‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 303 sur 368 · L'instruc tion ajoutait qu'on avait tort · texte numérisé non relu

L'instruc tion ajoutait qu'on avait tort

de dire que Luther n'avait pas été entendu

ar le pape avant d'être condamné ; que cette

défense aurait été admissible s'il se fût ag de le punir comme coupable d'avoir prêche et enseigné des doctrines perverses, ce qu est une question de fait ; mais elle n'était pai admissible dès qu'il s'agissait de la vérité oi de la fausseté des doctrines, parce qu'alori on procède d'après l'autorilé de l'Eglise e des saints, en s'appuyant sur la croyance e

Am

qu

non sur des preuves, comme parle saint broise ; qu'il fallait surtout considérer les mêmes doctrjaes avaient déjà été cou damnées par les cosiciles œcuméniques, don on ne pourrait aujourd'hui révoquer en dout les décisions sans enlever à la foi tout C( qu'elle avait de fixe et d'inébranlable.

6. L'instruction enjoignait en outreàChe regato d'avouer sans détour que le pape re connaissait , d'après tous ces bouleverse ments, un effet de la vengeance divine, provoquée surtout par les fautes des prêtres e des prélats; et qu'ainsi, comme l'a remarqui saint Chrysoslome au sujet de ce que fit Je sus-Christ dans la ville de Jérusalem, la colère de Dieu s'était appesantie d'abord sur l temple, parce qu'il voulait guérir la tête avan de guérir les autres membres ; que pendan quelques temps le siège même de Rome avai été souillé par diverses abominations, abui dans les choses spirituelles, excès de pouvoir en un mot perversion de toutes choses ; qu'i n'était pas surprenant que la maladie se fû étendue de la tête aux autres parties du corpsF c'est-à-dire des souverains pontifes aux pré' lats inférieurs ; qu'ils avaient tous péché qu'il fallait s'humilier et rendre gloire i Dieu, et que chacun devait se juger soi-mêm afin de n'être pas jugé par la sévérité de l justice divine ; que pour ce qui le regardait il avait la ferme résolution de réformer l; cour, afin que la guérison commençât là oi la maladie avait pris son origine; qu'il s'; croyait d'autant plus obligé, qu'il voyait qui tout le monde désirait cette réforme ; que comme il lui semblait l'avoir autrefois déclaré à Cheregato, il n'avait jamais ambi tionné celte dignité, et qu'il aurait plus vo lontiers servi Dieu dans la vie privée et dan: un saint repos ; qu'il aurait même refusé 1» trône pontifical s'il n'avait été contraint d* l'accepter par les plus puissants motifs, sa voir: la crainte de Dieu, la régularité de soi élection, et le danger du schisme qui pouvai être la suite de son refus. Et de fait on 11 dans sa Vie qu'ayant reçu un soir la nouvell certaine de son élection, il passa toute jl nuit dans l'agitation et dans l'incertitude s'i accepterait ou refuserait. Il continue en di sant qu'il baissait la tête sous cette haute di gnité, non par le désir décommander ou d'en richir ses parents, mais pour se conformer la volonté de Dieu, pour rendre sa premier beauté à son Epouse devenue difforme, pou venir au secours des opprimés, pour relevé et honorer les hommes savants et vertueux qui avaient été pendant longtemps humiliée et enfin pour accomplir tous les devoirs d'u bon pontife ; que personne toutefois ne deva s'étonner de ne pas voir de sitôt un amende ment parfait, parce que la maladie étant in

LIYRE SECOND.

I vétérée et compliquée, elle demandait un Ifraitement graduel, et il fallait commencer I par ce qui était plus grave et plus dangereux, (de peur que l'empressement à tout réformer

ne jetât le trouble partout ; que selon la doc- .trine du philosophe tous les changements Isubits sont dangereux, et qu'il n'y a rien de

plus vrai que le proverbe sacré : Celui qui î pressure trop, tire jusqu'au sang.

7. Et comme Cheregalo avait écrit que les princes allemands se plaignaient avec amertume des dérogations que le siège apostoli-

^ que avait faites aux concordats qui avaient étépassés avec eux, il lui enjoignait de répondre que ces dérogations lui avaient déplu à luimême lorsqu'il était encore dans une condition inférieure ; qu'ainsi , indépendamment de leurs requêtes, il avait résolu de toujours s'en abstenir, tant pour conserver à chacun ses droits, que parce que les sentiments les plus naturels lui faisaient une loi non-seulement de ne pas offenser, mais encore de favoriser l'illustre nation allemande, étant allemand lui-même,

8. Il le chargeait aussi de lui envoyer une note des hommes éclairés et vertueux qui vivaient dans la pauvreté, afin qu'il pût subvenir à leurs besoins par la collation spontanée des bénéfices, au lieu de les conférer à des indignes comme cela était arrivé plusieurs fois. Il voulait encore qu'il engageât les seigneurs, pour lesquels il lui envoya des brefs particuliers, à lui indiquer dansleursréponsesles moyens qu'ilscroyaient les plus efficaces pour arrêter les progrès de cette secte contagieuse.

