‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 364 sur 368 · SG · texte numérisé non relu

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révêque, savoir: que même sans cette conversion le Saint-Esptit ne laisserait pas de leur ouvrir la bouche, quoique le cœur demeurât plein de mauvaises dispositions. Certes, si le

quaient le Saint-Esprit, c*cst-à-dire qu'fjîulilement ils multipliaient leurs efforts, inutilement ils demandaient à Dieu de les

, . , r. • éclairer pour trouver les moyens efûcaces de

cheval de Iroie est pris pour emblème des convertir les hérétiques, de réformer l'E-

embûches occultes , il est évident |que cet glise, de pacifier la chrétienté, emblème convient beaucoup mieux au con- 13. Aux paroles de l'évêque de Bitonlo,

cile qui nous est présenté dans les feuilles de Soave oppose deux arguments qui ne sont

Soave , qu'au concile tel qu'il fut tenu en pas sans quelque valeur aux yeux du vul-

réalité dans l'enceinte des murs de Trente, gaire, et il les présente avec la même assu-

Cet éloge simulé des légats n'est qu'une rancc que si c'étaient deux épées de diamant,

diffamation couverte; Soave en fait des quoiqu'il ne dût pas ignorer qife ce n'étaient

prévaricateurs qui auraient trahi la cause là que deux bâtons de verre.

bunal visible et infaillible sur la terre pour quelque autre pour lui , si ces conciles fuprononcer sur la foi orthodoxe. En effet, si rent dirigés et approuvés par le chef de l'E-

glise , ou si plutôt ils ne furent pas acéphales.

Le second argument est que, selon la doctrine de la cour romaine, l'infaillibilité est attribuée uniquement au pape et au concile,

on ne peut attendre l'illumination du Saint- Esprit que dans un concile d'hommes sanctifiés intérieurement , cette sainteté étant invisible et incertaine , leur autorité et leurs décisions demeurent pareillement incertaines

pour nous. en vertu de la seule confirmation du pape! 12. Musso savait bien que cette doctrine II est vrai, c'est la doctrine des papes, la si funeste, parce qu'elle est toujours spé- doctrine véritable, la doctrine commune, cieuse pour les ignorants, était en toute Mais elle n'est pourtant pas telle qu'elle ne manière répandue et propagée par les hé- soit contestée par quelques docteurs [v. Bel^ rétiques. Voilà pourquoi il commença d'à- larmin , des Conciles, liv. Il , ch, 5) ca«îholibord par exhorter sérieusement les Pères à ques. Tandis que quiconque résiste aux déune conversion parfaite, en leur en faisant finitionsd'unconcileœcuméniqueelapprouvé sentir la nécessité pour leur propre salut et par le pape, ne trouve , parmi les calholipour la conversion des autres ; puis il ajouta ques , personne qui l'excuse d'hérésie maniles paroles en question , lesquelles , dans sa feste. Elle est donc non-seulement vraie , pensée, n'étaient que la semence d'un bon mais certaine, cette proposition de cet élofruit : la fraude et l'ignorance pouvaient quent prédicateur, que si les Pères de Trente, seules en faire éclore la zizanie du soupçon comme formant un concile œcuménique , louchant la faillibilité du concile. Il appuya dirigé par l'autorité pontificale , avaient ces paroles sur les exemples connus de Ba- erré, il aurait fallu confesser par une conlaam et de Caïphe, aussi bien que sur la rai- séquence évidente, que l'Eglise elle-même son; montrant que si les Pères venaient à était dans l'erreur. -,

Telles sont les taches que l'œil envieux de Soave a découvertes dans ce discours. Mais du zèle que ce même discours inspire pour

utilement les Pères invoqueraient l'Esprit- la réforme des mœurs, du pieux intérêt qu'il

Saint s'ils ne pleuraient et n'expiaient leurs porte à la réunion de l'Eglise , du bonheur

fautes ? Cet écrivain aurait bien dû remar- avec lequel les passages les mieux appro-

quer quel était le but auquel, selon le préam- priés de l'Ecriture sont entremêlés à propos,

bule de l'exhortation , devait tendre le con- de la modeste liberté à représenter aux Pères

cile : c'était Vextirpation de Vhérésie, la ré- leur devoir avec les plus tendres instances ,

forme de la discipline et de la vie ecclésiastique, c'est ce dont il plaît à Soave de ne pas dire

et la paix extérieure de toute V Eglise. Or ces un mot. Ces qualités cependant, aux yeux

divers biens , disait l'exhortation , il fallait de tout lecteur discret, obtiendront à celte

les attendre, non pas des efforts de tous les composition oratoire une juste indulgence

