I .-*,.., , , 1^- Restait à répondre aux quatre propo
10. Ainsi Luther se sentant presse de tou- sitions qu'objectait Luther comme ayant été |3s parts, voulut sortir de ses entraves, et injustement proscrites par le concile de Goneclara nettement que les conciles aussi peu- stance. Sur les deux premières, la réponse jBntse tromper, et qu'ils n'avaient pas le fut évidente, puisque la condamnation projouvoir d'ajouter de nouveaux articles de noncée contre elles tombait sur le sens que |)K 11 s'efforça de tempérer ce qu'il y avait Jean Hus y attachait et qui était que l'Eglise le trop dur dans cette assertion en lui assi- n'était composée que des prédestinés, au lieu nant cette hmite, savoir : que le concile que Jésus-Ghrist la compare à dix vierges, cuvait errer surtout dans ce qui n'est pas dont la moitié étaient folles, et la moitié sae loi. Mais cette parole, surtout, et les preu- ges. Pour la troisième, Eckius dit qu'elle était es qu il donnait, faisaient voir évidemment justement condamnée, parce que l'union en ViPuf ^^^^*^ dépouiller de toute autorité tre Dieu et l'homme ne s'est point faite dans iiaillible les décisions des conciles. la nature, mais dans la personne du Verbe,
11. Ensuite il affirma en particulier que le et que c'est pour cela que le symbole de saint oncile de Gonstance avait erré, en condam- Athanase parle différemment, et dit : Comme ani quelques propositions de Jean Hus ma- Vdme raisonnable et la chair sont un seul hom-
en
IlISTOiREDU CONCILE DE TRENTE.
vie , de même Dieu et rhomme sont im seul Christ, Celte réponse était bien suffisante; mais elle n'était pas réellement conforme a l'intention du concile, qui condamna cette proposition dans le sens si étrange de son auteur, Wicleff, suivi par Jean Hus : ce sens étaitque l'humanité seule en soi, comme aussi ïa divinité seule en soi , était le Christ ce qu'il affirmait également de la chair séparée de l'âme. Aussi enseignail-il que lorsqu'on dit que Jésus-Christ avait été dans le sépulcre, cela ne devait pas s'entendre seulement selon la figure appelée synecdoche, qui attribue à la partie le nom du tout, mais que ce qui était renfermé dans le sépulcre était proprement et sans figure le Christ entier : opinion qui ne mérite pas moins d'être appelée une extravagance qu'une hérésie, et qui semblerait une calomnie, si les paroles de Wicleff n'étaient rapportées par Thomas Waldensis [de Walden), carme (Dans le pre- . mier livre^ surtout au chap. 40 et 41), qui fut contemporain de ces hérétiques et qui réfuta excellemment leur doctrine. Mais cette erreur de Hus ne fut point connue d'Eckius, ou il ne s'en souvint pas dans ce moment.
IS.Eckius défendit encore moins bien la censure de la quatrième proposition : car ayant autrefois enseigné qu'outre les actes honnêtes et coupables il y a les indiûérents, il admit volontiers que son opinion avait été apjprouvèe comme certaine par le concile : ce qui n'avait point été fait et ce qui ne pouvait l'être au préjudice de l'opinion contraire communément reçue par les scolastiques. Mais la réponse la plus manifeste devait se tirer de la proposition condamnée elle-niême , laquelle affirme : que tout ce que fait Vhomme iuste est un acte vertueux, et que tout ce que fait rhomme coupable est un acte vicieux, tandis que ces deux assertions sont opposées à des passages manifestes de l'Ecriture.
16. Cependant Luther se tordait horriblement sous le coup des blessures que lui faisait Eckius ; et celui-ci, à la face de cette asscmDlée, ne cessait de le dénoncer comme partisan des hérétiques bohémiens, et le montrait comme plongé dans cette fange dont ^ le nom seul était une odeur fétide qui soui levait le cœur aux Allemands. Ainsi toutes ■ les fois que Eckius lui lançait ce reproche, il l'interrompait par un démenti. Il ne se contentait pas de parler latin, il parlait aussi allemand, ou pour être mieux entendu par les membres de l'assemblée, ou parce que la colère porte chacun à se servir de la langue de son pays. Il s'efforçait donc, avec une anxiété incroyable, de se défendre contre cette accusation, tantôt en disant qu'il condamnait dans les bohémiens au moins le schisme comme opposé à la charité, qui est la reine des vertus, tantôt en disant qu'il serait plus sage de [es convaincre par des raisons que de les irriter par des injures. Mais quand on le pressait de déclarer*ce qu'il pensait de ces opinions, il ne pouvait nier que la sienne ne fût une de celles que l'Eglise avait réprouvées dans Jean Hus et dans Wicleff . ainsi il ne pouvait se laver de la la-
che, sinon d'hérésie, du moins de témérité en même temps de rébellion, en soutenant qu'un concile universel avait condamné ^\ défendu. En cela il contrevenait égalemei; aux lois imposées dès le commencement ( la dispute par le duc Georges, savoir : qu'o ne mettrait point en doute les décisions d conciles œcuméniques.
17. Ils discutèrent ensuite d'autres arl clés. Ils examinèrent si les âmes du purgJ toire méritent el satisfont pour elles-même comme le prétendait Luther : si les indu gences sont de quelque utilité ; si la pén| tence peut commencer par- la crainte, niait ces deux derniers articles.
18. Mais un débat qui dura dix-sept jour avec des séances de plusieurs heures pj jour, et dont le procès-verbal contient plu sieurs feuilles d'impression, ne peut être n produit ici dans un petit nombre de page autrement qu'en imitant les peintres q ayant à représenter un combat entre deii armées, font ressortir distinctement quelqui faits plus remarquables, et indiquent le rés dans le lointain et confusément. Cette di pute, comme c'est l'ordinaire, n'eut aie pour résultat aucune décision. Dans la suit l'Académie de Paris, une de celles au jug( ment desquelles les antagonistes s'en étaiei remis, ainsi que nous l'avons raconté, coi damna Luther, mais en vain : car il ne sufi pas au juge d'avoir la juridiclion, s'il n aussi une troupe armée pour forcer l'exéci tion. Quant au second juge, l'Académie d'E fort, on ne sait pas si elle fil aucun arb Irage. Le duc Georges et son université ( Leipsick restèrent dans leur antique fo montrant par le fait quelle était celle di deux parties qui leur avait paru s'appuyc sur les fondements les plus solides.