CHAPITRE IV
Guerre de Luther contre les indulgences.
t. Cette commission donnée à l'ordre des
c'était une heureuse occasion d'introduire ses nouveautés, non-seulement sans exciter l'envie, mais même en se conciliant les suffrages des siens ; avantage aussi difficile a obtenir que nécessaire pour ne pas voir les nouveautés étouffées avant de nartre. 11 entreprit de persuader que le monde entier avait élé dans l'erreur et que lui seul s'c» étiit douté; il voulait prouver linutililé absolue de ces indulgences que les fidèles chor-
trelien et au salaire des quêteurs, paraissaient
diminuer d'autant les secours
ii.u, paiiie a 1 un- rieurs. 11 se mit à déprécier les induleences
eurs, paraissaient dans ses entretiens particuliers, en jetant un
rs des autres pau- ridicule amer sur l'avarice de Rome, qu'i
intérêt, exaerpre. hnïcco;» ^^^^p^^aa . . . > h" "
«ans la multitude nécessiteuse cei orage con- obtenu ce que son ambition sollicitait El en tre ces concessions d ailleurs si favorables ; cela, comme dans sa malveillance il a servi peut-être aussi faut-il en chercher la cause de modèle à Soave (1). 11 nY'st donc oas sur
,jai.3 .tAia^i..v^o«v..vv^Yii.w.^ w„.*^ .^ t^.yiwwc, teiidin que i^uiner écrivit à ceux de Stras-
sont toujours plus acharnées et suivies de bourg que dans le principe il s'était laissé
plus de dommages et de honte entre gens de aller à publier ses nouveautés , non nar z^I^
mêiîie drapeau qu entre ennemis. pour la cause de IWcu, mais par haine contre
â. Parmi les augustins était Martin Luther, Rome. Les invectives de Luther étaient écou-
ne en Saxe, homme si audacieux , que pour tées avec plaisir par le peuple, toujours ia-
lelTrayer 11 ne fallut pas moins que le feu du loux de ceux qui sont au-dessus de lui et
ciel {Luther, dans le petit ouvrage De volts qui ont plus de droit à ses resnects • et les
monasticis llormond Raxmond, De origine poêles en faisaient le sujet plaisant de leurs
hœresum /• I.,c. 5). Atteint par la foudre satires, eux qui s'imagineraient n'être que
a laquelle 11 n échappa qu a grand peine, de méprisables archers, s'ils ne choisissaient
le doue C'esYsans dUela p on rexné' T T\ ' ' '' ^'"^ ''''' P^"^ ^"^ '' »««^^
le cioure. t. est sans aouie sa propre expe- traits. Encouragé par ces premiers succès il
résolut d'essayer sur un plus grand théâtre
rience qui lui enseigna cette doctrine qu'il proclama depuis : que la crainte peut rendre
corps avec une ardeur infatigable;; il n'était pas dépourvu de science , mais il paraissait adv( la posséder à fond, parce qu'il portail tous à Té ses trésors au bout de sa langue. Sa facilité
ce qu'il avait déjà fait applaudir en le confiant à l'oreille de chacun en particulier; et,, pour se jeter danr» un extrême sans se rendre odieux à la multitude, souvent opposée aux
perturbateurs, il accusa d'abord sa partie adverse de l'extrême contraire. Il écrivit à rélecteur de Mayence ( Œuvres de Luther,
à s'exorimer aidée de'ia forSe de Ves dou ^* -^ "^i-i'' "f ^^^"'^'^ P^^ *^' prédicateurs, i:f„P;„^!!^;:„^::f„ .?..„! 1^^^^^ ?"i^^" '* "^ ^^,^ ^^^^\ P^'^s entendus, mais que
très écrivains, et qui le rendait assez pre- sont comparés à des tisons lT.^7du milieu du
somptueux pour se persuader que ce n'ela. feu ; que les indulgences n'ont paT d'autre
pas aux traditions des anciens maitres qu'il vertu que celle de délivrer des peines cano! i
(Luther ^ W..ofan.n 8, 18, 27) de ren- |e^ ^^^^^ on affiS'qûe d n cLx';" oT
einberg.
t 3. ïl saisit donc avidement le prétexte des indulgences qu'on avait promulguées : il Uouva, comme nous l'avons déjà dit, que
(I) Ces allégations peuvent se déduire des Vies iin primées de l'un el de rauiic, et de colle de Soavo^ principnlojmenl à la page 201.