‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 285 sur 368 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

cueillis. On lui demanda en même temps s'il voulait soutenir les doctrines que ces livres renfermaient. H répondit à la première question que ces livres étaient réellement les siens; quant à la seconde, il demanda du iemps pour réfléchir, la matière étant fort délicate, vu qu'il s'agissait de la parole de Dieu et du salut des âmes. Sur cette réponse, l'empereur avec son conseil se retira d'un coté, les électeurs d'un autre, les autres princes aussi séparément , ainsi que les ambassadeurs des républiques. Tous s'étant ensuite réunis de nouveau en assemblée, le même Eckius, au nom de l'empereur et de l'Empire, lui dit qu'il paraissait étrange qu'il demandât du temps pour réfléchir, puisque la citation qu'il avait reçue faisant mention expresse de ces matières, l'avait mis dans Tobligationde venir avec ses réponses toutes prêtes ; que dans les causes qui ont pour objet la foi on n'accorde point de délai , parce qu'il y aurait danger et scandale pour les fidèles ; que néanmoins , par excès de condescendance de la part de l'empereur, on l'ajournait au lendemain. Il lui représenta ensuite qu'il avait publié des thèses contre le souverain pontife et le siège apostolique ; qu'il avait répandu beaucoup d'hérésies , et que, si l'on ne s'y opposait aussitôt, sa rétractation ne suffirait pas dans la suite, non plus que les forces de l'empereur, pour éteindre l'incendie. Ces dernières paroles étaient peut-être inopportunes , parce qu'elles lui montraient comme un danger la chose même qu'il ambitionnait comme une bonne fortune. Malgré cela, on vil sortir Luther avec moins d'assurance qu'on ne l'avait vu entrer : car il comprenait qu'il était réduit ou à perdre par sa rétractation l'estime qu'il avait acquise, ou à se mettre par son obstination en butte à la colère de tout l'Empire.

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