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Le pape répondit que, de son côté les

rait les difficultés de l'entreprise non par ouï-dire, mais de ses propres yeux. Le concile, du reste, ne pouvait pas demeurer oisif, sans honte pour celte assemblée et sans scandale pour les chrétiens. Dans le cas où on l'aurait ouvert, le pape aurait avisé, autant qu'il convenait, a ce qu'on y gardât un tel tempérament que les actes du concile vinssent en aide, au lieu délre un obstacle au bien de la religion et à l'entreprise proposée.

mais comme le moindre de deux maux. Du reste il considérait que Dieu, dans des temps meilleurs, a pourvu son vicaire d*un Etat en propre, afin de lui laisser cette liberté pleine, cette entière franchise dans ses actes, qu'il n'aurait pu avoir sur le territoire d'autrui. Et si cette indépendance était nécessaire au chef de l'Eglise, elle ne l'était pas moins au corps entier des pasteurs réunis ensemble, quand il s'agissait, comme alors, de définir des doctrines , et d'établir des lois, au sujet dès-

Mais là-dessus on écrivit ( Voir la lettre pré- quelles les nations et les puissances séculières

citée) annonce, comme à un homme plus au avaient des intérêts opposés. C'était aussi le

fait de ces matières que Andalotto, afin qu'il sentiment des légats(Leffre des légats, écrite en

fît comprendre clairemenl à l'empereur que chiffres, au cardinal Farnèse, 19 jmï/ef, 1545),

le pape ne pouvait pas s'écarter de l'usage qui trouvaient que tout en ayant l'air de pré-

sider, ils étaient là dans une véritable sujétion : et certes celui-là est toujours sujet, sinon de droit au moins de fait, qui est sous la puissance d'autrui. Ils craignaient même que les évêques et les orateurs, soit à cause de l'incommodité du séjour, soit à l'instigation des princes autrichiens ou allemands et de ceux de leur parti, ne s'accordassent un jour tous ensemble à passer dans l'intérieur de l'Allemagne, et que les légats ne fussent obligés (le se laisser entraîner au courant, pour se trouver ensuite pris dans les filets*

7. D'autre part les circonstances présentes leur donnaient quelque espoir de parvenir sans déplaire à transporter le concile dans des villes d'Italie ou tout à fait neutres , comme Ferrare, ou du moins neutres à l'égard des princes séculiers, comme celles de l'Etat de l'Eglise, dans lesquelles la puissance temporelle et la puissance spirituelle sont réunies sur la même tête. Or celte espérance paraissait également fondée et du côté de ceux qui étaient présents au concile et du côté des princes. Ceux qui étaient présents au concile, c'est-à-dire les évêques et les ambassadeurs , paraissaient las du séjour de Trente à cause du local resserré, de l'âprelé du pays, de la rigueur du climat et de la stérilité du sol. Et comme les incommodités physiques deviennent à la longue plus insupportables quand elles vont jusqu'à compromettre la santé et la vie, surtout pour des hommes de cabinet et de tempérament délicat , il était assez probable que volontiers ils se seraient transportés dans un séjour plus commode; d'autant plus qu'ils n'étaient pas encore échauffés à suivre les procédures et les discussions, dont l'effet est quelquefois d'entraîner les hommes soit par zèle, soit. par rivalité, soit par ambition, à souffrir toute espèce d'incommodité corporelle.

' 8. Les princes désespéraient déjà de pouvoir, par ce concile, gagner les hérétiques. Et pour ce qui était de contenter leurs sujets catholiques, il ne paraissait pas que ceux-ci dussent se défier des villes qui dépendaient du pape, puisque le pape agissait de concert avec l'empereur. Quant au roi de France, il ne devait pas lui être plus agréable de voir le concile dans une ville autrichienne que dans une ville appartenant au souverain pontife ou à un seigneur moins puissant. L'empereur, de son côté, ne paraissait pas pour le moment vouloir du concile autrement que comme d'une pièce d'artillerie toujours prête à être déchargée, et capable seulement de porter au loin la terreur, mais non la' mort Tout récemment encore l'ambassadeur M'endoza (Lettre des légats au cardinal 'Farnèsey du 7 août) avait parlé dans ce sens au cardinal del Monte, en lui déclarant que, quant aux doctrines, les livres étaient pleins de ce qu'on devait croire ; et quant aux réformes elles devaient être ordonnées à Rome par le pape, uni de volonté avec l'empereur, et non à Trente par les évêques. 11 donnait à entendre que l'ouverture du concile fermerait à l'empereur une source abondante de rcve- Ycnus, tels que croisades et autres rcdevi^n-

