Ce n'eût pas été une réponse satisfai
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santé que d'en rejeter la faute sur les pontifes ordinaires diminués par suite des désastres
précédents. En effet, même dans la supposi- de la guerre. C'est pourquoi il est bien difii-
lion où la faute leur serait imputable, les cile de ne pas imposer au peuple de uou-
successcurs n'ont pas pour cela le pouvoir velles charges , loin de le débarrasser des
dempécher que le fait ne soit un fait, et ils précédentes : car faire de grandes réductions
doivent agir comme le médecin qui, ayant à dans la magnificence et la cour du prince ,
igir comme le meuuum qui , a^am a
traiter des malades affaiblis par des excès précédents, ne procède pas avec eux comme avec des malades dont le tempérament n'est
ce serait présenter un spectacle hideux et trop désagréable aux sujets eux-mêmes, en faveur desquels ces réductions se feraient.
pas délabré, mais il tient compte de ces excès C'est ainsi que peu à peu on voit s'accroître et approprie le mieux: qu'il peut à cet état différents genres d'impôts, lesquels sont déjà
• •• ^^~-- Jî engagés à ceux qui ont fourni des fonds sur
de choses ses prescriptions. Mais disons mieux : il est certain que les abus de mal , et cela est vrai de beaucoup d'autres, ne proviennent pas tant de la faute des princes que de la nature des gouvernements et même des hommes en général. Qu'on examine sous ce rapport les autres Etats , et on pourra constater s'ils ne sont pas presque tous dans une situation pire que ceux du pontife, soit qu'on parle des Etats temporels, qui sont restreints a son territoire, soit qu'on parle de ses Etats spirituels, qui embrassent tout le clergé catholique. Cependant les autres empires sont héréditaires, ou par nature ou par coutume ; et en conséquence les princes , dans ces Etals , peuvent disposer et régler les choses pour longtemps. Au lieu de cela , les papes sont élus dans la vieillesse , et avec la certitude qu'après leur courte vie ils auront pour successeurs des hommes qu'ils n'ont pas connus d'avance , et qui , en plusieurs choses , auront des idées toutes contraires. Or, si cet ordre de choses présente de grands et nombreux avantages, il a aussi cet inconvénient: que les pontifes ne peuvent, pour le bien de leur Etal, prendre leurs mesures de loin, ni appliquer les remèdes qui exigent un long traitement.