C'est vraiment une chose risible qu'une
la négligence de leurs inquisiteurs, les plan- termédiaire de Schomberg, faîl passer en
tes vénéneuses ne soient pas soigneusement Allemagne une copie de ces projets de ré-
éloulîéesdans les pâturages de l'Eglise chré- forme, pour donner à croire aux adversaires
tienne. qu'on s'en occupait ; et ensuite, contre sa
11. Pourquoi donc Soave n'a-t-il pas en- volonté, cette copie aurait été livrée à l'im-
registré celte pièce dans son Histoire? Et il pression. Dans les diverses instructions de
aurait enregistré en même temps la défense Paul III, les premiers avertissements que je
du concile et des papes, qui, dans les bor- trouve sont ceux-ci : On ne les donnera pas
nés du possible, ont réformé la cour et le en écrit , parce qu'elles ne manqueraient pas
clergé, selon le conseil de ces sages et sa- d'être aussitôt imprimées par les héréti-
vanls prélats ; mais j'ai un mot à dire d'une ques et de fournir matière à des reproches
Joctrine d'Arislote, citée dans cet écrit, sa- en ce qui peut concerner la cour, comme il
voir, que la dispense des lois cstla ruinedes arriva pour l'instruction portée à Nuremberg y
républiques : en un sens, que je crois avoir parCheregato, au nom d'Adrien. On ne parlera
été celui qu'adoptèrent ces hommes prudents, non plus des abus qui ont lieu à Rome^ afin
i'Clle doctrine est vraie ; tandis que prise qu'il n'arrive pas la même chose qu'à MU-
lans Fa généralité elle serait très-fausse. Elle est vraie, si on l'entend des dispenses ou i fréquentes, ou si faciles, que la loi subiisle plutôt dans les livres que dans les
liz, envoyé par Léon à l'électeur de Saxe , ( t dont les récits enjoués et inconsidérés furent enregistrés comme des aveux authentiquas de la cour romaine et comme tels fournirent ma-
nœurs ; parce que dès lors le respect de la tière à des reproches dans la diète de Worms, oi fait place au mépris ; mais cette maxime Cène fut point pour autre cause qu'il fut leviendrait tout à fait fausse, si elleproscri- toujours décidé en consistoire que ces aver
ail dans un Etat toute espèce de dispense les lois. Il n'y a de lois immuables dans tous ies cas que celles-là seules qui ontétéétablies l'ar la nature et son Auteur : si les autres 'l'étaient pas moins immuables, le suprême législateur se trouverait en défaut pour les jvoir omises, et avoir laissé aux courtes iues de la sagesse humaine le soin d'y pour-
oir.
tissements seraient tenus secrets, et qu'om es mettrait en pratique par des réformes dans
la conduite, plutôt que dans les lois. Et pour ce qui concerne l'écrit dont il est question ,
beaucoup de choses à vous mander touchant les affaires publiques , mais vous garde^z mal
Le philosophe (Toî/ejz en particulier livre le secret. Le rapport des cardinaux, publié
ri de la Politique, ch. 12; et livre î de la Ihétorique, ch.l et ch. 13) examine s'ilconient mieux que la république soit régie nr des lois universelles émanées des fonda- 'nrs,ou parla décision des magistrats, dans 'S cas particuliers. Il cite trois avantages J faveur de la première hypolhèse, qui sont ue les lois s'établissent sans passion, avec laturité et par des hommes d'une prudence irouvée. Pour la seconde hypothèse, il algue que les législateurs ne peuvent pré- >ip les circonstances de tous les cas qui peuînt se présenter. Les deux opinions peuîHl se concilier par un tempérament ;
avec les déclamations de Sturm est entre les mains de tout le monde, avant d'avoir été publié par ses auteurs et d'avoir été mis à exécution (1). Ce qui démontre que l'écrit en
(1) CeUc édition de Siurm , qui est précédée d*uiie lellre de cel auleur, ad cardinales, cœlerosgue viros ad eam consuUalionem delectos, UnWc. iui|)regnce<les venins de la médisance, et de \:\ présoniplion des \\éréliques, fut publiée en 1558, àSlrasbonig(Argenlin «) dans l'imprimerie de MUI. C'est la seule édition qui liit mise à l'index des livres prohibés, précisément àcansQ de celle lellre, ou préface de Sturm, et non à cause do ce que contenait le rapport lui-même , comme Pa préieudu vainement et coidre toute vérité Schelliorn dang sa
gi^ji HISTOIRE DU CONCILE DE THENTE.
question, confié à quelque Allemand catho- des Français, auprès de qui il avait été nonce lique pour en dire son opinion, fut par lui précédemment. Vers le même temps {le 5 eardé avec peu de soin et parvint à- la con- octobre , d'après les actes consistoriaux) il en-
gardé avec peu
naissance des adversaires. Mais il est arrivé par la Providence divine que ces avertissements aient été publiés, afin qu'on pût voir quelles étaient en réalité les plaies les plus intérieures du gouverneraent ecclésiastique, recherchées avec tout le soin possible , et exposées avec toute liberté par des hommes d'un zèle et d'un savoir hors de toute comparaison. Ce n'était ni la fausseté des dogmes, ni l'altération des Ecritures, ni l'iniquité des lois, ni la politique parée des dehors de la sainteté , ni l'effronterie des vices , comme ne cessaient de vociférer les luthériens; mais c'était une excessive condescendance dans l'impunité des erreurs et dans lis dérogations à ces lois, auxquelles Luther dérogea bien autrement, quand il les brûla publiquement à Wittenberg, et qu'il affranchit absolument tous ses sectateurs de l'obligation de les observer. Or, comme nous l'avons fait voir, il n'en fut pas de cette conférence de sévères prélats , comme d'une réunion de médecins et de chirurgiens, qui ont vaine-
voya les évêques de Reggio et de Vérone pour remercier le sénat vénitien de ce qu'il avait accordé Vicence comme siège du coiv cile, et avec mission de faire en celte ville les apprêts nécessaires pour la future assemblée. En attendant, on délibérait pour savoir s'il était convenable que le pape se rendît immédiatement en personne à Vicence. D'un côté, cette démarche paraissait indispensable pour accomplir les promesses faites au monde chrétien, et pour justifier d'une manière au thenlique ia sincérité de ses intentions. D'un autre côté, on ne voyait pas les préparatifs suffisants pour la célébration du concile, tant que la paix ne serait pas conclue; et un voyage du pape en personne sans l'arrivée, ou antérieure, ou prochaine, des évêques et des orateurs, l'aurait exposé à être tourné en ridicule en le présentant comme léger dans ses démarches et mal obéi dans ses or donnances.
2. On jugea donc que le meilleur parti était que le pape envoyât à Vicence ses lé-
ment prescrit à un malade les remèdes salu- gais pour faire voir qu'en ce qui dépendait
taires que celui-ci refuse ensuite par déli- de lui il n'était pas en demeure de commen-
câtesse ou qu'il néglige par insouciance. Il cer : en même temps pour montrer qu'il n'é-
est constaté que l'on corrigea , autant que le pargnait pas ses fatigues personnelles, il se
permet la condition humaine , tout ce qui transporterait en Piémont et en Lombardie
alors fut réputé digne d'amendement;' et où se trouvait le roi François I", à l'occasion
cela, en diminuant pour la plus grande par- de la guerre imminente, et par où l'empereur
lie l'usage des grâces pontificales , et par Charles V devait passer pour se rendre d'Al-
conséquent les deux seules richesses dont ' ^ ^ " '' ..-■.--•. i l'acquisition fait ambitionner le pouvoir :
l'or et l'affection des peuples.