‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 365 sur 368 · Que le pape pressait d'aller au concile · texte numérisé non relu

Que le pape pressait d'aller au concile

[Trente-cinq.)

devait être défini dans le concile. Mais, tout au contraire, jamais le nonce ne parla d'une semblable autorisation de la part du pape, et dans son instruction cette conférence était toujours représentée comme contraire au vœu du pape et détestée par lui. Il ne put pas non plus affirmer que ce fût un prélude au concile; car il aurait par là contredit le discours de Granvelle et ses propres paroles, puisque tous les deux ils avaient déclaré que l'on statuerait ensuite sur le tout, soit dans un concile, soit par tout autre moyen dont on serait convenu.

53. Que Vergerio parut à celte conférence pour îe compte du pape , mais avec les dehors d'envoyé du roi de Franco, afin de pouvoir mieux servir la i^ause. El la vérité

CONG. DE Tkentk. 1.

HISTOIRE DU CONClLK DE TKElMR.

particulièrement ceux qui lui étaient dévoués , et sous cette qualification Soave comprend lesitâliens, pleins de partialité,à ce qu'il prétend,pour la cour romaine. Et cependant le pape fit indistinctement les mêmes instances auprès des prélats de toute nation {Ibid.).

63. Que le pape recommanda à ces mêmes prélats, ses dévoués partisans , de ne s'acheminer que lentement vers le lieu du concile ; et au contraire on voit qu'ils y arrivèrent avec une extrême célérité {Ibid,).

64. Que les légats refusèrent une audience publique dans l'Eglise cathédrale aux orateurs de l'empereur, parce qu'ils ne voulaient pas commencer le concile avec si peu de prélats. Mais la véritable raison, celle qu'ilsalléguèrent, fut tout àfaitdifférenle(/6.).

65. Que, comme la fin de l'année approchait, l'empereur donna ordre à Granvelle de se rendre à la diète de Nuremberg, laissant à Trente Mendoza ; et au contraire ils n'arrivèrent l'un et l'autre à Trente qu'après la fin de l'année {Ibid.). i^.

66. Que le pape voulut dissoudre le concile avant que l'empereur fût arrivé en Italie ; et cependant cela n'eut lieu qu'après leur entrevue à Busseto {Ibid.).

67. Que le duc d'Albe, pour justifier l'emî:)ereur de s'être ligué avec un hérétique, le roi d'Angleterre, écrivit au cardinal Farnèse que le pape avait autorisé l'empereur à se servir en Hongrie des protestants, lesquels étaient pires que le roi Henri VIII; V)uisque ce dernier refusait seulement l'obéissance due au chef de l'Eglise , tandis que les luthériens attaquaient un grand nombre de dogmes essentiels à notre foi. Mais en réalité, le duc d'Albe apporta seulement pour excuse que le roi François F' s'était ligué avec le sultan, pire que le roi d'Angleterre pour la croyance, et que cette ligue tendait à la ruine des pays catholiques {Ibid.).

68. Que le bref du pape à l'empereur contre redit de Spire fut signé le 25 août ; et il le fut le ik (Liv. V, ch. 6).

69. Que dans ce bref le pape se plaignait de ce que l'empereur admettait les ignorants à juger des points de religion. Et la plainte porte sur ce qu'il admettait, non les ignorants, mais les laïques {Liv. V, ch. 6).

70. Que la paix entre l'empereur et le roi de France eut lieu le 24 septembre ; et en réalité elle eut lieu le 17 {Liv. V, ch. 7).

71. Que le pape leva la suspension du concile par une bulle publiée le 24 novembre ; et ce fut le 19 de ce mois {Ibid.).

72. Que les deux couronnes s'accordèrent à demander conjointement le concile, et à procurer la réforme de la cour romaine, d'où provenaient tous les troubles. Et cet article ne se trouve point dans leur traité(/6.).

73. Que le pape s'aperçut bien que le le terme fixé par lui dans la bulle était trop rapproché pour que les évêques pussent arriver des pays lointains ; mais qu'il tenait à commencer le concile aves un petit nombre d'Italiens et de courtisans dévoués ; parce que dès le commencement on devait traiter 4u mode de procéder dans le concile , et que

tout dépendait de là. Or tout au contraire , dans la première session , qui ne fut que de pur cérémonial , et qui fut retardée par le pape jusqu'au 13 décembre, afin qu'il s'y trouvât un nombre convenable de prélats étrangers , il y avait un plus grand nombre d'évêques et de théologiens dépendant des princes séculiers , que du pape (ibid.).

74. Que le pape désirant se liguer avec l'empereur, donna commission au nonce de faire dans cette vue des offres opportunes contre les Turcs et les protestants ; et que h nonce s'acquitta avec succès de la commission. Tandis que les choses se passèrent tout différemment, ainsi qu'on peut le voir {Liv. V, ch. 8).

75. Que le pape afin de s'opposer à tout ce que l'empereur mécontent de lui pourrait ordonner ou permettre à son préjudice dans la diète de Worms , résolut d'envoyer directement vers ce prince le cardinal Farnèse , lequel passant par Worms donnerait à ses confidents les ordres opportuns , et se trouverait à portée d'aviser à tous les besoins. Mais les choses se passèrent tout autrement, comme on le voit à l'endroit ciié {Ibid.).

76. Que le pape envoya pour nonce au roi des Romains Fabius Mignanelli, évêque de Grosseto, lequel n'avait pas alors cet évêché.

77. Que cette légation du cardinal Farnèse avait certain but intéressé, et le contraire est démontré {Liv. V, ch.S et 12}.

78. Que la bulle des légats au concile portait qu'il était vrai dans le principe, qu'ils procéderaient toqjours avec le contentement des Pères; mais que cette clause fut ensuite supprimée à la demande des légats, pai'ce qu'ils représentèrent au pape qu'il était préjudiciable que les légats dépendissent ainsi des évêques. Mais cette clause ne fut point supprimée {Liv. Vj ch.9).

79. Que la bulle d'ouverture parvint à Trente avant l'arrivée du cardinal Farnèse , et qu'à son passage, il y porta la confirmation de cette bulle ; et cependant tout cela fut réglé à Rome après le dépari du cardinal {Liv. y, ch. il).

80. Que selon le désir de l'empereur , le légat partit précipitamment de Worms , afin de dissiper les soupçons que les protestants avaient conçus. Et toutefois l'empereur ne visait qu'à effrayer les protestants en laissant transpirer ces projets de guerre négociés entre le pape et lui par l'intermédiaire du légat {Liv. V, ch. 13).

81. Que le cardinal Farnèse cherchait à persuader à l'empereur de consentir à l'investiture de Parme et Plaisance en faveur des Farnèse ; et qu'il apportait des raisons, qui supposaient dans l'empereur l'intention de conserver la possession du duché de Milan. Et tout cela est ouvertement convaincu de faux à Vendroit cité.

82. Que le tribut imposé par Paul III au nouveau duc de Parme et de Plaisance, en reconnaissance du fief, était de huit mille écus, tandis qu'il était de neuf mille ducats de la cliambre {Ibid.).

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