‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 281 sur 368 · LIVRE PRtAllER · texte numérisé non relu

LIVRE PRtAllER

à l'égard de leurs évêques, les simples prêtres a 1 égard des parieurs, et à la fin on verniil en realite se former celle Bahylone que Lu. tber, par une calomnie sacrilège, suppose exister dans Rome. ^

17. ((Je comprends que le peuple me fera celte objection vulgaire : Comment vivait-on dans les premiers siècles, puisqu'il est certain que le pape n'exerçait pas une ji;riciiclion aussi étendue? Mais avec cette manière de raisonner on pourra réduire les hommes à se repaître de gland, les princes à vivre sans gardes, sans antichambres, sans cour, et les hlles des rois à laver leurs vêtements, parce que nous lisons que c'était ainsi qu'on vivait dans les siècles anciens. De même qu'on voit dans le corps humain le tempérament et les besoins changer avec Vase, et de même que les jeunes gens ne pourraient revenir a*la nourriture dont ils faisaient usage dans leur enfance, ainsi en est-il des corps politiques Mesurons ce qui peut se faire d'après l'état présent de la chrétienté, et non d'après ce que hrent autrefois les pontifes romains ou parce qu'ils y étaient contraints par les persécutions, ou parce qu'ils avaient confiance en la vertu d un petit nombre de saints évêques, ou parce qu'ils étaient arrêtés par la puissance d'un empereur universel, ou parce que les relations du monde n'étaient pas à beaucoup près aussi multipliées que do nos jours, et qu'on ne pouvait conséqueinment recourir au pape, ni avec autant de facilité, ni aussi souvent. Du reste, l'empereur lui-même a aussi plusieurs feudataires à l'égard desquels, soit à cause de leur puissance, soit à cause de leur éioignement. il n'use pas de toute i autorité que lui accorde le dro't et qui d'ailleurs serait quelquefois fovorable à 1 unile de l'empire et au bon gouvernement des peuples, il est certain que dans tous les temps le pontife romain a été reconnu comme

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rcur, qui même au temporel, est si restreinte élevé au-d.ssus de tous les évéaues • aûè i

et s. combattue par les autres princes, doit puissance quil a exercée denuisiaTtd^

obtenir d'eux cette souveraineté dans le gou- siècles iusqu a ce leur il ne 1p nn n. ,t. -

vernement spirituel, dont la liaison es't si par la Ccë des Inrm'e et ource le nuif

é ro.le avec le temporel. L'opinion commune sance est aujourd'hui nécessaire nom- î

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nuellemcnt un tribunal suprême résidant en ecclésiastique celte ïmrmônïe .' cet ordre

i un heu Oxe, et a même de se réunir à toute cette correspondance, cette Oxilé et ceut

iheure, ce qui sans aucun doute, n'existerait uniformité de lois et de rites qu'on voit au

ipas dans 1 Eglise si, privée d'un monarque, iourd'hui. Bien plus xiàlr\m\ nnrlhll7.Z

,elle étaitsoumise à la. multitude désunie d.: J-iu?.marquan[^'it des plu7s"i"ré^^^^^

tous les évêques. De plus, quelle opposition

ne verrait-on pas dans les lois, dans les rites,

lel jusque dans la foi des chrétiens? car

Ichaque peuple croirait ce que son évêque,

a ailleurs sujet à se tromper, lui proposerait

içomme étant le sens de l'Ecriture. Alors réel-

f^^ent l'Eglise ne mériterait plus le nom

1 Eglise, c'est-à-dire d'assemblée, puisqu'elle

serait ainsi morcelée à l'infini, sans recevoir

tunjté d'une âme qui dirigerait tous ces

■nembres et les gouvernerait. Ce n'est pas

out: les pasteurs particuliers s'arrogeraient

)ientôt une autorité polyarchique semblable

CoNG, DE Trente. L

Ignoraient des décisions et des règlements de grande importance qui avaient été portés par l'Eglise, touchant la religion et les mœurs. On voyait s'introduire celte diversité de cérémonies sacrées qu'on voit encore subsister dans les provinces les plus éloignées du premier siège : et peu à peu les sièges les plus vénérés et les plus éloignés s'enhardissaient à rivaliser avec celui de saint Pierre, suscitant ces schismes qui ont déchiré le corps mystique de Jésus-Christ, et séparé en grande partie l'Eglise orientale de celle d'Occident; inconvénients dont aucun n'a eu lie»,

(Vingt et une.)

depuis que le pape exerce réellement sur attrayants soient ceux^ où le vice est guéri et

tous les évêques inférieurs sa pleine juri- non ceux où il est fomenté,

diction ^^' " ^* ^^^^ parlons ensuite de la magni-

18 (( Or une fois prouvé que l'unilé, le ficence dans le particulier, il faut dans le gou-

