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CHAPITRE XL

Réforme des ecclésiastiques d'Allemagne faite par le légat, à Ratisbonne, du consentement d'un grand nombre de princes.

1. Cependant le légat, pour faire ce qui dépendait de lui, et pour réformer, sinon toute l'Allemagne, du moins les Etats des princes qui, n'étant point corrompus par l'hérésie, ni arrêtés par dos considérations politiques, conspiraient au bien véritable de la religion ; et afin de montrer aussi qu'une bonne parlie de l'Allemagne restait unie au pontife, et reconnaissait la sagesse et l'utilité de ses mesures, réunit à Ratisbonne les princes de la diète qui avaient pensé comme lui : c'étaient Ferdinand , lieutenant et frère de l'empereur, le cardinal-archevêque de Salzbourg, Guillaume et Louis, ducs de la Bavière haute et basse, l'évêque de Trente, l'administrateur de l'Eglise de Ratisbonne, et les procureurs des évêques de Bamberg , de Spire, de Strasbourg, d'Augsbourg, de Constance , de Bâie , de Freisingen , de Brixen et de l'administrateur de Passaw.

2. Ces princes publièrent, le 6 juillet, un édit dans lequel, après avoir exposé que les deux diètes de Nuremberg avaient prescrit de se conformer, autant qu'il serait possible, au décret impérial de Worms contre les luthériens, ils commandaient eux-mêmes de le mettre à exécution dans leurs domaines, et défendaient de changer les rites de l'antique religion.

3. Le lendemain, le légat, d'après leurs conseils et sur leur consentement, promulgua la réforme du clergé, et en enjoignit l'observation à tous les ecciésiastiques'derAUemagne. Dans l'avant-propos de cette pièce on affirme que l'hérésie avait été, en grande partie, occasionnée par les abus et par les mœurs scandaleuses des ecclésiastiques, et que, pour celle raison, il désirait les ramener à celt3 décence que l'Apôtre demande d'eux. Viennent ensuite trente-cinq règlements, et non trente-sept, comme le dit Soave. Parmi ces règlements, il en est beaucoup qui ont pour but de décharger les laïques de contributions d'argent. Tel est le cinquième, qui supprime diverses redevances que les pasteurs étaient dans l'usage d'exiger de leurs peuples; le

sixiè'mëi qui diminue les frais de sépulture; petite fraction en comparaison du tout. En le septième, qui ordonne que les ordinaires, effet, de ce nombre étaient des seigneurs qui

en prenant l'avis des seigneurs laïques, ter- possédaient de très-vasles domaines, et des

minent, dans \c délai de six mois, tous les évêquesqui gouvernaient d'amples diocèses ,

procès en matière de paiement enlre les pa- et ils ne se seraient pas tous entendus pour

steurs ecclésiastiques et leurs administrés; concourir à un acte qui aurait trahi l'arro-

le neuvième, qui défend de prendre de l'ar- gance ou la légèreté, gent pour l'absolution des cas réservés; le sei- 8. Mais la dernière calomnie sortie de la

ques pour la consécration des églises ; le dix- moyens de donner quelque satisfaction au neuvième, qui défend les paiements que tou- pape. Etaient-ce donc des parasites ou des chaientlesvicairesgénérauxpourlaconsécra- mendiants prêts à descendre jusqu'à la plus iiondeséglisesetdesautels;levingt-troisième, sordide adulation? Il suffit de dire que cette qui retire auxévêquesun droit que leuraccor- assemblée fut d'abord actréiiitée par l'infant daitlacoutumeetd'aprèslequelils succédaient Ferdinand, archiduc, seigneur de très-vastes aux clercs morts intestat, soit dans leurs Etats et lieutenant de l'empereur, ensuite par patrimoines, soit dans les biens qu'ils avaient les ducs de Bavière et par un grand nombre acquis par leur industrie; le vingt-quatrième, de princes ecclésiastiques. Mais l'événement qui refuse également aux évéques la moitié montre quel est celui des deux partis qui des annales dans la collation des bénéfices avait plus en vue le bien public : ou de celui qui suffisent à peine à l'entretien d'un homme qui est resté uni au pontife, ou de celui qui et sur lesquels on ne les perçoit pas à Rome, s'en est séparé, et qui, par les dissensions

k. Aucun de ces articles n'est rapporté par religieuses, a réduit l'Allemagne à tourner le Soave , toujours attentif à signaler une cupidité effrénée dans les lois ecclésiastiques. Mais il raconte qu'on pensait que cette réforme, semblable aux remèdes dont la dose est trop faible, augmenterait le mal et ne servirait qu'à mieux affermir la tyrannie des prélats supérieurs.

5. Mais quant au premier chef, sur quelle règle de la médecine s'appuyait-il pour dire

que dans le traitement des maladies il fal-

fer homicide contre ses propres entrailles.

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