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CHAPITRE XV

Sentence prononcée par le pape contre le r d'Angleterre^ et schisme de ce royaume.

l'effet de ces censures jusqu'après le mois 1. Le pape était à peine arrivé à Rome quq

de septembre suivant (ou le mois d'octobre, les agents de l'empereur le pressèrent vive-l

comme le rapporte dans le Journal cité plus ment de prononcer la sentence contre Henri [

haut , Biagio de Césène, qui hit alors la sen- et pour appuyer l'exécution ils promettaien

tence en sa qualité de secrétaire) ^ accordant des forces considérables. Le pape différai

au roi ce délai pour qu'il pût s'amender et néanmoins, parce que, dans l'intervalle, m

obéir. Secondement il déclara que la reine roi de France s'interposa et envoya aupi-ê(

indûment dépouillée par lui devait être re*- de lui, pour l'adoucir, Jean du Bellay, évéquJ

placée en quasi-possession de ses préroga- de Paris, homme illustre par son érudition ê

tives d'épouse, du moins quant à ses droits sa prudence, et qui fut depuis honoré de la

extérieurs; mais il laissa pendant et indécis le point principal quant à la valeur du mariage avec Calherine, afin que le roi eût toujours de quoi craindre et de quoi espérer. 8. Le roi n'en fut pas plus disposé à obéir;

pourpre; en même temps ce prince fit plus vives instances auprès de Henri poi l'amener à se sountettre. Or, comme celuM ci donnait quelque espérance d'obtempérer i| la sentence papale, on traînait l'affaire èi

mais désireux de complaire à son idole et de longueur, en divisant les questions, bien qui

faire reconnaître publiquement, comme son successeur à la couronne, l'enfant qui allait naître, il osa procéder au contrat solenneU il d'étendit de donner à Catherine le titre de son épouse, la faisant appeler la veuve du

les agents de l'empereur, pour obtenir ui solution définitive, fissent les plus chaud( poursuites. En dernier lieu, un courrier k dépêché au roi d'Angleterre par du Bella pour lui déclarer qu'à Rome on ne pouvs

pouvai

prince Arthur; il fit couronner Anne avec une plus, ni avec justice, ni avec honneur, retarpompe inusitée, et retira à sa fille Marie, ' '~ ' '^ ' * " '

comme née de mariage non légitime, le titre de princesse de Galles ; or à tous ces actes il joignait différentes démonstrations contre l'autorité pontificale.

Toutefois, désirant s'accorder pour la forme avec le pape, il envoya ses ambassa-

der la sentence finale qui prononcerait \û\ contumace contre lui, à moins que par id même courrier il n'envoyât ou une procura lion, ou une lettre, par laquelle il se soi mettrait au jugement du pape. Tous les d( lais s'écoulèrent, et néanmoins le courrier n^ retournait pas ; mais on sut que le roi, dafll

deurs à Marseille [Guichardin, liv. XX) pen- une comédie représentée publiquement dedant que le pape s'y trouvait avec le roi de vant lui, av^it fait paraître sur la scène, de

France. Mais là il arriva un jour que le roi, dont rappuUaitnit intérieur n'était séparé de celui du pape que par un mur, et i\\i\ y communiquait par une porte libre, entra

la manière la plus insultante et la plus outrageante, les cardinaux et le pontife lui j même, non comme des princes de l'Eglise. mais comme des bouffons de cour.

2. A ors on estima que ce serait faiblesse pareil accident pouvait avoir lieu immprlîn d esprit que d espérer la soumission de ce tement aorès snns mi^nr:.» h^ '^'"

prince, et faiblesse do cœ.nv d'.i.^r Pnrnr. h! 1?' IT. « Ç' „l! ' /ï" ^ "^"" ^o*^«^e sage

naître la cause, Jacques Simonettr^éq^^^^ le Ie'tîre7exécutot?".^r' '"""1 '^^^^'^^^ de Pesaro, pareillement auditeur de Rote^ et eût son plin effer^ '^ '^'" ^"' ^^ '^"^^"^^

^. On dit (Fo7/e^ 5powc^e à Vannée 1534) qu a cette nouvelle, le roi eut à lutler quelque temps contre ses sentiments reiimcux et e soin de sa réputation d'une part, et contre

depuis élevé au cardinalat par le successeur de Clément, après avoir entendu son rapport en consistoire (1), déclara, par sentence, que le mariage entre Henri et Catherine était