" " * ' vernement ecclésiastique , comme dans tous

(distinguer ce qu'on désireraitd'avec permis d'espérer. On loue à Rome re , on rend des honneurs sacrés

^ ont établi la mendicité volontaire,

qu'un des autres princes , mais qu'il "ait à on excommunie ceux qui les blâment, mais

lui un Etat , une cour et des ministres , tels on ne peut exiger ni espérer de tous une si

que les réclame l'étendue de son administra- haute vertu. Les lois sont très-mauvaises

lion.* El pour tout cela qui est-ce qui devra quand elles commandent toujours le mieux,

subvenir à la dépense? Toute localité entre- c'est-à-dire une perfection qu'on ne saurait

tient son curé, tout diocèse son évoque , tout espérer: et Dieu ne veut pas ou déraciner

peuple son seigneur, tout Etat son prince, et des cœurs les penchants innés ou y répan-

IDlusieurs Etats et royaumes ensemble leur dre généralement une sainteté héroïque; c'est

monarque. Or on ne regarde pas comme un pourquoi il est juste que, même dans le culte

inconvénient que l'argent d'un pays passe divin, les incommodités de la vie soient com-

dans un autre, pourvu qu'en échange de cet pensées par des avantages. Conséquemment

quoi donc regarder comme d'injustes extor- des samts,

sions les contributions que s'impose la chré- donneaugmentebienàutrementle nombredes

licnté entière pour l'entretien d'une cour au élus. Et le secours de quelques appâts hu-

cenlre du gouvernement ecclésiasiique? mains ne prive point de sa rectitude l'œuvre

19. «On me répondra : Oui , pour l'entre- faite pour Dieu, comme on le voit dans le

lien de l'honnôtenécessairc, mais non pour lui grand nombre de récompenses terrestres qu'il

assurer un superflu destiné à des magnifi- promettait dans l'ancienne loi. Si donc nous

oences et à des délices aussi inconnues à la voulons réellement que la capitale du monde

primitive Eglise que contraires à l'Evangile, chrétien soit fréquentée par des hommes de

Bans ces reproches populaires oii tombe en- génie, de savoir, de mérite, de distinction;

corc dans une des plus graves méprises. Si qu'ils quittentleur patrie, qu'ils renoncent à

l'on parle de magnificence en ce qui concerne avoir des femmes et des enfants, quoiqu'ils

^vnificences furent rares dans la primitive puissent espérer des honneurs et des revenus. Êo^lise, mais ce fut par le malheur des temps Quel éclat , quelle force donne à notre foi la ét'^non par le libre choix des prélats. On peut vue de tant d'enfants de barons et de princes tvôir la splendeur que Dieu ordonna pour son qui entrent dans le sacerdoce et qui se contemple de Jérusalem, celle que Constantin sacrent au service du souverain pontife? Il déploya aussitôt qu'il fut converti , et les est certain que cela n'aurait pas lieu si la louanges que lui ont données à ce sujet les piété du peuple chrétien ne lui fournissait les saints dans leurs écrits. Les gentils eux- moyens de les récompenser, mêmes ont reconnu et ont dit que l'on n'é- 21. « Je crains que plusieurs ne m'objectent lait nulle part mieux placé que dans les tem- que ces contributions du peuple chrétien pies; et si quelque mordant censeur a criti- pourraient enfin être tolérées, si on les emqué cet usage , on connaît aussi la réponse ployait à des récompenses réparties à Rome de saint Bernard , si sévère amateur de la selon le mérite et non selon Taffection. Arrépauvrelé et de l'austérité en tout ; savoir : tons-nous un peu là-dessus. Avec celte qu'il faut demander : Que fait Vor dans des manière de raisonner on devrait enlever à harnais, et non : Que fait Vor dans les temples? toute république Je moyen de récompenser, De même que Dieu a, pour ainsi dire, doré parce que Dieu n'a donné à aucune en fidéile ciel de lumière pour que les mortels en commis- perpétuel la justice et la sagesse • soient épris, de même il est biea que les dans les dispensateurs. Ce qui est confié au 3 églises soient brillantes d'or, afin que le jugement des hommes est confié à une règle !! peuple les admire et y accoure : en cela la pliée souvent par la passion, souvent par l'iî raison conspire avec les sens, et le plaisir gnorance. Mais en outre, selon l'observation f avec la dévotion. Et celte magnificence dans profonde d'un écrivain, ces sortes de méprises les choses saintes n'est pas une chose parti- sont nécessaires pour conserver la paix dans

jnaines? Le peuple veut des spectacles; et il sonne ne pourrait supporter la honte si ma-

sst conforme non-seulement à la piété , mais nifeste d'être placé après un autre. C'est une

encore à la politique , de faire en sorte que excellente consolation de pouvoir accuser U

les spectacles les plus somptueux et les plus fortune comme ennemie de I^ vertu, Du reslf

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