CoNC. PB Trente, I,

iÔC6

ces , contre lesquels le concile ne manquerait pas de crier, puisqu'il serait composé d'ecclésiastiques qui se prétendraient lésés par ces concessions ; mais que la suspension du concile pendant deux mois serait d'un grand avantage pour l'empereur, afin d'obtenir des prolestants plusieurs satisfactions dans rintérêt du parti catholique. Ici l'ambassadeur ajoutait que, dans une conversalion avec l'empereur, il lui avait représenté que tous les désastres arrivés soit au pape, soit à Sa Majesté, avaient pris leur source dans le défaut d'union entre eux. Or qui ne voit que ce langage est tout le contraire de ce que Sandoval a publié dans le discours qu'il attribue à Mendoza. Selon lui, Mendoza aurait donné à l'empereur le conseil d'employer, à l'égard de Paul III, des manières acerbes et dédaigneuses.

9. Le cardinal Cervini lui-même avait certaines raisons (1) de croire que l'empereur consentirait plutôt à la translation du concile dans Rome même qu'à l'ouverture. Et les évêques parlaient de faire une demande publique pour que le concile s'ouvrît, ou que le pape les laissât partir. Toutes ces raisons engagèrent Paul à se procurer des renseignements précis : d'abord il recommanda à Verallo [Danslaletlre du cardinal Farnèse, déjà citée) de sonder adroitement l'enippreur pour savoir comment il prendrait la proposition d'une translation du concile ; et il voulut que les légats lui donnassent plus distinctement leur avis à ce sujet. Il le leur demanda d'abord par lettres (2), et ensuite par l'organe de Louis Beccatelli, qui leur avait été donné pour secrétaire à leur départ de Rome, et que pour cette affaire ils avaient dépêché vers le pape.

^ 10. La substance de leurs lettres (le 1 août 1545) et du mémoire envoyé par eux (le 13 août 1545) revenait à peu près à ceci : dans la célébration du concile, il fallait avoir deux objets en vue: le bien des peuples et ce qui pouvait contenter les princes chrétiens. Ces deux objets avaient marché de front avec la plus grande facilité et les plus heureux résultats , tant que les princes n'avaient dans cette affaire ambitionné autre chose que le bien des peuples et l'honneur de Dieu. Mais maintenant on était dans des circonstances bien différentes, et qui compliquaient les difficultés et les périls. C'était le devoir du pape de se préoccuper du salut des peuples bien plus que des désirs désordonnés des princes. 11 ne convenait donc pas de tenir en éveil toute la chrétienté avec une fugitive image de concile pour seconder l'ambition des grands. D'un autre côté, il n'était pas possible de célébrer un concile d'une manière fructueuse contre le gré des princes. Dans un pareil embarras, les légats proposaient deux avis :

(i) Tout ceci se trouve dans la lettre précitée des légais ail cardinal Fanièse.i

(2) Lettres du cardinal Farnèse aux légats, des 13 et 30 juillet et du 9 août 1545. L'inslruclion est dans un recueil d'insiruciions rclalivesau concile, aux ar» chiYçMuYuton.

(Trmfe'jMa^re.)