Zri7î' 't' 1 ; j -.v»icut, auA jeuA ue ui uoeîssance dans ses Etats • il se dpr Hro uv.

postérité, la note de précipitation. Il arriva même le chef de l'Egli e andicane et vrn.^.^^

1 en effet que très-peu de ours après la sen- so f lirp rAPAnn..îr..S **"ëj»cdne, et voulut

Uence (3) k répo/se de lienri Jnl à Rome. I^'dé^d Mo^d !Zls 'llï^.t t^f "

:Ce prince distinguant le pontife vrai du ploi de lou e exorossion T i.fnf .?..I'i

pontife comique, avait enfin songé aux pc- ifinnc mûxZ^ltrTu^ h!i. ® 'i°"°'

■rils de sa couronne, à l'inquiétude que \m S do' oLeM Ht 61,?,^^^^^^^^

donnaient ses vassaux, à l'infamie dont il prières usueHes'de l^o-î se l'o.- «1 ''f

■se couvrait aux yeux de t oute la chrétienté, pape ; et en échange H fi min -^ fin? ''?"'",''

à la tache et à l'incapacité dont serait frappé anies Z>Tz« /f/™l> .7, i , v "' ''"' '-

'lefruitde sonunion',si le chef de l'Egî^L ll^^rèzLusXtgZ/" '""'"^' """""''

j prononçait la légitimité du premier mari<iffe, ïl rendit rnmnfa rio n^n^ «^ i »

! çt si lui, refusant de se soumettre, persisl^ai ver princes cmholijues et ll'réli ' .V^r .'^'-

à s'en tenir au second ; il fit donc mine de leur rf^drif^d TfI de Henri 7?^^

-vouloir se soumettre, soit à la sentence pro- dernie/s approuvèrent ctfn a érii^^ma s

article des ni p.ntnt<i. nonrvn inc i,«o «I ir. ^... w ./ '*''*^. '*^^ ' ™^'S

!iu i d id aecision aes cardinaux députés pour déclaré pour leur secte • m^k p c. V-V-i

cette cause pourvu qu'on en exclût quel- voulut yTnseXrbie;i foin dJ U ^ '^"t

(jues-uns dont il se défiait, et qu'on envoyât après aLir sous r^U L ^ILth -•"'"^''^

Iles déléî^ués non susoecls A Cmnhr.MniN Zll.].J,Tu^^^^^^

ilès lors ses procureurs. fruit, mais n'en rejetaientpaï moinsïe niTu"

^3 Cette circonsance, jointe à la mort de vais arbre qui l'avait poîfé -^orou'inln;

uatherme,qui eut lieu (4.) non dix mois après, ic...\..,.^. a L ^. .„?„': 1^"»\^ , soit qu il Imt

bomme le rapporte Soave, mais au bout de

pngtetunmois, fitbiâmerlaprécipitalion du

bape à porter la sentence par ceux-là mêmes

lui, peu auparavant, trouvaient de la pusii- religion. Or cette condiri7'rTpo Tinr""'V'"ï

anirnité ou de la politique humaine dans Soave, i^it apÏÏouve"e d'un\4^^

es en eurs ; et on ne fit pas attention quil on trouva que c'étaiU'œuvre d'une IZoZl

avait seulement deux alternatives : ou il sagesse que de s'être iwld^uL^lr'^ urait fallu surseoir éternellement, c'est-à- .. .^''- ^'^"^ .^^ ^^^'^ ^'^^ ^^ ^^ «".letion de lue ne rien faire du tout; ou bien, à quelque jipoque qu'eût été portée la sentence, un

. l)Le2o mars 1531, d'après les actes consisto- '«■^ux, Cl le journal dos Lodovisi , et non io 24, "nnir^ le dit Soave.

j2) Le P. Diiier démontre combien juste cl fo.n-

ec en droit était cette sentence, dans son Apparcuus

'nanwms ad jumpnidenliam ( P. Yli, paqe 871 et m.). > I j

(5) Beaucaire dit deux jours après, et il a tiré "lie indication des commentaires de Guillaume ,

Rome, sans rien changer ni dans les rites ni dans la foi. '

5. Mais nul autre exemple ne pouvait montrer d'une manière plus manifeste combien la soumission au chef de la catholicité, et 1 intégrité de la foi catholique sont choses inséparables dans un royaume. Quel prince lut jamais, par une apostasie complète, réduit a souiller ses mains d'autant de san"illustre à tous égards, que le roi Henri Vlll pour le seul schisme qui brisait les liens de l'obéissance due au pape ? Certes, il mena depuis une vie si agitée par la désaiîection