évéques qui pourraient se rendre au concile, pour quelque luxe qu'il n'est pas plus facile

mais de la protection du Christ. Et quant d'éviter dans la magnificence d'un discours

aux moyens d'obtenir ces avantages, l'ex- que dans celle d'un banquet. Enfin c'est le

hortation ajoutait que , si auparavant ils ne propre du soleil que ses taches ne soieni

se condamnaient eux-mêmes, en vain les pré- , qu'un composé de lumière.

lats entraient au concile , en vain ils invo- ""

faillir, l'Eglise faillirait avec eux.

Comment donc , objectera Soave, fallait-il entendre cet avertissement des légats : qu'in-

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niSTOIUE DU CONXILEDE TR^NIË.

deux ans avant Texécution, quand il n'y avait aucun germe de déGance entre Clément VII et Charles V, il avait été question entre eux de ce mariage, et dans leurs entrevues, et par l'intermédiaire du nonce Méandre; et l'empereur y avait donné son approbation: et en dernier lieu à Bologne l'empereur lui-même y engagea fortement le pape et en pressa la conclusion {Liv, III, c//. it).

31 . Que le voyage de Clément VII en France eut pour molitle désir de conclure ce mariage. Et il est manifeste d'après tous les mémoires que le pape, dans cette entrevue avec le roi, ne s'occupa que des intérêts de l'Eglise, dont ceux de l'empereur étaient in-séparables. (IbicL)

32. Que six jours après la sentence contre Henri VIll arrivèrent à Rome les réponses d'Henri au pape ; tandis qu'elles arrivèrent

deux jours après {Liv, III, ch, 15).

33. Que l'empereur ayant entendu les propositions faites par le nonce Rangone, touchant le concile, se plaignit au pape, que l'on traitait les protestants autrement qu'il n'avait été convenu à Bologne, et de telle sorte qu'ils se croyaient joués ; que ces lettres de Charles furent lues en consistoire le 8 juin; et ici il rapporte avec un grand nombre de faussetés les sentiments des cardinaux. Mais tout au contraire, dès le temps que le pape et l'empereur conférèrent à Bologne, ils avaient tous deux d'un commun accord donné leurs instructions aux deux ministres qu'ils envoyèrent en Allemagne ; ces deux envoyés partirent ensemble, et négocièrent de concert en la forme qui avait été convenu entre leurs deux souverains. Dans les actes consistoriaux il n'est pas fait mention de lettres semblables ; mais la vérité du fait, et le véritable sentiment des cardinaux sont rétablis dans le Liv, III, ch. 16.

34. Que Paul III prit ce nom dans son couronnement; mais que, lors de sa promotion, ilavait voulu prendre celui d'Honorius V; et néanmoins par le conclave, par les éphémérides, et par les actes consistoriaux il est prouvé qu'il ne prit jamais d'autre nom que le premier. (Ibid.)

35. Que le choix des cardinaux fait par Paul III, pour s'occuper de la réforme, eut lieu dans le consistoire du 12 novembre; tandis qu'il eut lieu le 13 {Liv, 3, ch, 17).

36. Que les députés furent trois cardinaux, lesquels toutefois furent au nombre de cinq, plus trois évêques qui leur furent réunis.

37. Que l'entrevue qui eut lieu entre Vergerio et Luther futdéshonorante pour le pape et glorieuse à Martin, et l'on voit tout à fait le contraire dans le chapitre 18 du livre III.

38. Que l'empereur parla dans le consistoire le 28 avril ; et cependant le 28 avril il y avait en réalité dix jours qu'il était parti de Kome(Lû\ III, c/i. 19).

39. Que pour conférer sur la manière de réunir le concile, il fut fait choix de six cardinaux et de trois évêques. Et par le fait il y eut sept cardinaux et un évêque {Ibid.)