11. *^e premier était de faire une bulle quelque temps la procédure touchant les dogtouchant la réforme désirée. Dans celle bulle mes , en allendant que les évéques d'Espagne on satisferait aux plus raisonnables deman- et des autres provinces pussent arriver en des des différentes provinces. On veillerait à plus grand nombre, et qu'il pût conduire à ce que la bulle fût réellement exécutée, et bonne fin quelques-uns de ses projets sur puis on dissoudrait îe concile ; car il était l'Allemagne. Les légats disaient qu'ils rébien évident au monde entier qu'il n'avait pugnaient également à ce dernier parti , pas tenu au pape d'y donner suite. parce que ce serait après tout tromper par

L'autre avis était donné par les légats, une vaine représentation les prélats elles dans l'hypothèse de la continuation du con- fidèles, auxquels on avait promis dans la concile; et, ce cas posé, ils disaient : Ou on avait vocation du concile qu'il aurait pour but de la certitude que l'empereur consentirait à la constater quelle était la doctrine catholique, translation, et alors le concile devait s'ou- Ils ponsaient toutefois qu'on pouvait user yrir à Trente par une session dépure ce- de cette condescendance, moyennant deux rémonie , et être ensuite transféré après conditions : l'une était que l'ajournement ne cette ouverture, afin que les évéques com- serait pas de longue durée, l'autre que l'emprissent qu'ils étaient appelés ailleurs pour pereur approuverait la translation à Rome, agir, et non pas seulement pour compa- où le pape pourrait, avec plus d'autorité, et raître comme aurait semblé présiîgor l'inac- prolongera volonté l'intervalle entre les sestion précédente. Ou bien on avait la ccrli- sions, et, en attendant, exercer utilement les tude d'une volonté contraire de la part de pères à l'examen des dogmes, et enfin établir l'empereur, et alors il fallait ouvrir et con- des délibérations sur la réforme dans les tinuer le concile à Trente, selon la pro- réunions particulières, messe antérieure qu'on en avait faite et à iui 14. A ces sollicitudes pour le bien généel à l'Allemagne, pourvu toutefois que les rai de la chrétienté, Paul mêla un intérêt Allemands s'abstinssent de conférences et de privé qui n'était qu'àTavanlage de sa famille, diètes sur la religion , en face d'un concile Je ne veux pointa cet égard le défendre conconvoqué à leur poursuite ; et qu'ils pré- tre les reproches de Soave, soit pour ne pas tassent la main pour traduire les luthériens blesser la vérité, soit pour ne pas ôter tout devant le concile, autrement ils ne seraient crédit aux éloges que je donne ailleurs à cet pas en droit de se plaindre si le pape éloi- illustre pontife : on ne croit point à l'apprognait de là le concile, pour qu'il ne fût pas bation deceluiqtii approuve tout. Il s'occupa exposé à voir de si près le mépris de sa de l'agrandissement de sa famille en lui propropre autorité. Mais si les Allemands ne curant la possession de deux nobles cités, donnaient aucun sujet de plainte, il con- distraites ainsi du reste des Etats de TEglise. venait de continuer le concile à Trente, et de Ces furent P.irme et Plaisance, acquises dans le fortifier par l'adjonction d'un grand nom- ces derniers temps par Jules II, etdenouveau bre d'hommes aussi érudits que prudents, et recouvrées encore par Léon X, ainsi que capables de paraître en face de ceux qui y nous l'avons raconté précédemment. Le pape seraient entretenus par les princes; car ceux- prit soin de donner une couleur honnête à, ci montraient plutôt la partialité d'avocats ce projet dans le consistoire {le 12 et le 19 attentifs aux intérêts particuliers de leurs août^ d'après les actes consistoriaux), en pçclients, que l'imparlialité de juges chargés sant les avantages de la compensation que de procurer le bien général. l'Egiiseen recevrait, et les charges dont était

