Il est bien vrai qu'il y eut dans la cour
romaine diversité de sentiments sur la ma-
Rome le 9 de novembre, quand même le pape l'aurait envoyée le même soir à Luther,
nière de procéder contre Luther, ou par la comme il faut environ un mois pour que les sévérité, ou par la douceur. Les avis les plus ' ' • -^ •
modérés prévalurent, et comme plus en rapport avec le caractère du pontife, et comme jour où Ton voit que l'appel entraînant par eux-mêmes moins de dangers confirmation de ce que j'avance, on remaret de troubles lorsqu'on traite avec un homme quera que dans cet appel il n'est jamais qu'on n'a pas en son pouvoir et qui peut se parlé de cette bulle, dont assurément Luther venger. On se persuadait que Luther lui- aurait expressément appelé s'il en avait déjà même , après avoir tant de fois promis par eu connaissance.
paroles, par lettres et par actes judiciaires, 7. La troisième erreur de Soave est ^wq
de se rendre à la voix de Léon comme à celle l'appel de Luther fut trouvé raisonnable, «;t de Dieu , ne demandait pas autre chose
qu'une déclaration du pape sur les articles (n l^ 131,11e et les autres écrits qui seront
contestes ; que lui et ses partisans se tien- cités ensuite, sont imprimés dans le lome premier
draient tranquilles, quand il serait établi que des Œuvres de Luther,
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mSTOIlîE DU CONCILE DE TRENTE.
i|ue ce fut pour cela que la bulle de Léon lors il aurait baissé dans l'opinion; ou bien, n'éteignit pas l'incendie. Les personnes de restant opiniâtre, il aurait été reconnu et bon sens ne crurent pas et ne purent croire abhorré comme hérétique.
que cet appel fût raisonnable; elles ne le crurent pas, parce que, bientôt après, paru^ rent contre Luther les censures des Acadénaies de Cologne et de Louvain, qui approuvèrent Je décret du pape et reconnurent son pouvoir de décider; elles ne purent Vô croire, car de (ieux choses l'une : ou on admet onlièrement l'autorité pontificale en ces sortes de causes, ou on la rejette tout à fait. Si on la rejette
10. Mais rien ne nuisit plus à l'effet de la bulle pontificale que la mort de l'empereur Maxiimlien, arrivée le 17 de janvier 1519, et ainsi un mois après la publication que le légat fit de cette même bulle; car non-seulemenl avec lui la religion perdit ce puissant défenseur qui , surtout dans la cause de Luther, avait tant fait valoir son autorité par ses instances et ses promesses, mais encore
tout à fait, il n'est pas besoin d'appel; de l'électeur de Saxe resta vicaire de l'Empire même qu'il serait inutile d'en appeler de la dans cette partie de l'Allemagne qui obsersentence d'une personne privée. Si on l'admet vait les lois et les usages de la Saxe (1). Ainsi,
en quelque point, comme Luther l'admettait expressément jusque dans son appel, quand il nommait le pape vicaire de Dieu sur la terre, lors même qu'on n'admettrait cette autorité que comme soumise au concile, les sentences pontificales, surtout contre un particulier, ne resteraient pas pour cela privées de leur effet par l'appel au futur concile; autrement, ou il faudrait réunir un concile œcuménique pour vider tout procès, ou les procès resteraient pendants jusqu'à ce qu'on pût convoquer un concile œcuménique dans l'Eglise. De même, bien que plusieurs princes soient soumis aux états-généraux du royaume, celui-là se rendrait ridicule qui prétendrait qu'on dût retarder l'exécution d'une sentence prononcée par le prince contre un particulier, jusqu'à ce qu'on assemblât les états-géné- /•aux. En supposant que le pontife pût errer dans ses décisions de foi et fût soumis au concile, comme le voulait Luther, les chrétiens seraient bien dégagés de l'obligation de croire indubitablement ses décisions, mais ils ne seraient pas pour cela dégagés de l'obligation d'observer extérieurement ses or- têtes de ce pays, et portant un titre de nature
dans toute cette grande contrée, fut rornpue la digue opposée aux erreurs de Luther; erreurs dont la renommée avait déjà rendu les peuples curieux, et dont la défense des inquisiteurs, considérés comme rivaux et ad* versaires, acheva de les rendre avides.