ses mceurs , comme raconte Paul Jove dans sa Vie {livre IV) , ce qui montre que les cardinaux n'eurent d'autre intention que de couronner la vertu.

2. Soave lui reproche d'avoirélé plus versé dans la littérature profane que dans la science sacrée ; je ne le contredis pas en cela (1). Léon avait reçu de Dieu un esprit vaste et singulièrementaple à l'élude, A peine fut-il sorti de l'enfance qu'il se vit agréger au sénat suprême de l'Eglise , et il manqua dès lors à soîi dev<3ir en négligeant dans la science la partie la plus noble et la plus en rapport avec sa profession. Il y manqua bien davantage, lorsque, à 1 âge* de trente-sept ans, élabli chef suprême de la religion, non-seulement il continua de se livrer exclusivement aux recherches curieuses des études profanes , mais encore fit du palais même de la religion le rendez - vous des hommes familiers avec lés fables grecques et les charmes de la poésie. 11 mit beaucoup moins de zèle à y appeler ceux qui étaient versés dans l'histoire de l'Eglise et dans la doctrine des Pères. Il ne laissa pas cepcn- ■

(1) Sur ces mots : Je ne le contredis pas , le co.:inicnlaieur de Fra Paolo, ou, si Ton veut, le Goui aycr, avec cet air d'assurance, dit Tabbé 3uonafede(M. i. p. 55), qui poinrait en imposer au^ simples, vient aifirmer qu'il est si clair que Léon n'a eu aucun souci ni de la religion, ni de la piéié, que Pallavicini luin^èine n'ose le nier, lors |u'il dit: Je ne le contredis pas en cela. Plaisant ariifice que celui-là au moyen duquel la malignilé pourrait ai émenl faire dire à lojit auteur ce qtii ne lui est jamais venu à la pensée ! Il suliil de voir écrit dans un livre : Je ne le contredis pas. On ajoutera à son gré ce qu'on voudra, el Ton cojjclura <|ue ça éié lesealimenl de l'auiein'. C'est de celle manière que raisonne noire intrépide connnenlaleur. Pallavicini, parlant d'une auire accusation faite conire Léon, dit : Je ne le contredis pas en cela^ elle sage commenlaieur applique à son gré ces paro les au défaut de religion ei de piété dont ce pnnlifvi est accusé. Voici les termes dans les ucls le cardin:il exprime l(m!e sa pensée'. Soave lui reprociie tl'avoir été plus versé dans la Iméralurc profane (|ue dans la science sacrée; mais il n'avoue nullemcni, soii ici, soit ailleurs, qu'il n'ait eu ni religion ni pié é. Bien plus, peu après, il enlrei)rcnd de njonirer la religion et la piété de Léon telles que I. s présente Ange Po- Uiieii, cl plus clairement ejicoie Paul Jove (voyez aux numéros 4 et 5). C'esi appuyé de ces preuves que ce grand cardinal soulienl la religion el la piéiédi^Lcon: comment donc pouvait il dire avec Fra P.cio qn I n'avail aucune religion, aucune pié é ? Avaii-il é.é par hasard nonni au miliiMi des soj>l)ismes el de-, oi;- i jeclions du commeni.ateur? Il est doic évident f;ue \ c'est à lorcc de passages iront^nés, d'aodilions ou de suppressions arbitraires que le ma in critique s'esl fait un jeu d'exiortjucr au Cirdinal un consentenjenl imaginaire sur des choses qu'il a au contraire niées de loul son pouvoir,

{Dix-huit.)

IIISTOIKE DU CONCILE DE TRENÎK'.

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la dignité de maître du sacre palais , dans Silvcstre de Prierio, tous hommes qui consacrèrent leur plume iramortelle au developpement de la science sacrée ; mais il n eut ^ pas de liaisons aussi intimes m aussi fre- ■ quentes avec les théologiens qu avec les Soëtes, et il ne fit pas pour le progrès de l'érudition sacrée ce qu'il fit pour avancement de la science profane : aussi laissa-l-ii l'Edise telle qu'elle était à son avenenient , c'est-à-dire presque dénuée de grands hommes qui , au sortir de tant de siècles de barbarie, pussent faire renaître la science sacrée aussi bien que la science profane, qui renaissait déjà de toutes parts.