12. Dans le cas ensuite où la volonté de grevé ce qu'elle céderait. Pierre-Louis Farl'empereur sérail douteuse, il leur sem- nèse lui cédait en échange la ville de Népi, et blait que les circonstances présentes donne- Octave celle de Camérino, deux villes situées raient à la translation une couleur honorable, au cenire de l'El/U ecclésiastique, et d'un re-' Ces circonstances étaient les plaintes des venu alors supârieur à tout ceque rapporprélats; la pénurie et le haut prix des den- taieiU Parme et Plaisance. Dans ces asserrées par suite de la disette survenue en lialie, lions il ne mentait point, comme il est prouvé et de l'impossibilité où l'on avait été de sa- non-s.^ulement par le témoignage indubitalisfairc aux promesses; l'approche immi- ble des registres de la chambre , mais comme nente d'un rigoureux hiver des Alpes; les vient le confirmer encore la relation souvent diètes et les conférences sur des matières citée par nous de l'ambassadeur Soriano, religieuses qu'on projetait de tenir pro- lequel, dans une note détaillée des revenus chainement en Allemagne, malgré l'horreur pontificaux, fait figurer Parme et Plaisance, qu'en avaient tous les prélats ; l'obstination déduction faite des dépenses ordinaires, pour des hérétiques à attaquer le concile ; la huit mille écus et pas davantage. On n'en froideur des catholiques à le soutenir; la sera pas surpris quand on saura que les quadifficulté d'établir la réforme dans un endroit tre villes du comtat d'Avignon, cet Etat si si éloigné du pape; le danger de voir naître florissant, ne rapportent pas au pape au des désordres au sein d'une assemblée qui delà des dépenses ordinaires ; et que mainn'avait pour la contenir ni la présence du tenant même, après l'augmentation notable pape, ni celle de l'empereur. des revenus tirés de l'Etat de Bologne, qui

13. Ils examinaient une quatrième sup- contient peut-être deux cent cinquante mille position, qui était le cas où l'empereur con- personnes, on en retire net à peine six n;ille sentirait présentement à l'ouverture, mais écus. Il fut donc établi parles registres de où il exigerait du moins qu'on ajournât pour la chambre, que ces deux villes, en prenant

penses perpétuelles qu'occasionnait au siège n. Mais ie vp.?! H/^

apostolique celte seigneurie récente, liii- observXn m!f f . ^'"^''^^^"J^^ Parune

gieuse, séparée des autres terres, toujours le iWernôn? T LV! Z''"''^'''"^'^" ^«t sévère

convoitée, et revendiquée par tous ceux qui tificale ot 1 ^" T"'^^':"^^^'.*'^"t'>'''lé pon-

çonvoitée, et revendiquée par tous ceux qui tificale ot ^ """^^^"«e envers l'autorité pon-

*evendiquaient un droit sur le Milanais ; en nécessairempn^ro ''^^i'*"^^ ^e conduite sont

sorte que sous le seul pontificat de Paul, tifes nônTeutmp'îîf "^' \^' souverains pon-

cluoique non troublé par des guerres, il se aussi nar l^onnp.? ^^^ '? conscience, mais

trouva que la conservation de cette propriété mille ces dPiiYrîUcô *^?"*.«onna à sa fa-

toujours menacée, avait coûté en dix ans du iége ao^^^^^^^^

deux cent mille ducats. fais inFf;if.Pn . ^"^ '.'?^'^ toutefois en lui

15. Le pap. fit constater tout cela par les ii 1^3 s nlns /r.^'f !''''^" ^^) 1'""

10. lue papo ni consiaier loui cela parles six fois nlii« o-no»;/ ^V " "" revenu i^egistfes publics , d'abord , dans le tribunal ment des dénenfo ' l T''^V^ l^ dégrèvede la chambre, et ensuite par un rapport dé- traordin-nV^^ m i! ^ ordinaires qu'extaillé du camerlingue dans le consistoire. PcCà déd ZnVr h^^

Ainsi, soit en vue de ces avantages, soit à contraire fKfv^^^''""^ ^^ ^« ^"^^P'- ^u

cause de la crainte révérentielle qui empê- tion sS ?"'^""^ compensa-

che presque tous les hommes de contredire iVn nn"T: '^^^^^^^ l'opinion et plus encore la volonté du maître, quand ils peuvent s'excuser au tribunal de

leur propre conscience par quelque raison Or cet ae-,..inH;cc:n,>,^„/ i ' -.",''"" "•'•

apparente, la majeure partie des cardinaux iVlépendlnt d^irn^."- c*^ """^'^ .^'^'" Pl"«

donna son adhésion à l'échange ; cependant ne l'L la n édf J'L^ impériale que

raffaire ne passa pas d'emblle'; mL à la ^rapport au^ K^^

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miren; ouvertemcnl opposit'ion.V'aî trouvé Voix "con'trë'celI°l" rlt"t P?l,.:"?":^ '?"'" dai de gnol Bolo; son s

