‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 107 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCXVII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCXVII

matière regardait les hérétiques susmentionnés. Il est donc du moins fort douteux que ces décrets aient été confirmés par Martin V*. »

Le Cardinal Litta ajoute : » Pour finir ce qui a rapport à l'autorité de ces décrets, je demanderai à ceux qui la soutiennent s'ils peuvent nier que depuis la célébratioh du Concile de Constance jusqu'à nos jours, c'estrà-dire, depuis plus de quatre siècles, on ait sans cesse disputé et douté parmi les catholiques sur cette autorité? C*est un fait qu'ils ne pourront nier. Et comment donc peut-on dire que cette autorité n'est pas douteuse? Une condition indispensable aux décrets des Conciles œcuméniques, c'est que leur autorité ne soit pas longtemps révoquée en doute parmi les catholiques. Il peut arriver que les décrets et les définitions des Conciles œcuméniques rencontrent des oppositions, même de la part des catholiques, tant que les faits ne sont pas assez connus, comme cela est arrivé par rapport au cinquième et au septième Concile, et cela peut même être toléré pour quelque temps par une prudente et charitable condescendance; mais, après ce temps, il est indispensable que tous les catholiques se soumettent à leur autorité. Prétendre que ces décrets de Constance sont des décrets d'un Concile œcuménique, et avouer que depuis quatre siècles une grande quantité de catholiques ont douté et doutent encore de leur autorité, ce sont deux choses qui se détruisent réciproquement. n faut que la première soit fausse ou la seconde. Mais la seconde est un fait qu'on ne peut nier, donc la première est fausse*. »

3^ « Mais supposons, dit le Cardinal Gousset, que ces décrets aient été formellement approuvés par le Saint-Siège : il se présente une autre difficulté qui ne pouvait certainement être résolue par une assemblée du clergé, même par tout le clergé de France. Il s'agit de savoir si les décrets de Constance sont pour tous les temps, ou si on doit les restreindre au temps de schisme, c'est-à-dire, au temps où il y aurait, comme à l'époque

i. Lettres sur les quatre Articles dits du clergé de France, lett. 43. 2. Loc, cit.

du Concile de Constance, plusieurs prétendants à la Papauté, sans qu'on pût facilement discerner le vrai Pape. »

Il est évident, par les termes mêmes de ce décret, qu'on peut les entendre comme uniquement portés pour le temps du schisme. Or, si on le peut, on le doit; puisqu'on ne peut les entendre autrement sans se trouver en contradiction avec la doctrine des saints Pères et les décrets les plus authentiques du Saint-Siège et des Conciles, dont le texte n'offre aucune amhiguïté. C'est donc à tort que rassemblée de 1682 a cru devoir jeter une espèce de blâme sur ceux qui ne pensaient pas comme elle, en disant que V Église gallicane rC approuve point le sentiment de ceux qui restreignent au schisme les décrets de la quatrième et de la cinquième session du Concile de Constance.

Mais ce n'est pas à tort que l'on blâme le sentiment de l'assemblée de 1682, au nom du sentiment de toutes les Ëglises de la catholicité K

(26 juin 1869)

Lettre du Souverain Pontife Pie IX à TArchevéque de Malines pour le féliciter de son écrit sur l'infaillibilité et le Concile général.

Plus PP. IX.

Yenerabilis frater, salutem et apostolicam benedictionem.

Gratulamur tibi, yenerabilis frater, quod, sicut alias, sic in nupero opère tuo : De infallibilitate et Concilio generali^ luculenter ostenderis, ita rectam rationem suffragari catholicse iidei, ut non modo pii, sed et ipsi rationalistœ absurda fateri cogantur commenta, quœ ab ipsa dissentiunt. Summopere \erç

1. Conf. Saint Alphonse de Liguori, Vérité de la foi, part. III, chap. ix, § 2, n. 2 {Œuvres dogm., t. II, Casierman, Paris-Tournai) ; Gard. Litta, Lettres sur les quatre Articles; Gard. Gousset, Théologie dogmatique : De V Église, part. III, chap. vu, art. 3.

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