Chapitre IV
Du caractère de l'ordre , de la hiérarchie ecclésiastique et du pouvoir d'ordonner.
Or, parce que dans le sacrement de l'ordre, ainsi que dans le baptême et dans la confirmation , il s'im • prime un caractère qui ne peut être elfacé ni été , c'est avec raison que le saint concile condamne le sentiment de ceux qui soutiennent que les prêtres du nouveau Testament n'ont qu'une puissance borisée à un certain temps; et qu'après avoir été bien et légitimement ordonnés, ils peuvent redevenir laicpies, s'ils cessent d'exercer le ministère de la parole de Dieu. Que si l'on veut encore avancer que tous les chrétiens, sans distinction , sont prêtres du nouveau Testament, ou qu'ils ont tous entre eux une égale puissance spirituelle, c'est, à proprement parler, confondre la hiérarchie ecclésiastique, qui est comparée a une armée rangée en bataille, comme si, contre la doclrine de saint Paul, tous étaient apôtres, tous prophètes, tous évangélistes , tous pasteurs , tous docteurs. C'est pourquoi donc le saint concile déclare que, outre les autres degrés ecclésiastiques, les évêques qui ont succédé à la place des apôtres appartiennent principalement à cet ordre hiérarchique ; qu'ils ont été établis par le Saint-Esprit pour gouverner l'Eglise de Dieu, comme dit le même apôtre ; qu'ils sont supérieurs aux prêtres; et qu'ils coulèrent le sacrement deconlirmation , ordonnent les minisires de l'Eglise , et qu'ils peuvent faire plusieurs autres fondions que les autres d'un ordre inférieur n'ont pas le pouvoir d'exercer. Enseigne et prononce do plus le saint concile que pour la promotion des évêiiues , des prêtres et des autres ordres, le consentement et l intervention , ou Taulorilé, soit du peuple , soit du magistrat , ou de quelque autre puissance séculière que ce soit, ne sont pas tellement nécessaires que sans cela l'ordinalion soil nulle ; mais, au contraire, il prononce que ceux qui, n'étant choisis et établis que par le peuple seulement, ou par quelque autre magistrat ou puissance séculière, s'ingèrent d'exeixer ces ministères; et ceux qui entreprennent d'eux-mêmes témérairement de le faire, ne doivent point être tenus pour de vrais minislres de l'Eglise , mais doivent tous être regardés comme des voleurs et des larrons qui ne sont point entrés par la porte. Voilà ce qu'en général le saint concile a trouve bon de faire entendre aux fidèles chrétiens touchant le sacrement de l'ordre ; et pareillement il a résolu de prononcer condamnation contre tout ce qui est contraire par des canons exprès, suivant qu'ils sont ciaprès conciles, alin que tous, avec l'assistance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, usant de la règle de foi, puissent plus aisément reconnaîlre et conserver k vérité de la créance catholique au milieu des lénèbresj d'un si grand nombre d'erreurs.
^\x eacvement be TDvbve.
CANON I
Si quelqu'un dit que dans le nouveau Testament il n'y a point de sacerdoce visible et extérieur; ou qu'i' n'y a pas une certaine puissance de consacrer et d'of Irir le vrai corps et le vrai sang de Notie-Seigneur, e de remettre et retenir les péchés ; mais que tout S( réduit à la commission et au simple minibtere de pre cher l'Evangile ; ou bien que ceux qui ne prêchent pa: ne sont aucunement prêtres : Qu il soit anatheme.
CANON II
Si quelqu'un dit que outre le sacerdoce il n'y a poin dans l'Eglise catholique d'autres ordres majeurs c mineurs, par lesquels, comme par certains degrés on monte au sacerdoce : Qu'il soit anatheme. CANON m.
Si quelqu'un dit que Tordre ou la sacrée ordinatio
SESSION XXIII
n'est pas véritablement et proprement un sacrement ! institué par Notre- Seigneur Jésus-Christ ; ou que c'est î une invention humaine, imaginée par des gens ignorants des choses ecclésiastiques ; ou bien que ce n'est qu'une certaine forme et manière de choisir des ministres de la parole de Dieu et des sacrements : Qu'il soit anathème.
CANOX IV.
Si quelqu'un dit que le Saint-Esprit n'est pas donné par l'ordination sacrée, et qu'ainsi c'est vainement que les évéques disent : Recevez le Saint-Esprit; on que par la même ordination il ne s'imprime point de caractère ; ou bien que celui qui une fois a été prêtre peut de nouveau devenir laïque : Qu'il soit anathème.
CANON V
Si quelqu'un dit que l'onction sacrée dont use l'Eglise dans la sainte ordination, non seulement n'est pas requise, mais qu'elle doit êire rejetée, et qu'elle est pernicieuse aussi bien que les autres cérémonies de l'ordre : Qu'il soit anatlième.
CANON VI
6i quelqu'un dit que dans l'Eglise catholique il n'y a point de hiérarchie établie par l'ordre de Dieu, laquelle est composée d'évêques, de prêtres et de ministres : Qu'il soit anathème.
CANON VII
^ Si quelqu'un dit que les évêques ne sont pas supérieurs aux prêtres, ou n'ont pas la puissance de conférer laconlirmaiion et les ordres ; ou que celle qu'ils ont leur est commune avec les prêtres ; ou que les ordres qu'ils confèrent sans le consentement ; ou l'intervenlion du peuple ou de la puissance séculière sont nuls'; ou que ceux qui ne sont ni ordonnés ni commis bien et légitimement par la puissance ecclésiastique et canonique, mais qui viennent d'ailleurs, sont pourtant de légitimes ministres de la parole de Dieu et des sacrements : Qu'il suit anatiième. CANON vni.
Si quelqu'un dit que les évêques qui sont choisis par l'autorité du pape ne sont pas vrais et légitimes évêques, mais que c'est une invention humaine : Qu'il soit anathème.
DÉCRET DE RÉFORMATION
Le même saint concile de Trente, poursuivant la matière de la réformalion, a résolu d'ordonner, etor- Jonne pour le présent, ce qui suit;