‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 290 sur 368 · CHAPITRE PREMIER. ®^ ^^^ griefs que le second avait^donnés au · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. ®^ ^^^ griefs que le second avait^donnés au

r,j^ ^ ,. , ., , ,.'■ .jj siège apostolique, et des services que le pre-

E/fets divers que produit en Italie et en Aile- ^^j^^ ^^.^-^ ^^^^^^ ^^ réprimant l'hérésie lu-

magneje décret du ban impérial promut- thèrionne. Secondement, le pontife l'appuya

gué contre Lultter, gt jui fut d'un grand secours dans les affaires

J» Lie pape sachant bien que ce? démons- de Lombardiej il pensa qu'en prenant çq,

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parli il agissait en bon prince italien) en bon vicaire de Jésus-Christ. En effet, le pape s'unissant à l'empereur, d'une part l'Etat de Milan était recouvré par un Italien pour lequel l'empereur combattait comme pour son fcudataire : c'était François Sforce ; et il était enlevé aux Français, dont la puissance, aussi redoutable qu'elle était proche, serait devenue par l'accession de ce domaine, comme un torrent prêt à se déborder , et que nulle autre digue qu'une modération volontaire , n'aurait pu empêcher d'envahir l'Italie ; d'un autre côté l'augmentation de puissance qui en résulterait pour Charles , devait échoir à un prince qui se montrait le défenseur et non le rival du pouvoir des clefs. Au contraire les ministres du roi de France à Milan brillaient plus par les qualités guerrières que par la piété. Ils distribuaient les bénéfices ecclésiastiques à des personnes indignes et empêchaient de recourir à la cour de Rome, au grand préjudice et de la discipline cléricale, et du souverain pontificat [PaulJove et Gui- Chardin, aux endroits ci-dessus indiqués. Et quoi que tout cela se fît contre la volonté du roi, qui tut toujours favorable au mérite et. porté à la piété, néanmoins son éloigiiement et la hardiesse de ses officiers faisaient souffrir à l'Eglise des maux que , sans cela , elle n'aurait pas eus vraisemblablement à craindre, ou du moins auxquels elle n'eût pas été contrainte de se résigner , si Milan était rentré au pouvoir de ses anciens ducs.

2. Le pape fit donc alliance avec l'empereur; et quoique les premiers résultats ne fussent pas heureux, il se hâta d'envoyer de Florence en Lombardie le cardinal de Médicis avec d'amples pouvoirs et des fonds considérables. Le cardinal réconcilia les capitaines divisés et releva les courages par sa présence aussi bien que par l'argent. De celte manière il procura celte victoire signalée dans laquelle Lautrec , général des Français , se vit en quelque sorte chassé de Milan, avant d'être attaqué. Ce qui ne fut pas sans avantage, même temporel, pour le pape ; car il recouvra dans cette ligue Plaisance et Parme.

3. Pendant que ces choses se passaient en Italie, le ban impérial produisit des effets divers en Allemagne. L'empereur avait élé obligé de quitter immédiatemenl ce pays pour retourner en Espagne afin d'apaiser ce royaume; car l'avarice de de Chièvrcset autres ministres flamands , dans les derniers mois du séjour de Charles, n'avait pas excité une agitation moindre que ne fit plus tard en Flandre la conduite des Espagnols et des Bourguignons, lors du d;';part du roi Philippe, fils de Charles. Mais les résultats furent bien différents. En effet les Flamands eurent pour chef du soulèvement les principaux membres de la noblesse, et avec eux ils furent invincibles. Les Espagnols, au contraire, établirent juges quelques hommes du peuple qui voulurent commencer par s'élever audessus des barons ; mais ceux-ci abandonnèrent le parti des factieux; et s'étant unis au connétable de Castille et à l'amiral qui étaient à la tête des armées royales, ils mi-

rent en déroute cette vile multitude de rebelles et firent conduire les chefs à la potence. Toutefois l'Espagne était comme un corps malade, et tel était le désordre produit par la maladie, qu'il fallait la présence de Charles pour calmer le sang qui était enflammé , et son autorité pour extraire celui qui était corrompu.