' 9. Autant cette instruction met en lumière la probité d'Adrien, attestée d'ailleurs 'par toute la suite de sa vie et avouée même par Soave, autant elle a fait désirer en lui, lau jugement de beaucoup de personnes, plus 'de prudence et de circonspection. La première faute que parut ici commettre Adrien, ce 'fut d'ajouter foi aux adulations satiriques des courtisans, qui ont un double but quand ils blâment auprès de son successeur le dernier prince décédé.Tout à la fois ils déchargent leur haine contre celui qui n'a pas satisfait leurs ambitions, et ils llatient celui qui peut les satisfaire, et qui est dès lors pour eux le irestaurateur de l'Etat. Du reste comment ipouvait-on dire que la vertu et la science lavaient été dans l'oubli sous le pontificat de Léon, lui auquel mille plumes ont donné des éloges tout opposés ? Si de son temps tous les hommes de mérite n'ont pas été récompensés, et s\ tous les indignes n'ontpasété exclus, qu'on cite un prince qui, avec de vastes Etats, ose se flatter d'avoir des renseignements assez fidèles et assez positifs sur toutes sortes de personnes pour pouvoir éviter cet inconvénient. Dans le fait , avec toute la droiture de ses intentions, Adrien n'a pas égalé dans ce poi-nt la gloire de Léon X.

10. Egalement beaucoup de personnes attribuèrent à un zèle peu discret cette censure amère , exercée contre ses prédécesseurs immédiats : pour avoir été en certaines choses au-dessous de la perfection, ils n'étaient

pas pour cela dénués de grandes vertus , coDime nous l'avons prouvé en son lieu. Il est vrai qu'ils n'égalèrent pas Adrien en piété, mais ils le surpassèrent en d'autres qualités moins utiles, sans doute» au salut personnel de celui qui les possède , mais plus avantageuses peut-être pour le salut des peuples que l'on gouverne. Du reste, consultons l'expérience, et ne nous arrêtons pas seulement au pontificat romain, qui, supposant la réunion des deux autorités spirituelle et temporelle , exige, à beaucoup d'égards, une grande habileté politique. Il est constant que même les plus petites communautés religieuses, quoique simples et réformées, jouissent d'une meilleure administration sous une vertu médiocre, accompagnée d'une grande prudence, que sous une vertu portée jusqu'à la sainteté, mais qui n'aurait pas assez de prudence, de manière que pour conserver la sainteté même dans les sujets, la première est plus utile que la seconde. Ce serait une excellente chose que la réunion de ces deux mérites dans celui qui gouverne ; mais n'oublions pas qu'il doit nécessairement être choisi, non dans le monde idéal de Platon , mais parmi les hommes qui habitent ce monde, qui sont connus des électeurs et qui, à prendre pour règle la loi et la coutume, sont jugés capables de gouverner.

11. Ensuite bien que le pape eût ces pensées en l'esprit, c'était toujours, ce semble, agir avec trop de franchise que de les faire connaître à la diète, et de les donner, lui ou son nonce, par écrit. Il savait bien que dans, cette assemblée et beaucoup plus encore dans toute l'Allemagne, qui devait connaître cette instruction, il y avait beaucoup d'ennemis de la foi romaine qui ne recevraient cet aveu que divisé, comme il arriva, c'est à-dire, en tant qu'il accusait les papes, et non en tant qu'il condamnait Luther. Ainsi le pape se fût montré plus sage en ne censurant les abus que par sa conduite, en introduisant tout le bien qu'il pouvait , et en disant au sujet de ses prédécesseurs qu'il ignorait les circonstances déterminées dans lesquelles ils avaient agi, qu'il savait que toujours la malignité se déchaîne contre les princes morts depuis peu ; qu'il n'était ni obligé de les défendre, ni assez convaincu de leurs torts pour les condamner; qu'il trouvait beaucoup d'abus introduits peut-être ou par la nécessité des temps, ou par la corruption des ministres, et qu'il aurait soin d'y remédier. De cette manière il aurait ménagé la réputation des pontifes défunts, satisfait aux plaintes des Allemands, et allié la vérité avec la charité et la prudence. Celui qui parle contre les sentiments de son cœur affaiblit les liens de société et se prive du i meilleur instrument de succès , qui est la confiance. Celui qui manifeste tous les sentiments de son cœur, renonce au présent que lui a fait la nature en lui donnant un cœurimpé" nétrable,.et livre à ses ennemis les armes qui faisaient toute sa force.

12. Enfin, selon l'opinion d*un grand nombre de personnes, Adrien ne fit pas preuve

<î'assez de circonspection en demandant con- Or, si l'on avait acquiescé a toutes ces deseil à chacun de ceux auxquels il écrivait. Il mandes, l'autorité du pontife aurait été ré-

aurait suffiquelenonceeûtdemandélui-même les sentiments de chacun pour les transmettre au souverain pontife , sans que celui-ci eût fait connaître qu'il lui en avait imposé i'obli-

si nous supposons qti'il renfermait beaucoup de memJJ bres infectés de riiérésie lulhérieniie, il y avait aus&î[3 beaucoup de catholiques et d'ecclésiasiiques. GolJ dast lui-même n'ose lui en aliribuer que soixanie-L quinze- Mais ils ne furent pas encore aussi nombreux.! î

" " "' ^ ■ • modérés qui!

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îer est un Dersonnaffe éminent ïe~ronseil ""•" ^J^^f^'^:'^" a auires. i>ur ceux-là nue main luihéitr eï>i uu persuiuidge emineni, le conseil r,e„„e batit ensuite celle centurie. C'est ce (lu'aiio^ impose une sorte de nécessite. La meilleure tent des auteurs très-graves: Gretser (/)e/-^«: Vellmm.

lai. imnerii). Surine /^^.'«m».^ a /'^..„/^ it-j-rv'

impose

règle est de s'informer de ce que chacun dit; mais de ne demander de conseils qu'a un petit nombre de personnes d'une ûdélité , d'une sincérité et d'une prudence reconnues, et de les recevoir toujours avec plaisir , soit qu'on accepte , soit qu'on les rejette.

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