‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 108 sur 536 · LIVRE ni, DOCUMENT GGXIX · texte numérisé non relu

LIVRE ni, DOCUMENT GGXIX

deleclati sumus perspicuitate, qua priacipia a te prolata explicasti ; argumentis, quibus ea asseruisti ; sagacitate et eruditioue, qoa dîsiecisii cavillationes adversas. Qua de re gratias tibi agimtis de oblato nobis volumine; quod certe praBJudîcatis opinionibus discutiendis non parum profuturum esse confidimus. Intérim vero divini favoris auspicem et praecipuse nostrae benevolentiae pignus apostolicam benedictionem tibi, totique diœcesi tuae peramanter impertimus.

DatumRomœapudSanctumPetrum, diexxYijuniiMDGGCLxix. Pontificatus Noslri anno vicesimo quarto.

Plus PP. IX.

(8 juillet 1869)

Lettre de TArchevéque deMalines à un laïque pour démontrer Topportunité d*une définition dogmatique de l'infaillibilité du Saint-Siège.

Monsieur,

En écrivant sur rinfaillibilité du Saint-Siège à Toccasion du prochain Concile, j'ai cru faire chose utile aux gens du monde. Les faits que vous me rapportez, et les choses que vous me dites, me prouvent que je ne me suis pas trompé. Vous êtes chrétien, Monsieur, tout à fait chrétien, c'est-à-dire catholique ; vous avez la foi, et vous savez rendre raison de votre foi, parce que vous en connaissez les inébranlables fondements ; et, cependant, la science positive de la foi et des enseignements de la foi n'ayant jamais été, chez vous, au niveau des autres sciences, vous n'avez eu, jusqu'ici, que des notions imparfaites sur la nature de Tinfaillibilité, sur son évidente nécessité, sur son organe, son objet propre et ses limites. Toutes ces choses qui n'en font qu'une dans le plan divin, vous apparaissent maintenant dans leur majestueux ensemble et leur lumineuse simplicité. Les cinq thèses du chapitre viu, où Tinfaillibilité du Siège apostolique est démontrée, sont nouvelles pour vous,

Monsieur ; mais, croyez-le bien, elles ne contiennent absolument rien de nouveau. Je me suis borné à les rendre accessibles aux esprits les moins familiarisés avec les études théologiques. Les trois premières de ces thèses s'appuient sur TLcriture, sur la Tradition* et sur les définitions de foi qui impliquent Tinfaillibilité. On les rencontre toutes les trois, plus ou moins développées, dans presque tous les ouvrages classiques qui traitent de cette matière. Les deux dernières, la thèse que j'ai appelée du droit, exposée par le génie de de Maistre, et la thèse du fait, si victorieusement formulée par Muzzarelli^ ne sont pas, il est vrai, généralement répandues dans les écoles, mais elles ne peuvent manquer d'y devenir classiques comme les autres. Vous les trouvez toutes irréfutables, et vous êtes, me ditesvous, cinq fois convaincu. Je n'en suis pas surpris : qui quxrit legem, replebitur ab ea : et qui insidiose agit, scandalizabitur in en *. La lumière de la vérité abonde toujours aux yeux de ceux qui la cherchent, et elle ne blesse que les yeux de ceux qui la craignent en feignant de la rechercher.

De votre côté. Monsieur, vous ne serez donc pas surpris non plus, si le théologien le plus autorisé des derniers temps, saint Alphonse de Liguori, appuyé sur les maîtres de la science sacrée, sur les Suarez, par exemple, les Bannez, les Melchior Canus, les Bellarmin, n'a pas craint de dire de cette doctrine de rinfaillibilité que, tout au moins, elle touche à la foi : nostram senteniiam esse saltem fidei proximam ; et que la doctrine contraire paraît tout à fait erronée et touchant à Thérésie : contrariam vero videri omnino erroneam et hœresi proximam *.

Si ces grands hommes et ces saints se contentent de dire de la doctrine de Tinfaillibilité du Chef de l'Église en matière de foi, que, tout au moins^ elle touche à la foi, et de la doctrine opposée, qu'elle leur paraît par conséquent erronée jusqu'à toucher à l'hérésie, c'est uniquement pour ne pas prévenir le jugement de l'Église, selon ces paroles de Melchior Canus :

« A ceux qui demandent si c'est une hérésie d'affirmer que

i. EccL., XXXII, 19.

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