4. L'empereur étant donc parti de la haute Allemagne, repassa par la Flandre, accompagné des mêmes nonces du pape (i). Grâce a la fermeté de l'empereur et au zèle des deux nonces, la bulle et le décret furent mis a exécution, et on fit brûler sofennellement par la main du bourreau des milliers d'exemplaires des OEuvres de Luther qu'avaient fait saisir les magistrats ou qu'avaient volontairement apportés ceux qui les possédaient. La même chose eut lieu à Anvers, à Bruges, et surtout à Gnnd, en présence d'environ cinquante mille personnes et de l'empereur lui-même, qui, en passant par là, applaudit a ce spectacle par un sourire. Il en eût été de même dans la haute Allemagne, si l'empereur y était resté : car il avait témoigné làdessus la résolution la plus ferme, en disant à son confesseur, un peu avant le décret, au moment qu'il était appuyé à la fenêtre : Je vous jure ( et il posa la main sur sa poitrine). qu après la promulgation de ce décret, le premier qui sera reconnu luthérien, je le ferai pendre à celte fenêtre. Mais il en est des lois comme des machines : plus elles sont fortes, plus ordinairement elles exigent de force pour les manier, avant qu'elles aient été, pour ainsi dire, aplanies par l'usage.

5. Ainsi l'édit impérial, par suite du départ de Charles, fit plus de bruit que d'effet. Quelques-uns n'osaient le mellre à exécution, d'autres n'en prenaient point la peine , et d'autres enfin n'en avaient pas la volonté. Il arriva surtout malheureusement que les deux électeurs favorables à Lulher, le prince de Saxe et le prince palatin, restèrent chargés par la loi pendant l'absence de l'empereur du gouvernement de l'Allemagne, partage en deux vicariats. Or, le plus souvent, les effets dépendent plus de la disposition des causes premières que des causes immédiates. A cela venait se joindre la faveur du peuple, porté à la licence, aux nouveautés, aux pillages, et, de plus, séduit par un argument populaire, savoir que Lulher n'avait pas élé admis à subir l'épreuve de la dispute, comme il l'avait demandé. Il n'arrivait là que ce qui est ordinaire avec les ignorants : car, de même qu'ils supposent que le droit est toujours en raison de la bravoure, et qu'ils ont ainsi introduit la folie des duels , de même ils s'imaginent que la vérité a une force magique pour fermer la bouche à un adversaire dans les débats scientifiques; et ils ne savent pas que, dans ces débats, celui qui crie le plus fort, n'est pas celui qui a la meilleure

(l) Tout cela est alleslé par le recueil déjà cité des lellres d'Alé'udre au cardinal Jules de Médicis.

MÎSÎOmE DO CONCILE DE TRENTL

cause mais celui qui a les meilleurs pou- mes pernicieux , et pour les dépenses que ' nécessitait cette affaire (9 août 1521, /ièro X^

mons.

6. A peine donc {c'est ce qu'on peut voir aliaslVbrev. secret. Leonis), \\\m aLSs'igndiiroh

pas hors de l'Empire, que les luthériens re- lemagne où il prévoyait une plus forte rési-

commencèrent leurs tumultes ordinaires et stance, il avait entamé des négociations pour

par leurs discours et par leurs écrits , et par former une ligue avec l'empereur et le roi

diverses tentatives. Dès qu'on en eut connais- d'Angleterre, parent et ami de l'empereur,

eance à Rome , ces nouvelles refroidirent beaucoup la joie que la publication du ban impérial y avait déjà fait concevoir, comme si l'hérésie avait été entièrement ensevelie dans ce décret. En conséquence, Àléandre reçut ordre ducardinaldeMédicis de faire, à ce sujet,

contre ^tous ceux qui voudraient s'opposer par les armes à la bulle ponliGcaîe et à l'édit impérial. Dans cette vue, il envoya comme nonce vers le roi d'Angleterre Jérôme Ghinucci de Sienne, évéque d'Ascoli,et auditeur de [la chambre (il fut ensuite cardinal, du temps de Paul) : c'était ce prélat qui antérieurement avait lancé le monitoire contre

d'amères doléances auprès de l'empereur,

pendant qu'il était en Flandre, et de lui faire

envisager tout ce qu'on devait attendre des Luther, et qui avait été récusé par lui-même

luthériens, lorsque le ban impérial n'aurait comme juge incapable de prononcer sur des

plus la force d'une loilrécente, et que Sa Ma- matières Ihéologiques. On espérait donc

jesté serait à une si grande distance; puis- qu'ayant dans cette cause une sorte de res-

qu'ainsi cette solennelle manifestation de sonnel. 11 reçut en Angleterre l'accueil le Charles V et de tout l'Empire, agissant de plus flatteur, et fut même promu à un siège

illustre dans ce royaume ; mais les négocialions furent interrompues par la mort du pape, qui eut lieu bientôt après, comme nous le dirons.

concert, ne produirait d'autre fruit que d'exposer aux moqueries d'une tourbe insolente les deux majestés suprêmes du monde chrétien, le pape et l'empereur. Mais c'est chose bien inutile que de se lamenter sur son mal

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