LIVRE PREMIER
résuUc pour la religion ce brillant éclat que exploits ^u rrio , mais deTSes E?nour
numaine s opposerau si i fi.gnsc était pauvre, qui élèvent l'homme au-dessus des bélpT^f
22 « Or ce n'est pas la épuiser les veines de qui l'approchent des anges, que la chrl fenfi
la chrétienté pour engraisser Rome, comme soumise au siège de Rome. Qu"on ne dS^
le disent a hauts cris ses adversaires : et en que c'est un bienfait de la natu?e et du cl
effet, veut on parler des beneûces ecclésias- mat: à d'autres énonue.! l'n.i«ni r... i
tiques? presque partout ils sont entre les coupplusheureux^Tuscivin é'p us nslr'uit
mains d hommes du pays ; et si quelque part que le Nord. C'est donc un avantage mi i e
cela n est point observé il y a compensation, dû à ce gouvernement, instUué par Jésu
puisque les uns en possèden réciproquement Christ avec intention de caractériser Luoen"
dans la patrie des antres. Veut-ou parler de pie entre tous les autres^par ime nrTro'f
1 argent que le pape tire de l'expédition des tive manifeste- eouvei-npnipni ,i^^. P"^^'"!?»-
bulles et des autres grâces? Mail si on sup- vous le comprenez? la bas^re lien VfnTir
pute cet argent se on la vérité, i ne suffirait gence motrice est l'autorité du soûvcra n
pas a 1 entretien d un prince médiocre, puis- pontife «i"i"e uu souverain
quenous voyons beaucoup de princes, et non 24. « Jeconclusdonccequej'avaisàdire.nr
des plus puissants, dépenser autant qu'il en la première et la Drinrimlp rtoi r.!>7! ''"^,^*"»
çoûle au souverain pontife pour l'entretien qui j'aiVoposées sTÉffill^rvoulT'^
de sa cour. Néanmoins ces revenus ne peu- vez déjà remarqué entrenre'ndTrtl!.?" i
vent couvrir qu'une partie de la dépense, fondemenlde irrelig ion chré^ennf "^
Duisaue le doma ne temnni-el rin nnno (v^,i,.nit ,..„ „„.:„.„ \" "-'.'s'"" cnreuenne, s il ôte
mes de la chrétienté, et calculez la faible l'enseignement d^îV foi Àtn,, „„''*' ?
part que chacun d'eux fournit réellement. spVkûfrdTlTchrétfentri'u'^^lf X'n l^^tTe
D ailleurs cette faible part elle-même, qui en lien, s'il bannit des âmes laS et deH v V
jouit ? Rome n'est pas une cour de Romains le bonheur, partout où péXe le noiso^ rie
que la naissance ait fixés là : c'est une cour sa doctrine poison qui sSue d'abord I w
d ecclésiastiques qui sont élus des diverses la partie la plus grossière de" sen^^'"'
provinces de la chreticnle : ainsi les honneurs, comme l'expérienfe noTs rappre,?d i'at al-he
les richesses et les avantages de cette cour si fortemen à tout ce qu'il touché eT nnri^
son communs à toutes les provinces de la si loin ses ravaees Mrmi 1p« n„?.„u ^, ^.
chré|ienlè. Et quel est l'homme, s'il n'est bien clair qu'ffautemKr rfùoven ?e1
s upide ou malveillant , qui osera nier com- plus efficaces pour l'acrnl.lpr '**, ™'*J^'^"s 'es
bien il est utile et encourageant pour la vertu aperçut avec si rare perspïcilé l'emnerln?-
qu il y ait pour tous les chrétiens une cour , Maximilien • aussi écri v^fi in f"'P'"^«V'^
même des yeux du vulgaire, c'est-à-dire d'à- sa iLhe fvec un zeMc anosS,. rh?'?'''^!^
près ses effets. Nulle république ne conserve, ne voudr^pas au'otd'C stcTrîir des s'en^
comme la république chrétienne, sur un si timents, violer les promesses dé son nréri^
grand nombre de êtes et avec tant d'éclat, cesseur et de son aï^u^ permettre lu^û
I ce ordre de la noblesse , où se perpétuent la pontife soit trompé par elles^ nllil? I
SeTavecrnd: 'ra so^'eV It ht"îe '.f '"''^ ■"cendiedortlerpreSesétin! ir.