40. Que le concile ne déplaisait pas au pape, tandis que le roi de France remplis-

sait l'Italie de ses troupes ; parcequ'il espérait tirer de cette circonstance un prétexte très-plausible d'entourer le concile de soldats. Et toutefois Soave lui-même raconte peu après que le concile n'eut pas lieu à Mantoue, parce que le duc exigeait précisément pour cela une garnison soudoyée et que le pape ne voulait pas d'un concile armé {Ibid.)

41. Que tout esprit même médiocre trouvait inopportune la publication du concile faite par Paul III, en un temps où la guerre venait de s'allumer entre l'empereur et le roi de France ; tandis que de tous côtés on donnait à entendre qu'il fallait en venir à l'exécution ; sans quoi l'Allemagne était perdue {Liv. IV, ch. 1).

42. Que la difficulté qui s'opposait à la convocation du concile pour Mantoue était certain différend entre le pape et le duc, sur le droit de commander les soldats qui devaient garantir la sécurité de la ville et de la campagne. Or de cela il ne se trouve rien dans les lettres réciproques des deux princes touchant cette affaire ; mais un motif tout différent y est exprimé {Liv. IV, ch. S),

43. Que le pape laissa circuler en Allemagne un écrit contenant quelques projets de réforme touchant la cour de Rome, pour donner à entendre aux adversaires que l'on prenait les choses au sérieux, et qu'ensuite, à son grand déplaisir, il sut qu'on avait imprimé cette pièce. Or, dans toutes les instructions de Paul m, le premier avertissement est qu'on n'en donne point de copie par écrit, parce qu'elles paraîtraient bientôt au jour imprimées par les hérétiques, et fourniraien matière à des reproches en ce qui pouvai concerner la cour de Rome, comme il étai arrivé sous les autres papes, et, pour la mêm( raison, il était recommandé de ne pas parlci des abus qui avaient lieu à Rome {Livre IV chap, 5).

44. Que le pape, dans le voyage de Nice, n'avait pas tant en vue la paix de la chrétienté, que l'acquisition de Milan pour sa fa mille, avec offre d'en faire hommage aui deux couronnes. Or de cela on ne trouve pas la moindre trace dans les mémoires les plus secrets concernant les négociations de Paul 111 en faveur de sa famille, même dans des circonstances plus favorables que l'époque en question. On lit, au contraire, qu'il exhortait l'empereur à céder cet Etat au roi de France en considération du bien général, ou bien à le placer sur la tête du duc d'Orléans {Liv,lV,ch. 6).

45. Que les deux monarques ayant demandé la prorogation du concile, le pape se prêta aussitôt à cette demande , comme s'il eut moins songé à condescendre au désir d'autrui qu'à suivre ses vues personnelles ; mais, au contraire, Tiépolo, ambassadeur vénitien, affirme dans sa relation que comme, parmi les conditions de la paix, on proposait au roi de France de concourir à l'œuvre du concile, il refusa de le faire à la demande de l'empereur, mais il le fit volontiers en considération du pape {Ibid.),

46. Que le pape n'employa que les raisons d'une politique toute humaine pour dissuader l'empereur d'approuver les articles d'un arrangement qui lui étaient proposés par les hérétiques dans la diète de Francfort; tandis qu'il fit valoir, comme la première et la plus convaincante preuve, l'honneur divin, montrant bien par là que l'empereur, pour aucun intérêt terrestre, n'aurait voulu y porter atteinte.

41. Que, par suite des arrangements faits entre le pape et l'empereur au sujet de la diète de Francfort, l'évêque de Montepulciano fut envoyé en Allemagne; et cependant, à cette époque, Montepulciano n'avait ni le rang de ville, ni le titre d'évêché, et cette mission fut confiée à Jean Riccio, qui était simplement attaché au cardinal Farnèse,et qui, de sa patrie, avait reçu communément le surnom de Montepulciano (L. IV, c. 9) .

48. Que le concile fut prorogé après le départ de Montepulciano, tandis qu'on lit cette prorogation faite en consistoire le 30 juin, et que le départ de Montepulciano eut lieu le 20 août {Ibid.).