ère de Jean du Bellay ; quoique rauteur anglais de «e ses vassaux , devenue si funeste par le

t Vie de Henri dise six jours. supplice des plus affidés de sos niinistros, et

(4) Le 6. janvier 1556, comme le rapportent les "léme de deux de ses femmes, si odieuse et

uours elles par Spondo et Bucholizoï' (j.ins Tlndox si exécrable à ses propres sujels et aux otr;ui-

n-onologi.ue ; ou le 8 du même mois, comme ie gers , qu'il pouvait envit-r l'existence de'ir'j-

Wric l autour dcjàeiié de la Yiedellemi Vlll. ligula et des Néron; et en ce moment il laissa

HISTOIUE DU GONCILi: DE TRIANTE.

pas tout d abord , plus larcl ei i neresie ei la it^iicjie lempureue , leures, \iiriu , iranquucônfusion née avecello flrent de la Grande- lilé, réputation, richesses , gloire, on trou- Bretagne, autrefois mère des premiers gé- vera une légère différence en moins. D'aulre nies du christianisme, une vraie Babel de part, que l'on compare l'Angleterre d'abord discordes et une Thèbes de tragiques désas- catholique et ensuite schismatique ; et on très. Et, dans le vrai , qui ne saisit toutrd'a- croira voir une de ces métamorphoses fabubord ce qu'il y a de contradictoire dans ces leuses , par lesquelles des reines illustres deux prétentions : ne pas reconnaître le pape étaient changées en chiennes furieuses. Or pour chef de la religion, et cependant rete- c'est là une chose qui doit nécessairement

nir une religion dont les articles, examinés dans leur ensemble, n'ont d'autre certitude prochaine et immédiate que l'autorité du pontife, laquelle une fois niée, l'intelligence des Ecritures ne peut rester une et invariable, mais doit changer au gré des innombrables variétés d'intelligence; outre que

arriver : car, s'il est dommageable au corps d'être privé de la main , il est encore plus dommageable à la main d'être séparée du corps.

7. Quant à la seconde erreur, qui consiste à taxer le pape d'imprudence , on peut affîr- ' avec certitude qu'il n'y en eut pas le

nier

primitive, il devait bon gré malgré s'attendre à le voir persister dans la croyance d'un article auquel se rattache toute unité, savoir : l'autorité pontificale; et c'était aussi une conséquence rigoureuse qu'il fût réduit à verser le sang "^le plus pur d'Angleterre, en

même le pape aurait lu dans l'avenir les suites alors tout à fait improbables de sa sentence; quand même il aurait pu prévoir que cette sentence ne serait nullement appuyée parla puissance de l'Autriche , qui y

VCI5C1 lo aa..g .V. t..«o t.«. " —o ' - ^^^*^ s* étroitement obligée par des motifs de

arrachant la vie à tous ceux qui en faisaient parenté, d'honneur et de fidélité à sa parole; moins de cas que de la félicité éternelle. Mais qu'un roi qui s'était moniré si religieux, de l'indivisibilité de ces deux choses, quel pendant tant d'années, irait se précipiter meilleur exemple pouvons-nous citer à Soave dans un tel abîme d'impiété, sans rentrer que lui-même? En effet, il prit en haine d'à- jamais en lui-même; qu'un peuple si génébordles papes, et ensuite la papauté; il passa reux ne mettrait aucun obstacle auxssacride la haine aux attaques: et dans ces atta- léges attentats d'un homme rendu forcené ques il passa des points les moins importants par une passion déshonorante; que l'héride la juridiction aux articles fondamentaux tière catholique du roi, sa fille aînée, mourdela primauté apostolique; successivement, rait sans postérité, et que le sceptre tomet d'abîme en abîme , il en vint à un tel ex- berait entre les mains d'une fille née de l'a-

leurs discernera quelle secte il appartenait; et ce qu'il y a de moins invraisemblable est

du pape sur l'Eglise : quand le pape, dis-je, aurait pu prévoir cet enchaînement in-

avec laquelle il condamne l'imprudence de celui qui occupait ce siège, j'aurai à l'avertir, ou plutôt ceux qui seraient séduits par sa plume perfide, qu'en cela il commet une double erreur.

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