Les grammairiens et leslmmnnistes,donl
rAllêmagne était pleine, combattaient pour Luther sous la bannière d'Erasme, pour les raisons que nous avons exposées dans le chapitre précédent. Avec les classes diverses que nous venons d'énumérer marchait encore la plébccule des légistes, ou parce que, iornorant la science attachée à leur profession et contents du litre de docteurs pour avoir les charges dans leur patrie, ils applaudissaient d(^ voir Luther brûler en grande partie les livres qu'ils étaient obligés de comprendre, mais qu'ils ne comprenaient pas réellement; ou plutôt parce qu'avec une faible teinture de cette science ils pouvaient bien saisir les ditTicullés populaires que Luther soulevait contre les canons pontificaux, mais ils ne pouvaient pas eu trouver la solution, et finissaient pardonner les mains. Dans le cierge, on découvrait une désunion pareille, parmi les grands et les petits. Les pasteurs des Eglises combattaient Martin ; mais les ecclésiastiques inférieurs le défendaient, parce que étant ignorants et dissolus, ils aimaient à entendre proclamer comme fausse la doctrine qu'ils ne connaissaient pas, et comme nulles les ordonnances de l'Eglise qu'ils violaient.
12. Enfin à la faction luthérienne venait s'adjoindre un grand nombre de réguliers de l'un et de Taulre sexe: les uns par haine de la puissance des dominicains, dont Luther se déclarait l'ennemi, mais la plupart par amour de la liberté, à peu près comme les forçats s'unissent à tout homme qui excite une émeute et vient rompre leur ban. Tous tant qu'ils étaient, ils agissaient avec l'orgueil et la violence qui accompagnent toujours les soulèvements populaires, et chacun en était épouvanté. Aussi Aléan îre courut-il plusieurs fois risque de sa vie; et, dans ses voyages avec l'empereur, ne trouvant personne qui osât lui donner asile, il parvenait à grand'peine à se retirer dans les hôtelleries les plus incommodes et les plus dégoûtantes. Bien plus, l'empereur lui-même étant sans armes et entre les mains des Allemands, on craignit plus d'une fois qu'il ne fût victime de quelque» attentats de la part de Hutten et de ceux de sa suite. Tant est faible en réalité celte prétendue ioutel)uissance des monarques 1