49. Que l'empereur ne déclara point s'il consentait ou s'opposait à la conférence projetée pour Nuremberg; et dans un grand nombre d'écrits il témoigne qu'il refusait ouvertement son adhésion à ce projet [Ibid,).

est qu'avant l'époque de cette conférence, le cardinal Aleandre avait averti le pape dos propos que tenait cet évêque contre l'honneur du siège apostolique, des menaces qu'il osait proférer, et de ses liaisons avec les luthériens. En sorte que le pape déclara à 1 empereur qu'il fallait ou l'obliger à la résidence, ou du moins le tenir éloigné du théâtre de ces négociai lions (Ibid.).

54. Que la longue durée de la diète de Worms, et la nullité du résultat, doit être attribuée aux artifices des papes. Tandis que le nonce Morone , dans toutes les lettres écrites de Worms au cardinal Farnèse, se plaint de cette lenteur, comme d'une ruse des luthériens, qui temporisaient jusqu'à ce que l'empereur se retirât, afin de demeurer en possession de leurliberté religieuse (76/i/.).

55. Que Contarini, légat à la diète de Ratisbonne, s'excusa auprès de l'empereur de n'avoir pas de pouvoir pour statuer sur les articles de foi, parce qu'un pareil pouvoir est inséparable de la dignité pontificale; mais que si les luthériens s'accordaient avec l'Eglise romaine sur les points de foi, il ofl'rait, en dispensant des commandements de l'Eglise, de donner toute satisfaction à l'Allemagne! Cette dernière assertion qu'on lui prête est diamétralement opposée au premier chapitre

„^ ^ ,■ , „ . « - ^„ / ^^ l'instruction qu'il avait reçue du pape

50. Que le légat Farnese se retira d auprès [Liv. IV, ch. 13). '

de l'empereur, parce que ce dernier avait fait 56. Que dans la diète de Ralisbonne on ne publier une diète et une conférence où il se- put rien faire de bon, parce que les ministres

rait traité de matières religieuses. Et lavé- du ' ' "" ~

rite est qu'avant que l'empereur eût pris ce parti et en eût eu le projet, Farnèse avait fait des instances auprès du pape pour être rappelé, parce qu'il ne voulait pas se donner les dehors d'être en connivence avec l'empereur pour amuser le roi de France dans les négociations touchant la paix [Liv. IV, ch. 10).

51. Que l'évêque de Modène, nonce auprès de Ferdinand , promit publiquement dans la conférence de Worms, au nom du pape la

pape prenaient part aux affaires. Et cependant Soaye lui-même dit que Contarini mit tant de zèle à vouloir procurer un arrangement, qu'à Rome il en fut repris de plusieurs [Ibid.].

57. Que c'est ce qui se passa dans cette diète qui détermina le pape non-seulement à accorder, mais à presser par tous les moyens possibles la célébration du concile. Tandis que le pape, bien avant cette diète, avait diri- . . gé vers le même but tant de nonciatures,

convocation du concile dans une ville plus tant de légations, tant d'instances et tant de convenable que Vicence. Et le nonce dit dépenses, qu'on ne peut raisonnablement seulement que le pape était prêt à le convo- douter de ses intentions (Ibid.). quer dès que cela pourrait agréer à l'empe- 58. Que Contarini ne fut pas bien reçu du reur et à l'Allemagne (^Liv. IV, ch. 12). pape, qui était peu satisfait de sa conduite

52. Le nonce aurait dit, en outre, que le dans sa légation. Et néanmoins àLucques le pape avait permis à l'empereur une sembla- pape même, avant d'entendre sa juslificatiDn, ble conférence, comme un prélude à ce qui l'accueillit très-affectueusement et le récompensa avec la légation de Bologne(I. IV, c. 15).

59. Que les légats du concile partirent do Rome le 26 août, tandis qu'ils ne furent pas députés avant le 16 octobre (Liv. V, ch. 1).

60. Que le pape envoya pour légat m Allemagne l'évêque de Viseu , quoiqu'il fû! peu agréable à l'empereur. Or néanmoins l'empereur n'avait aucune prévention fâcheuse contre ce cardinal, et si sa légation lui déplut, ce fut pour d'autres considérations.

61. Qu'il fut enjoint aux légats de ne procéd r à aucun acte public, tant qu'ils n'auraient pas reçu l'instruction, laquelle leur serait envoyée en temps opportun ; tandis qu'elle leur fut donnée en main propre avant leur départ [Liv. V, ch. 4).

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