CHAPITRE XI
Retour du cardinal Farnèse à Rome, et léga^ lion de Cervini. Conférence ordonnée par la diète. Nonciature de Vévêque de Feltri,
1. Sur ces entrefaites, le lêgat reçut de Rome (Lettre du légat, de Gand, au pape, le dernier jour d'avril 1540} l'autorisation de s'en retournera la fin d'avril, par suite des instances qu'il avait faites antérieurement à la proposition d'une diète et d'une conférence. Il partit donc; et, comme il repassait par la France, il lui fut prescrit (Lettre du cardinal Santa Fiora à Farnèse, 4 avril 1540) de déclarer au roi que, comme il ne voyait pas l'affaire de la paix aussi près d'unfe conclusion qu'il l'avait espéré, il avait été bien aise de ne pas séjourner en Flandre plus
'îx qui veulent distinguer l'or véritable de longtemps. Or il obtint du roi non-seuler/ient i' faux, aussi bien pour la sainteté des un accueil des plus gracieux, mais encore des
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édits très-salutaires en matière de religion, ment une de Bruxelles^ du... sep' ambre) W^vX
comme Soave lui-même en tiiit l'aveu. s'assurer du contraire.
2. Pendant que le cardinal était sur le k. En attendant, comme le roi Ferdinand point de se mettre en route, on apprit à Rome devait assister à la diète, une instruction fut par ses lettres la délerininalion de l'empereur ejivoyée [à la date du 15 mai. Elle se trouve touchant la diète et la conférence; et en me- dans les archives des Borghèse) au nonce Morne temps le marquisd'Aguilar, ambassadeur rone, qui résidait auprès de lui. Voici somimpériai, la notifia au pape par un écrit qui mairement ce qui lui fut recommandé : Quoi-» justifiait cette mesure. Le pape reçut cette que la présence d'un roi aussi religieux ne notification avec la modération d'un vieil- permît pas de craindre qu'il se fît rien contre lard, el songea plus à y chercher des remè- le respect dû au siège de Rome, toutefois, le des qu'à se plaindre ; et quoique le cardinal cas échéant, le nonce s'éloignerait à l'instant Farnèse, dans le principe, eût exprimé dans même et se fixerait dans quelque ville voises lettres quelques doutes sur la question sine, ayant soin d'informer successivement de savoir s'il convenait d'envoyer des légats le légat Gervini de tout ce qui se passerait.
à Spire, vu qu'on ne savait pas jusqu'à quel n ne prendrait aucune part aux disputes point ils y seraient traités avec des égards de religion, et, lorsqu'il s'en engagerait enrespectueux pour le siège apostolique, tou- tre catholiques et les luthériens, il aurait tefois, de l'avis des plus sages et des plus soin sans doute d'instruire les catholiques, conciliants, il avait juge ensuite ce parti le et se procurerait une relation détaillée de meilleur, considérant que les luthériens, sui- tout ce qui s'y passerait, mais il n'y donnevant ce qu'on disait, ne devaient pas se trou- rait jamais la sanction de son autorité, ver à la diète de Spire, mais seulement a la t » » i ♦ ' conférence qui devait être ordonnée par la ^^^^ ^" proposerait quelque temperad?ète ; et que\ d'autre part , la présence d'un f^""^ '. ^' ^" donnerai avis au pape par un légat serait d'une grande importance pour ^«"^^•^^' ^^ attendrait de lui la décision, disposer les membres de la diète à des or- Pour ce qui était d'envoyer un légat, ilaudonnances salutaires. rait à montrer que le pape y était toutdis-
3. Mais les limites étroites du temps ne ^''f ^^^ ^^'^^ ^»^^\\ ^^ certitude que son lépermettaient (1) pas à un légat de s'y rendre ^^^ P^^"^'^^»^ ^ P^^^^^re honorablement.
de Rome. Ainsi, de l'avis unanime du sacré Tels furent en substance les ordres donnés collège, il fut statué que le cardinal Gervini au nonce Morone dans cette instruction, recevrait commission de retourner comme 5. Il arriva que la diète convoquée à Spire légat auprès de l'empereur et de l'assister de fut, à cause de la peste qui éclata dans celte ses avis [Lettre du cardinal Farnèse au cardi- ville, transférée à Haguenau. Les envoyés de fiai Cervini, datée de Rome 2Qjinn 1540), afin l'empereur [Lettre du cardinal Cervini à Parque rautorité impériale pût régler convena- nèse, du! juin 1540) n'omirent ni instances, blemenl les décisions de la diète; mais qu'il ni politesses pour y attirer le légat, mais eu se garderait néanmoins de s'y trouver pré- vain, parce que celte démarche, pour être sent, dans la crainte que le légat ne dût y conforme à ses opinions, n'en était pas moins être témoin de quelque acte peu honorable à contraire aux instructions reçues. Aussi n'apl'Eglise. Néanmoins, afin de pourvoir à tout, prouva-t-il point depuis [Lettre du cardinal on avait mis dans le bref de légation [du Cervini à Farnèse , datée de Bruxelles) qu'on
petite clause qui comprenait même la Uisaient-ils, imp diète. Du reste, quand les doutes à cet égard différence de Rome pour les affaires de la reeurent été éclaircis et qu'on eut entendu le ligion; et il conseilla d'envoyer, dans tous rapport fait de vive voix par le cardinal Far- les cas , Gontarini à la conférence. La diète nèse, celte fonction fut dévolue au cardinal avait ordonné, pour faire plaisir à l'empe- Con\anm[Lettre du cardinal Farnèse au légat reur, que cette conférence se tiendrait à, Cervini, datée de Rome, 5 juin 1540), qui était Worms , le 28 octobre, en présence des reagréable à l'empereur. Le départ de ce car- présentants du pape et des orateurs des rois : dinal et la cérémonie solennelle où il devait onze docteurs catholiques et autant d'hérélirecevoir la croix fut ensuite différée [Lettre ques conféreraient ensemble sur les quesdu même, 9 juin 1540), parce que le pape tions religieuses actuellement controversées, soupçonnait que la paix dernièrement con- niais sans aucun esprit de rivalité et seuleclue entre les Vénitiens et les Turcs , au ment dans des vues de conciliation ; et ciigrand déplaisir et de lui-même et de l'ein- suite sur le tout un rapport serait fait, et une pereur, pourrait indisposer l'empereur con- détermination prise dans une diète future.