veur de ne pas sVxpliquer ; les cardinaux a;c7ç(;ir;"n"JlIes^'En"eff^t,^on île d^^vnXas

de P.se, de Carp, cl Sado et parlèren con- représenter les qualités cLL des mTûx^ s

tre, mais ils s'en rapportèrent enfin a la sa- le suiet anniini niL.c ^ "^""'"î^/^^s^maux, si

iresse du nanp Triviilzio firifTi pt Armi !, i "^ ii ^"^"^' ^l'^s sont mherentts et au-

gesse au pape, irivuizio, Laratta et Arma- quel elles ne convienncni pas n'était nas un

gnac pensèrent s innocenter en s abstenant bien. Or plus il est un bien et d^I us H

ce lour-la de paraître au consistoire. moindrp t^oha /r.i: i« a' \ *. P; • ■

. k On ne "peal nier que Paul, dans celte Zir^Vanl pVus grS^^af" '""■''"' ''

Circonstance, ne fut domine par une excès- r © « mai.

Sive tendresse pour ses enfants; car chacun CHAPITRE XV^ voit que la valeur des principautés ne se

jnesure pas par les revenus comme celle d'un Décret de clôture de la diète de Worms,

fonds de terre. Mais Dieu sut tirer de la fai- Mort du duc d'Orléans. — Négociations du blesse du pontife un grand bien pour le pon- nonce Dan Uni et du secrétaire Marquina, tificat ; car il arriva qu'un fils né à Octave, Résolution d'ouvrir au plutôt le concile, précisément vers ce temps-là, je veux parler d'Alexandre, put, grâce à cette élévation 1. Dans l'intervalle , l'empereur avait dêk des Farnèse, se frayer, malgré sa jeunesse, le commencement d'août, publié le décret de le chemin au souverain commandement des clôture de la diète. Par ce décret il n'accorarmées catholiques dans les Pays-Bas ; et, dait pas aux hérétiques les autres concespar ses succès, il recouvra et conserva au sions sollicitées par eux , soit de les délivrer domaine spirituel du pape en Flandre et de la sujétion au concile de Trente , soit de en France une si grande étendue de ter- leur accorder à perpétuité la paix en maritoire, que, dans la comparaison, cette di- tièrë de religion, soit de les affranchir dé tninution du domaine temporel peut être toute recherche touchant la spoliation deà réputée comme nulle. D'un autre côté, la biens ecclésiastiques commise par eux-rmêprovidence divine voulut que cette affection mes depuis le décret de Ratisboune ; mais il trop humaine de son vicaire fût punie par de

cruels chagrins venus du côté même où il ^^^ Le revenu de Parme et Plaisance éiaîrdTTlsS avait cherche d excessives consolations. A ^,,(..^,5. j^s dépenses pour la garde de res villes de 1 occasion de ces principautés, Paul 111 vit 20,000 ducats, l'achat de l'ariillerie 9000 ; ot le'reî^ierre, Louis Farnèse périr malheureuse- venu de Cameriuo et de Mepi , était de 10,585, lésinent ; Plaisance occupée par les armées quels font un loial de 50,3}>5.

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leur promettait une autre conférence et Une autrediète qui devraitsetenirl'hiver prochain à|Ratisbonne touchant la foi et lalréforme.Ce décret déplut extrêmement aux évêques réunis à Trente, en ce qu'il attaquait cette large' autorité que la plupart d'entre eux , inexpérimentésdans les affaires du monde, croyaient posséder de fait aussi bien que de droit; et, selon la coutume de toute multitude assemblée , ils formaient des projets hardis ; d'autant plus qu'ils n'apercevaient pas, sous la grossière enveloppe de ces concessions, les excellents desseins que cachait l'empereur. Ils n'auraient pas ignoré ces desseins si, comme Soave l'aurait voulu, le pape avait renoncé à l'usage d'adresser aux légats des lettres particulières qu'il tenait cachées aux autres : mais des yeux de chauve-souris suffisent pour voir si cela eût été à l'avantage de l'entreprise. Les légats, qui connaissaient les résolutions secrètes, arrêtaient les plaintes des plus ardents, et consolaient les plusi abattus (lettre des légats à Verallo , du 7 septembre 15i5) , en les assurant généralement de la droiture des intentions de l'empereur , et en les encourageant à espérer de bons résultats.

