‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 327 sur 368 · Quant à la première erreur, ce fut , il · texte numérisé non relu

Quant à la première erreur, ce fut , il

, procéd

casion de cet acte, il est vrai, l'Eglise a pet»du un royaume, auparavant soumis à ses lois; mais elle s'est maintenue en possession de faire craindre les armes de saint Pierre à tous les princes chrétiens, toutes les fois qu'ils oseront violer, avec une opiniâtreté

est vrai , une grande perte que fil l'Eglise en incorrigible, les droits de la justice et de la perdant un royaume si florissant, un peuple rel[gion.

si religieux ; mais celle que fit l'Angleterre , en se séparant de l'Eglise, fut bien plus grande encore. Je n'entends point parler de la p^rte éternelle du ciel, puisque j'écris contre des personnes qui ne reconnaissent d'autre règle de prudence et d'aulre base de l'estime que l'intérêt terrestre ; et par conséquent il faut que je tienne un langage indigne d'un chrétien pour être compris de

Ces armes , tant méprisées, mirent Henri VIII lui-même en danger de perdre sa couronne, et si, dans la circonstance, elles ne portèrent pas des coups proportionnés aux besoins, néanmoins elles rendirent ce roi malheureux et dans sa vie, et plus encore dans ses successeurs. Son exemple ne peut inspirer aux potentats catholiques la hardiesse d'être impies sans trembler. Mais si

en

il aurait donné lieu de croire que dans l'arsenal de ses armes spirituelles il avait seulement de la poudre pour faire du bruit, mais non des balles pour frapper ; et ainsi il aurait perdu cette autoriîé qu'on ne peut conserver sur le cœur des méchants que par la crainte. Nous ne voyons pas que les autres princes agissent d'après des règles différentes : on prononce des arrêts de condamnation, on publie des taxes et des contributions contre les rebelles qui soulèvent les provinces, quoiqu'on n'ait pas la certitude de pouvoir réaliser les menaces, quoique même les rebelles parviennent à avoir le dessus, quoique même à la fin on se voie réduit à traiter avec eux et à chercher leur amidé. Néanmoins, ces premières démonstrations sont prudentes, parce que si elles n avaient pas lieu, chacun se révolterait sans crainte : et il vaut mieux enchaîner toujours les esprits audacieux, au moins par la crainte que de les enhardir à se promettre toute sécurité.

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