3 11 fallait qu'il portât la peine de cette double faute. S'il se fût entoure de théologiens, éclairé de leurs conseils, il aurait agi Ivec plus de précaution dans la dispensation

5. Il ne faut cependant pas passer sous si lence la pompe et la majesté qu'il introduis!, dans l'exercice des fonctions saintes, en quoi il surpassa tous ses prédécesseurs, ni les rigoureuses abstinences qu'il pratiquait : il jeûnait deux fois la semaine, s'abstenait encore de viande le mercredi, en l'honneur de la sainte Vierge , et ne prenait pour toute nourriture le vendredi que des herbes et des légumes, en mémoire de la passionne Jésus- Christ. De si fréquentes mortifications dans un prince jeune et naturellement porté au plaisir, jointes au péril d'abréger une vie qui est l'idole des grands, n'auraient pu se soutenir si elles n'avaient eu pour cause un véritable fonds de piété. Qu'un homme ne soit pas arrivé au dernier degré de vertu qu'il au- ^'''îrî'^'.Xpnr'i.Vir^s^'ii n^eût pas élé ensuite rait dû atteindre, ce n'est pas une raison r' rlifdTommes^e^^^^ lérudition pour taire les degrés auxquels i est parvenu;

"^T'^fL^îmiP ^iTde leTs écrits , il aurait autrement il n'y aurait plus dans l'opmion neut'ïtreS de différence entre le scélérat et l'homme

lumé par Luther; mais telle est ordinairement la négligence des princes : ils s occupent neu d'aguerrir leur sujets en temps de paix, et ne songent pas que, si la nécessite les appelle à combattre, ce n'est pas en un jour qu'ils pourront former leurs soldats a la discipline militaire, et c'est pour cela qu il leur faut acheter une milice bien réglée au prix de plusieurs défaites.

imparfait. Mais reprenons la suite de notr

récit.

6. Léon, qui succéda à Jules sur la chaire de Pierre, se laissa prendre à celte illusior spécieuse qui confond ce qui est éclatant ave< ce qui est bon, et ce qui attire les applaudis sements de la multitude avec les intérêts d< l'Etat. Ainsi, ébloui par celle scduisanli splendeur qui, comme le feu, brille d autan

Y So^P aiouîe que la piété n'était pas de plus qu'elle consume davantage, il ne cess

I, ,!t nlr éin l'obiet d'une grande sollici- pas de l'étaler dans ses fonctions, dans se

^ J T. oi bon avant tout, de savoir que, équipages et dans ses largesses. 11 s'at ach

r"^ n X^ t^^dre jeunesse, on avait vu se surtout à réaliser le pro et de construire l

des sa plus tendre Jeunesse^ "'.... , ,. hn.ilin,,,. du Vatican, que Jules avait a pein

développer en lui des germes admirables de vertu etdepiété. Ajassi AngePolilien, remerciant Innocent VllI d'avoir promu au cardinalatce ieunehomme, parle ainsi de lui dans le huitième livre des Epltres : // suça, pour ainsi dire, la piété et la religion avec le lait de sa nourrice, destiné qu'il fut dès le berceau aux fonctions sacrées; car son père, dmssa haute prévoyance, l'avait destine à l Eglise

avant qu'il vit le jour M, V" P?7l"Ll^"«/' Ce fonds de vertu, inné che?i lui, fut si bien cultivé dans la suite par les soins de son père, que jamais il ne sortit de sa bouche aucune parole ou malséante, ou simplement libre, ou légère. Telles furent sa vie et sa réputation jusqu a son pontificat, commenous l'ayons vu. Quan à la suite, îe me garde bien d affirmer qu il eût Dour la piété toute la sollicitude quondc vait attendre d'un homme élevé à un état près-

basilique du Vatican, que Jules avait a pein commencé d'exécuter, €t il se sentit entrain dans cette entreprise autant par son goût qu par l'apparence du bien qu'elle présentait. J ne vit pas que celui qui veut se servir d unsource pour former un grand lac ne doi pas en même temps la diviser en plusieur ruisseaux. Comme ce monument exigeait de sommes immenses d'argent, et que le tréso était épuisé, il eut retours à une contributioi tout à la fois efficace et douce, c'est-a-dire une contribution libre et dont cependant recette serait assurée à cause des avantage qu'elle devait procurer aux contribuables, i procura dans la chrétienté quelques mdul gences, et en même temps la permission d faire usage de lait et d'œufs les jours de jeune et de choisir son confesseur; et ces diverse faveurs étaient accordées à quiconque aura

vQÎt iitpndred un hommeeieve auneiaipics- laveurs eiaiem ai^uuiw^uo « ^"7 ",^7- , ^-

nue d vin Je ne prends pas à tâche de louer concouru par une aumône volontaire a re

^n rl'Pxrûser en tout la conduite de Léon : bâtir le temple du prince des apôtres,

^îi.,";!. "w nuP. sans m'occuper de bruits C'est un mensonge que de dire, co

d'autant plus que, sans m'occuper de bruits répandus par cette vague renommée qui soupçonne plus qu'elle n\ffirme renommée qui , toujours amie de l'exagération , se p ait à montrer des taches dans ceux en qui elles doivent paraître plus dégradantes, il est certain .^ue les chasses, Us facéties et les fêles brillantes, si fréquentes à la cour de Léon A,

C'est un mensonge que de dire, comme 1 fait Soave, que cette pieuse contribution fi nécessitée par Tépuisement du trésor du prc digue Léon. Avant lui, Jules 11 (1), réduit

(\)\\ est f.iii inenlion expresse des indulgences ac c.„\lées par ji.le^ H. à l'occasion de redifice de S:un Pierre , dans un bref de Léon X, au livre Iroisié»

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