2. A Rome , l'ambassadeur Vega avait excusé auprès du pape le décret déjà porté {lettre du cardinal Farncse aux légats, du 26 août), en se servant des mêmes raisons qu'ayail apportées Andalotto pour l'excuser à l'avance , lorsqu'il n'était qu'en projet. Mais en même temps il avait demandé que le concile demeurât encore suspendu pendant tout le mois de septembre, et qu'ensuite même il s'abstînt de décisions de foi et se renf<'rmât dans les règlements de discipline. Or le pape prit de là occasion de proposer le projet de translation. Et Vega ayant réj)ondu qu'il n'avait reçu aucune commission à cet égard, le pape voulut envoyer vers l'empereur un ministre pour traiter" de celte affaire. II choisit pour cela Dandini, évêquedeCaserta, dont la nonciature devait avoir pour objet apparent les compliments de condoléance sur la mort de la princesse d'Espagne, et pour objet réel et intime la négociation touchant le concile. Dandini ayant été obligé de retarder son départ pour cause de maladie, il fut précédé par le secrétaire Marquina, venu à Rome pour les affaires de l'empereur. Mais Charles ayant entendu la proposition , la rejeta d'abord (1) ; parce qu'il craignait l'indignation de l'Allemagne, vu qu'en donnant son adhésion il irait contre les promesses faites et les délibérations prises dans les diètes. Se voyant donc placé entre ces deux alternatives, la translation ou l'ouverture, et sachant que la seconde plairait universellement aux catholiques, il ne voulut pas s'exposer à la haine générale en l'empêchant, quoiqu'elle lui déplût pour des motifs particuliers; il voulut même, dans une déclaration écrite (2), rédigée parun officier fiscal, recon-

Xï) Lettre de Verallo et de Dandini aux légats, des

10 ei 50 oct. 1545 ; parmi les manuscrits des Cervini.

(2) Lçitres des légAi? au cardinal Far/ièse , des 19

naître devant le nonce quMl y consentait; et il enjoignit à l'ambassadeur Mendoza de quitter Venise , où il s'était retiré, pour retourner à TrentCj afin de prouver par la présence de ses ministres qu'il n'abandonnait pas le concile. Le pape perdant espoir de réaliser son projet touchant la translation , objet de ses désirs , mais délié de tout engagement touchant la suspension qui lui était insupportable , se résolut à procéder à l'ouverture si vivement demandée par les évêques, et si impatiemment attendue par les fidèles. Il ne dissimula point à l'empereur qu'il ne pouvait pas seconder les désirs de Sa Majesté en retardant la décision des dogmes. Au contraire, comme nous l'avons rapporté un peu plus haut, il avait déjà chargé le nonce Verallo de faire à cet égard les déclaratior.s les plus expresses. $.r I

3. Mais Soave, dont les renseignements sur ces faits n'allaient point au delà de ce: registre du cardinal del Monte dont il a été déjà question , supplée avec les idées prises 1 dans son cerveau à ce qui n'y est pas raconté. Et il le fiait avec le même aplomb que s'il avait non-seulement tout lu dans les! écrits, mais assisté lui-même à l'événement. | Aussi est-ce avec une merveilleuse confiance' qu'il révèle les diverses pensées qui se suc-| cédaient dans l'esprit de Paul 111, comme s'il eût été le génie socratique qui habitait alors en lui et le gouvernail. Et il veut même en cela différer de l'Eglise, qui ne juge pas de Tintérieur. Je continuerai de procéder en historien, et non en homme qui devine. j