, lui CM, avec granae raison , en si haute es spirerentunes ; vivesolliciiiiripàM-ivimiii«.M
I ^'"^ auprès de l'illustre nation allemande. ■ 25. « Cela posé, irmé i^este peu de ch^^^^^
055 HlSTOiRL DU COMCILE DE TRENTE. 656
comme on l'autait fait avec un grand prince, impie dans ses blasphèmes. Cependant il ac-
et non avec un moine insolent. Il l'avait cité quérait continuellement de nouveaux par-
à Rome; mais comme celui-ci refusait d'y lisans, qu'il séduisait par ses déclamations ou
venir, le souverain pontife, par un exemple qu'il charmait par la licence. Tel a été le
inaccoutumé, voulut bien ne plus évoquer la fruit des remèdes calmants qui ont été em-
eause à Rome, et la déléguer en Allemagne ployés pour guérir ce cerveau en délire,
à un cardinal légat et au plus fameux théo- 26. « L'empereur, d'un autre côté, a com-
logien de noire époque. Le légat permit à Lu- mencé par les purgatifs les moins violents :
th. r de se présenter devant lui muni d'un c'est-à-dire il a d'abord prohibé les mauvais
sauf-conduit de la part de l'empereur; ce livres sans toucher aux personnes: et ces
qui signifiait que le légat avait les bras liés et livres se sont toujours reproduits on plus
ne pouvait faire usage que de la langue; il grand nombre, et avec plus d'insolence. Il a
l'entendit plusieurs fois et de vive voix et fait livrer aux flammes ces mêmes livres,
par écrit; il lui promit un pardon plein et conformément aux décisions des Académie»
entier de la plus grande faute qu'un chrétien les plus célèbres, auxquelles sont venus se
puisse commettre, à la condition seulement joindre l'autorité et l'exemple des révérendis-
de se reconnaître coupable; il eut recours simes archevêques-électeurs ; et Luther aus-
aux exhortations de ses amis ; il souffrit en- sitôt a osé livrer également aux flammes les
suite qu'il se retirât d'une manière insul- livres les plus vénérés qui sont, après la sainte
tante, sans avoir même demandé congé et Ecriture, la règle delà foi et des mœurs dans
après l'avoir récusé comme suspect; il con- la chrétienté. Chaque jour voit croîlre l'im-
lint même un ressentiment bien légitime et piété des prédications, l'insolence des mani-
assez ordinaire, qui eût été de prononcer testes , la malignité des satires, la sédition
une condamnation. Ensuite, comme Luther des convenlicules, et enfm l'orgueil dos me-
protestait qu'il se soumettrait à la voix du naces. Puis donc que toute arme est impuis^
pape comme à celle de Dieu, le pape porta santé contre les écailles de ce dragon, que
ses définilions en général sans parler de lui reste-t-il à faire, sinon de le foudroyer par
dans la bulle, afin de laisser son nom sans la proclamation du6an impérial ?
aucune tache. Cependant il déblatérait et 27. « Mais comme quelques-uns m'oppo-
repaire de brig . . ^
ce siège et l'appela au concile qui n'est point redoutables par le nombre, viendraient à assemblé maintenant, et qui n'est pas près éclater par une révolte ouverte, sans qu'on de l'être, prétendant ou vivre indépendant de pût les réduire, il faut que je passe à la tout pouvoir ecclésiastique, ou voir l'Eglise dernière question que je me suis proposé de réunir, tout exprès pour lui seul, un concile, traiter, examinant en peu de mots quel est Après tout cela Charles Miltiz , chevalier celui des deux partis qui expose au plus qui tenait un rang distingué dans ces con- grand mal. Qu'on suspende le décret impétrées, envoyé par le pape au très-illustre rial •- les luthériens ne regardent-ils pas électeur de Saxe, eut plusieurs fois recours déjà l'empereur comme un ennemi ? n'a-t-il auprès de Luther non-seulement à la dou- pas banni leur doctrine de tous ses Etals ? ceur, mais encore à l'humiliation et aux ne l'a-t-il pas notée d'infamie, aussi bien larmes; et pour récompense il reçut de lui que ses auteurs, par la flétrissure du feu? Les des lettres pour le pape si pleines d'outrages, trois électeurs désignés ci-dessus n'ont-ils que le Grand-Turc lui écrirait avec plus de pas fait la même chose? Après une démonsrespect. Luther a si souvent offert de s'en rap- tration aussi énergique, quelle paix ces homporter au jugement (entre autres) de l'Acadé- mes peuvent-ils espérer de la part de ces miedeLouvain : elle a condamné ses opinions, princes? et après une offense aussi profonde, et, au lieu de la soumission, elle n'a recueilli à quel ressentiment ces princes ne doiventque des injures. Le pontife pour le gagner ils pas s'attendre de la part de ces hommes ? par la douceur de sa parole et parla majesté Lorsque l'inimitié est mortelle et mise à " de sa personne, et pour lui faire voir corn- découvert, les délais ne servent plus à autre bien la véritable Rome diffère de celle qu'il chose qu'adonner à l'ennemi le temps de se ne représente que sous les noires couleurs de fortifler et de prendre les devants. Mais en ses invecUves, a eu la condescendance de supposant que les esprits ne fussent point l'inviter à y venir et de lui promettre un aigris par la gravité de l'offense, il suffirait sauf-conduit et les moyens de faire le voyage, de vous avoir fait envisager l'immiiienco des n'omettant rien pouf traiter en fils égaré maux si funestes que doivent redouter de !:i celui qui faisait tout pour se déclarer son part de celte secte, et la pureté delà foi et lï ennemi implacable. Enfin lorsque, pressé par tranquillité des peuples, pour faire en quelles instances des universités et des prélats que sorte disparaître dans la comparaison d'Allemagne, il dut en venir à condamner ce tous les dangers que présente celte lulle séducteur des âmes, il voulut en même temps 28. « Mais, j'en atteste notre foi commune*, l'avertir du coup et il lui donna un nouveau qu'est-ce donc qui nous fait redouter ce délai pour éviter la foudre. Mais quel a été danger? Toute la puissance des Allemands l'avantage de tant d'indulgence, de tant de n'est-elle pas réunie dans celle assemblée? délais? Il est devenu plus opiniâtre dans sa Ne savons-nous pas quel est le respect sans révolte, plus insolent dans son mépris, plus bornes que ces peuples portent à leurs maï"