LIVRE m, DOCUMENT CCXXV
et pour vous sauver. Aujourd'hui, il faut que je pense aussi aax intérêts et à l'honneur de notre saint ordre, que vous compromettez à votre insu.
Vous m'écriviez de Paris, le 19 novembre 1868 : « J'évite de mêler à ces sortes de choses le couvent de Paris et l'ordre du Carmel. » Laiasez-moi vous dire, mon cher Père, que c'est là une illusion. Vous êtes religieux et lié par des vœux solennels à vos supérieurs. Nous avons à répondre de vous devant Dieu et devant les hommes, et, par conséquent, à prendre des mesures à voire égard, comme à l'égard des autres religieux, quand votre manière d'agir peut porter préjudice à votre Ame et à notre ordre.
Déjà en France, eu Belgique, ici même, des Évêques, le clergé, les fidèles blâment les supérieurs de noire ordre de ce qu'ils ne prennent point certaines mesures à votre égard, et de là ils concluent que, dans notre congrégation, il n'y a pas d'autorité, ou que l'autorité partage vos opinions et voire manière de faire. Je ae me repens pas certainement de la conduite que j'ai observée jusqu'à présent à votre égard; mais les choses en sont arrivées à un tel point que je compromettrais ma conscience et l'ordre entier si je ne prenais pas là-dessus des mesures plus efficaces que par le passé.
Considérez donc, cher et révérend Père, que vous êtes religieux, que vous avez fait des vœux solennels, et que, par celui d'obéissance, vous êtes lié à vos supérieurs réguliers par un lien autrement fort que celui qui attache le simple prêtre à son Ëvêque. Je ne puis donc plus tolérer que vous continuiez à compromettre l'ordre entier par vos discours ou par vos écrits, comme je ne puis plus tolérer non plus que notre saint habit comparaisse dans des réunions qui ne seraient pas en harmonie avec notre profession de carmes déchaussés.
Donc, dans l'intérêt de votre âme et de notre saint ordre, je vous ordonne formellement, parla présente, de ne plus faire imprimer soit lettre, soit discours, de ne plus prendre la parole en dehors des églises, de ne plus vous présenter aux chambres et de ne plus intervenir à la Ligue de la paix comme à toute