4. A cette époque eurent lieu deux morts (Lettre des légats au cardinal Farncse , du 10 octobre Ibhb) qui firent sérieusement craindre au pape et aux prélats quelque grave perturbation. L'une fut celle du cardinal de Mayence , lequel était la première colonne de la foi en Allemagne, soit par l'élévation du rang, puisqu'il était le chef des électeurs, soit par la puissance de la famille de Brandebourg, qui ne le cède par l'étendue des possessions à aucune famille allemande après celle d'Autriche, soit enfin par la sincérité de son zèle : sans doute ce zèle avait pu quelquefois manquer d'ardeur , jamais de fermeté ni de constance; il était même arrivé que, vers la fin de sa vie (1), à mesure que les années lui glaçaient le sang, son zèle pour la religion redoublait de ferveur. Cet accident causa tout à la fois et de la tristesse pour la perte d'un si grand homme, et de l'anxiété pour l'élection incertaine de son successeur. Or on ne pouvait pas être sans de graves inquiétudes sur un choix qui serait fait par une nation où l'erreur avait tout corrompu, jusqu'au clergé. Aussi mesura-ton à l'importance du choix et à la gravité de ses suites, l'activité des démarches auprès

(l) C'est ce qu'on voit par la lettre du cardinal Contariiti, légat à Ratisbonne, adressée au cardinal Farnèse.

ei 24 octobre, et de Dandini à Cervini sous la date do 10 octobre. .

du chapitre de Mayence , aûn que les qualités du nouvel élu ne flssent pas regretter le défunt.

5. L'autre mort [Lettre du cardinal Fafnèse aux légats, du 5 décembre 154^5), celle du duc d'Orléans, sembla d'abord devoir amener de plus grandes révolutions. Ce prince, voyageant avec son père , logea dans une maison dans laquelle étaient couchés quelques hommes atteints d'une maladie contagieuse ; par manière d'amusement juvénile avec ses domestiques , il s'obstina (Lettre du nonce de France au cardinal Farnèse, datée d'Amiens , le 18 septembre 1545) , quoique prévenu, à manier les oreillers qui avaient servi à ces malades. Or non -seulement celte imprudence causa sa mort^ mais elle pensa causer également celle du roi , et de son frère aîné, qui, cédant à l'affeclion , ne purent s'empêcher de le soigner dans sa maladie. On craignait, avec raison, que cet accident ne brisât, avec l'existence du prince , le lien qui devait maintenir la paix dans la chrétienté. Aussi le pape envoya-t-il un courrier en toute hâte pour tâcher de joindre l'évêque de Caserta, avant son arrivée à la cour de l'empereur ; il lui donnait par ce courrier les ordres les plus précis de faire en sorte que cette union, en danger de se rompre, se renouât par quelque lien de parenté entre les deux couronnes. Il donna aussi la même commission à Jérôme de Correggio qu'il envoyait au roi, en qualité de nonce, pour lui présenter les compliments de condoléance [Lettre du cardinal Farnèse aux légats , du 7 septembre 1545). Mais ne voulant pas traîner en longueur l'affaire du concile, et voulant au con- . , „ , ^ .V. .v,...|^^ V.I*

traire faire voir qu'il ne tardait pas un seul concile il n'était pas permis au pape de con-

instant à en faire l'ouverture, dès qu'il avait lérer les honneurs de la pourpre. Les éve-

les mains déliées , il décida dans le consis- ques présents au concile (2) furent déchar-

loire du 6 novembre qu'on procéderait à cet gés du paiement des décimes, et admis à jouir

acte solennel le 13 décembre, jour auquel pleinement des fruits de leur Eglise pendant

tombait le troisième dimanche de l'Avent ; leur absence,

il choisissait ce dimanche et non le premier, % Une instruction fut également [Dans la

de novembre) que pour les évéques d'AW«~ magne qui ne pouvaient pas abandonner leur troupeau, environné de loups, il leur serait accordé de comparaîlre par procureur. Mais comme les inégalités, lors même que la raison en est évidente, sont difficilement approuvées de ceux qui , à cette occasion, se trouvent placés en seconde ligne, il fui recommandé aux légats de retarder le plus possible la publication de ce privilège; parce qu'on prévoyait bien que, lorsque d'autres prélats allégueraient ce premier exemple pour solliciter une faculté semblable, il serait plus facile de les retenir présents que de les attirer quand ils étaient encore éloignés; car en toute espèce d'ouvrage, ou delà nature ou de l'art, il faut communément moins de puissance pour conserver que pour établir une première fois.

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