E DE TRENTE. CO
tion des indulgences. Il dit encore que la simplicité du pape se laissait circonvenir par l'avarice de ses ministres florentins. Telle fut la réponse outrageuse que le représn ant pontifical daigna recevoir par écrit de la main d'un simple moine. Certes aucun monarque n'aurait osé porter l'insulte aussi loin : cependant cette audacieuse irrévérence est encore une nouvelle preuve que la révolte de Luther ne fut nullement occasionnée par ce prétendu détournement de fonds en faveur de la sœur du pape, ni par tout ce que Soave rapporte sur ces affaires pour charger Léon. . ,
/i.. Pour le reste, chacun peut savoir s il est possible de refuser aux princes d'Allemagne la multitude des évêchés ; car, bien que le concile ait défendu ce cumul, néanmoins la défense n'a pu être mise à exécution dans ce pays. Albert avait été, il est vrai, le premier prince en Allemagne autorise par dispense à posséder deux archevêchés {Voyez Ciaconius dans la Vie de Léon X, ou il parle d'Albert, promu au cardinalat par le même Léon, et Ughelli dans son supplément à Ciaconius), et celte faveur avait été accordée non-seulement à l'illustration de sa famille, mais plus encore à la vertu de ce personnage. Nous avons déjà vu, en effet, que sa vertu était préconisée par les hérétiques euxmêmes, comme la plus éminente qui fut alors en Allemagne, et Trilhémius, écrivain allemand contemporain et digne de foi, nous en a donné le tableau dans une foule d actions d'admirable piété. Cela posé, on décidera iusqu'à quel point le pape mettait l'électeur de Mayence dans le cas de se livrer a des exactions, lorsqu'il exigeait de lui pour les faveurs susdites des droits qui sont les revenus destinés à l'entretien du patriarche suprême, considéré comme prince ecclésiastique et non comme prince temporel.Ces droits, tout prince, tout magistrat, les perçoit sans aucun blâme pour les faveurs et pour les dispenses qu'il accorde, selon les taxes en usage dans les divers gouvernements.
5. Toutefois, Miltiz fit tant auprès de Luther, qu'il écrivit une lettre un peu soumise au pontife {le 3 de mars 1510, dans le premier ^ tome de Luther) : dans cette lettre il s'efforce d'excuser comme nécessaire sa conduite précédente ; il offre de nouveau de se taire sur la question des indulgences, pourvu que ses adversaires en fassent autant, et il s'engage, outre cela, à publier un écrit dans lequel il exhorterait les peuples à garder pur le culte de l'Eglise romaine, et dans lequel il condamnerait les violences et les invectives auxquelles il s'était livré contre ses adversaires ; et néanmoins tout en exprimant ce même repentir, il ne peut se retenir encore de lancer de nouveaux traits et des plus poignants. Après cela , il ajoute ces mots : « Maintenant, bienheureux père, devant Dieu et devant toutes ses créatures, je proteste qu€ je n'ai point entendu, que je n'entends d'aucune manière entamer ou renverser, pai quelque artifice que ce soit, la puissance d< l'Eglise romaine et de votre béatitude; bie*