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CHAPITRE XIV

Négociations d' Andalotto à Rome au nom de V empereur. — Délibérations entre le pape et les légats touchant le concile. — Investiture de Parme et de Plaisance donnée à Pierre-Louis Farnèse.

1. Les propositions d'Andalotto au pape furent les suivantes(Z,e//re du cardinal Farnèse au nonce Verallo,du\^juillet,i^k^, communiquée aux légats ). Pendant le reste de la saison favorable pour tenir la campagne , l'empereur ne jugeait pas pouvoir rien entreprendre contre les protestants ; mais il s'ofÎFrait pour l'année suivante, se soumettant néanmoins pour cela au jugement et au bon plaisir de Sa Sainteté. L'ajôcfrnement supposé, il désirait qu'en attendant on ne fît pas l'ouverture du concile ; ou bien si cette suspension était désapprouvée par le pape, il demandait deui choses : premièremeriÉ,

1055 niSTOIUE DU COiNClLE DE TRENTE. 1064

qu'avant Touverture, Sa Majesté en fût pré- des conciles précédents, qui avaient toujours

venue afin de pouvoir incontinent partir de commencé par le point principal, c'est-à-dire

Worms et se délivrer des importunilés des ' j^n:»:„„ j j...„:„.. ^» «a..:*

luthériens ; secondement, que le concile s'abstînt de la décision des dogmes, laquelle,

par les définitions de doctrines, et que c était là l'objet principal qui avait été proposé dans la bulle pour la célébration du présent concile. Du reste le pape était disposé à suivre la marche qui pourrait seconder davantage les vues de Sa Majesté.

5. Pour mettre les catholiques à l'abri de toute entreprise de la part des luthériens, Sa

frappant sur les hérétiques, les exciterait au ressentiment , et qu'il se restreignît aux matières générales et aux articles de réforme.

2. Nonobstant ces précautions à l'égard des protestants, il pouvait arriver néanmoins , qu'entrant en fureur à la première Sainteté disait que la protection la plus suce ouverture du concile , ils vinssent se ruer était le séjour de l'empereur en Allemagne,

sur les catholiques : et ainsi il convenait de "" ""'•' --- ^'-^* '^'*"'' "—»-"- •-" "---

parer à l'événement par quelque défense. Pour gagner du temps, Sa Majesté priait le pape de consentir à ce que dans le décret de clôture de la présente diète il leur accordât une conférence et une autre diète qui devrait se tenir au printemps ; il assurait d'ailleurs Sa Sainteté qu'il ne permettrait dans ces réunions rien qui fût préjudiciable à la religion et à l'autorité pontificale.

Il parla encore d'une autorisation à obtenir du pape, afin de procéder contre Herman, archevêque de Cologne, qui déjà depuis plusieurs années laissait paraître des sentiments irréligieux et opiniâtres, et qui , continuant à suivre cette ligne, aurait pu causer un grand dommage.

3. En rendant compte de cette affaire, Soave, toujours très-suave avec les hérétiques , passe sous silence le principal tort d'Herman, qui était l'attachement à la doctrine des luthériens (Voyez Beaucaire, lii)7'e XXIV, n° 16; et Sponde^ à l'année 1545, de l'autorité pontificale.

pourvu qu'il se fixât dans quelque lieu également à portée pour faire les préparatifs de la future entreprise, et pour correspondre tant avec le pape qu'avec le concile. Mais si Sa Majesté se croyait dans la nécessité de passer en Flandre, le pape s'engageait pour sa part à pourvoir aux besoins, selon ses forces.

Sur l'article de la conférence et de la diète, le pape répondit qu'il n'avait pas lieu de se montrer satisfait à cet égard , mais qu'il ne pouvait qu'exhorter Sa Majesté à observer la promesse qu'elle lui faisait, avec des sentiments si chrétiens, de conserver intacte la vraie religion et les droits du premier siège. Sauf cela, l'empereur pourrait prendre tel parti qui lui semblerait le meilleur.

Le pape exprima aussi la ferme résolution de procéder à la déposition de Tarchevcque de Cologne, comme hérétique notoire, et se montra disposéà consentir, en attendant, à ce que l'empereur pût agir contre lui en vertu

11 offrit enfin les plus grandes facilités pour régler définitivement les articles de la ligue; et, pour hâter la conclusion, un courrier exprès fut expédié.

6. Le pape, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, donna connaissance de tout ceci au nonce Verallo ; et à cette occasion il lui communiqua une autre pensée qu'il avait depuis longtemps en l'esprit, mais qu'il tenait cachée tant qu'il ne lui paraissait pas possible de la manifester et de l'exécuter au même instant, sans opposition et avec éloge.

Il lui semblait que le concile, assemblé sur les terres d'Autriche et aux portes de l'Allemagne, était trop exposé à quelque violence ou de la part de cette grande monarchie, ou de la part de cette nation révoltée. 11 l'avait

d'un si grand capitaine, qui d'ailleurs mesu- accordé pour cette ville, non comme un bien,

w° 7), et non pas seulement la permission publique de la professer dans son diocèse, mais la propagation de cette doctrine par le moyen de plusieurs prédicateurs choisis et envoyés par lui. Ilparle d'ailleurs du ressentiment de l'empereur contre l'archevêque de Cologne, comme sien cela ce prince avait agi en dehors de toute dépendance du pape ou d'aucune puissance ecclésiastique.

Enfin Andalotto conclut, au nom de l'empereur, que, l'entreprise devant avoir lieu au printemps , il convenait de statuer en attendant sur les conventions.

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