LIVRE III, DOCUMENT CCXXIII
autant qa'insensé qu'on s'efforce d'accomplir entre TÉglise, qui est notre Mère selon Télernité, et la société du xix® siècle, dont nons sommes les fils selon le temps, et envers qui nous avons aussi des devoirs et des tendresses.
Je proteste contre cette opposition plus radicale et plus effrayante encore avec la nature humaine, atteinte et révoltée par ces faux docteurs dans ses aspirations les plus indestructibles et les plus saintes. Je proteste par-dessus tout contre la perversion sacrilège de TÉvangile du Fils de Dieu lui-même, dont Tesprit et la lettre sont également foulés aux pieds par le pharisalsme de la loi nouvelle.
Ma conviction la plus profonde est que si la France en particulier, elles races latines en général, sont livrées à Fanarchie sociale^ morale et religieuse, la cause principale en est non pas sans doute dans le Catholicisme lui-même, mais dans la manière dont le Catholicisme est depuis longtemps compris et pratiqué.
J'en appelle au Concile, qui va se réunir pour chercher des remèdes à l'excès de nos maux, et pour les appliquer avec autant de force que de douceur. Mais si des craintes, que je ne veux point partager, venaient à se réaliser, si l'auguste Assemblée n'avait pas plus de liberté dans ses délibérations qu'elle n'en a déjà dans sa préparation, si, en un mot, elle était privée des caractères essentiels à un Concile œcuménique, je crierais vers Dieu et vers les hommes pour en réclamer un autre véritablement réuni dans le Saint-Esprit, non dans l'esprit des partis, représentant réellement TÉglise universelle, non le silence des uns et l'oppression des autres. « Je souffre cruellement à cause de la souffrance de la fille de mon peuple ; je pousse des cris de douleur, et l'épouvante m'a saisi. N'est-il plus de baume en Galaad? et n'y a-t-il plus là de médecin? Pourquoi donc n'est-elle pas fermée la blessure de la fille de mon peuple? » (Jérémie, viii.)
Et enfin, j'en appelle à votre tribunal, ô Seigneur Jésus ! Ad tuvm^ Domine Jesu, tribunal appello. C'est en votre présence que j'écris ces lignes : c'est à vos pieds, après avoir beaucoup prié, beaucoup réfléchi, beaucoup souffert, beaucoup attendu.
que je les signe. J'en ai la confiaace; si les amoent sur la terre, vous les approuverez dans •aïRi pour vivre et pour mourir.
Fr. HyAciNTUE, parieur des carmes déchausse's de Paris, léfiniteur de tordre dam la province d'Avignon. 20 septembre I8C0.
(26 septembre 1869)
des carme» r^pood au P. Hyacinthe. Il lui eiprime avant iileurque lui a causée la leltre qu'il vient de recevoir. DaDS 1 il lui fait voir ses torts el lui démontre l'injustice de tta cinibe ne doit pas ignorer qu'il a encouru les censures ec* il est sous le coup des peines les plus graves s'il ne regagne ns un délai fiié. Qu'il écoute la voix de sod supérieur et le
Borne, 26 septembre i86d.
vérend Père,
lier, 25 septembre, que m'est parvenue votre 20 courant. Vous vous figurerez sans peine k l'a afQîgé et de quelle amertume elle a rempli i loin de m'attendre de votre part à une chute lUssi mon cœur saigne-t-îl de douleur, et, est-ce nse pitié pour vous, que j'élève mes humbles '3 le Dieu de toute miséricorde, afin qu'il vous is pardonne et qu'il vous fasse sortir au plus plorable et fatale où vous vous êtes engagé, k^rai, mon révérend Père, que, depuis cinq les opinions personnelles, en général contraires ien des questions religieuses, comme je vous i d'une fois; malgré les avis que je vous ai urs reprises relativement à vos prédications,
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et dont, si Ton en excepte toutefois votre station de carême à Rome, vous n'avez tenu qu'un fort médiocre compte ; tant que voas n'êtes pas ouvertement sorti des limites imposées par la prudence chrétienne à un prêlre, et surtout à un religieux, je vous ai toujours témoigné mes sentiments d'estime et d'amitié, et je vous ai encouragé dans vos prédications. Bdais si cela est vrai, il est vrai aussi qoe, du moment où je m'aperçus que vous commenciez à franchir ces limites, je dus commencer, de mon cAlé, à vous exprimer mes craintes et à vous témoigner mon mécontentement.
Vous devez vous rappeler, moQ révérend Père, que je l'ai fait notamment l'année dernière, vers te mois d'octobre, lors démon passage par la France, à l'occasion de laleltre que voua aviez adressée à un club de Paris. Je vous fis connalti-e alors combien cette lettre m'était désagréable.
Vos lettres, publiées eu Italie, me furent également fort pénibles, et vous attirèrent aussi des observations et des reproches de ma part, lors de votre dernier voyage k Rome.
Enfin, votre présence et surtout votre discours à ta Ligue de la paix mirent le comble à mes appréhensions et à ma douleur, et me forcèrent à vous écrire la lettre du 22 juillet dernier, par laquelle je voua ordonnais formellement de ne plus faire imprimer à l'avenir aucune lettre ni aucun discours, de ne plus prendre désormais la parole en dehors des églises, de vous abstenir do vous présenter aux chambres, de prendre part à la Ligue de la paix ou à toute autre réunion dont le but ne serait pas exclusivement catholique et religieux.
Ma défense, comme vous le voyez, ne s'adressait pas le moins du monde à vos prédications dans la chaire sacrée. C'est, au contraire, à cette chaire de vérité que je désirais vous voir consacrer eulièrement et uniquement votre talent et votre éloquence.
Aussi est-ce avec une pénible surprise que j'ai lu dans votre lettre que ; avec une parole faussée par un moi d'ordre ou mutilée par des réticences, vous ne sauriez remonter dans la chaire de Notre-Dame.