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et d'obéissance, imposé par le strict devoir : ce qui ne le rend ni moins méritoire, ni moins g:lorieuz et moins doux.
Or, notre départ devant forcément précéder la date de l'anaiversaire de notre consécration, nous n'avons pas cru devoir renoncer à cette fête si douce, à cette fèLe annuelle, qui est moins la nôtre que celle de toute la famille sacerdotale et lévitique groupée autour de nous. Son anticipation même, dans ie cas présent, nous a paru marquée du sceau de l'opportunité.
II. n est vrai, la grâce principale de l'épiscopat résulte de l'ordination sacrée. Le jour de cette ordination est appelé, avec raison, « le jour natal de l'Évêque ». Pour créer le Pontife, pour l'investir du- caractère divin, il faut la puissance d'engendrement qui opère par la vertu du chrême et par l'imposition des mains. La transmission de l'ordre et des pouvoirs dont l'ordre est la racine, ne s'effectue que par ce mystère de grâce. Et comme la gr&ce émane exclusivement de Dieu, l'anniversaire du sacre épiscopal est la commémoraison de ce qu'il y a de plus élevé dans le sacerdoce, de ce qui découle directement et immédiatement du sein de l'adorable Trinité. L'Ëvéque, en ce jour-là, célèbre le don surémiaeat de l'ordre et du caractère imprimé dans son &me par le doigt de l'Ësprit- Saint; à l'exemple du disciple bien-aimé, il pose en quelque sorte sa tête sur la poitrine du Prêtre souverain qui, l'ayant fait entrer eu partage de son sacerdoce suprême, daigne l'bonorer de ses plus bautes prérogatives, de ses tendresses et de ses confidences les plus intimes. Les c6tés les plus divins du Pontiâcat sont mis en relief dans cette solennité.
Mais si le jour de la consécration de l'Ëvèque l'emporte en dignité et en excellence, celui de son élection, qui en est le prélude nécessaire, tient le premier rang dans l'ordre des faits.
Ce que la conception est h la naissance, on peut dire que l'élecUon Testa la consécration. Nul n'est légitimement susceptible de recevoir le caractère divin de l'épiscopat, s'il n'a été régulièrement désigné à l'imposition des mains qui le confère.
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Or, ni le choix de tel ou tel homme, ni la missioa vers telle ou telle portion du troupeau, ne procèdent directement de Dieu. -La détermination de la personne aussi bien que du territoire appartient essentiellement au Vicaire de Jésus-Christ, au sucseaseur du Prince des Âp6trcs. Nulle institution canonique n'est valable que par lui ou moyennant son assentiment. Et il faut plaindre ces écrivaias & idées préconçues, qui, pour le triomphe d'une opinion dépourvue de consistance, se livrant au travail le plus triste et le plus ingrat, s'en vont chercher, en dehors des grands patriarcats fondés par l'autorité de saiot Pierre, quelques métropoles inférieures dans lesquelles le pouvoir d'institution épiscopale aurait existé à c6té des Pontifes romains, en dehors d'eus et de leur consentement, quoique pourtant, ajoute-t-on, sous leur dépendance.
Des allégations si incohérentes et si gratuites pourraientelles jamais infirmer le témoignage de toute la tradition, qui nous dit, par les g-raads docteurs de l'Orient comme de l'Occident, <( que pour le précieux avaatage de l'unité, Pierre a dû Être mis au-dessus de tous les Apôtres, et que seul il a reçu les clefs du royaume des cieux, pour être communiquées ensuite aux autres » ? C'est le langage de saint Optât de Milève, auquel saint Grégoire de Nysse fait écho en répétant que n c'est par Pierre que Jésus-Christ a donné aus Ëvëques la clef des biens célestes. » Et quelles paroles plus décisives que celles de saint Léon le Grand : « Si Jésus-Christ a voulu que les autres princes de l'Ëghse eussent quelque chose de commun avec Pierre, c'est uniquement par lui qu'il leur a donné ce qu'il ne leur a pas refusé. En voulant que le ministère évangélique s'étendit à tous les Apôtres, il a commencé par le placer principalement dans Pierre, chef de tous les Apôtres, de manière que les dons divins se sont répandus sur tout le corps en découlant de Pierre qui en est comme la tête. » Voilà la vérité, contre laquelle ne prévaudront ni les sophistications de l'histoire, ni les misérables subtilités d'un faux nationalisme.
Pour nous, vénérables frères et très chers fils, en remémorant l'acte par lequel Pie IX nous constituait, il y a aujour-
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d'hui ving;t ans, pasteur de celte Église de Poitiers, noua sommes heureux de confesser et de proclamer la dérivation apostolique ' de nos pouvoirs. Sans jamais méconnaître la dignité incomparable que Jésus-Christ nous a lui-même conférée au jour où nous avons été intérieurement revêtu du caractère sacré de l'épîscopat, nous n'hésitons pas à faire remonter plus loin l'origine de notre paternité spirituelle envers vous. Dès que Pierre eut parlé peir la bouche de Pie IX, en cette date du 28 septembre, nous devînmes l'époux de l'Église de Poitiers et le père de vos âmes. Tous les titres et les pouvoirs séparables de l'ordination nous furent communiqués dès cet instant, ainsi que le droit à l'ordination même et aux pouvoirs qui en procèdent. S'il eût plu à Dieu de nous rappeler à lui avant que le mystère de noire consécration ne fût accompli, nous n'en eussions pas moins figuré dans la série des vrais et légitimes Ëvêques de cette Église. Comme aussi, Je Pontife romain, toujours juste et modéré dans l'usage de sa puissance, briserait aujourd'hui le lien qui nous unit à vous, qu'à l'instant nous serions privé, non seulement des pouvoirs qui ne sont pas essentiellement conjoints à l'ordre, mais de ceux même qui, ayant leur racine dans Tordre, relèvent néanmoins, quant à leur exercice, de l'autorité du suprême Hiérarque. Voilà le principe incontestable. Qu'on discute après cela sur l'origine médiate ou immédiate de la juridiction et de la puissance épiscopale : la querelle est dans les mots plus que dans les choses. II est également certain que la source première de l'épiscopat est en Jésus-Christ, et que l'épiscopat ne coule de cette source qu'en passant par le canal du Pontife romain. Encore une fois donc, solenniser l'anniversaire de notre institution canonique, c'est fêter l'acte qui nous a donné à cette Église et qui nous maintient à la tète de ce troupeau.
III. Par là même, mes vénérables frères et mes très chers fils, c'est reconnaître et proclamer noire dépendance et noire subordination envers l'Église romaine, mère et maîtresse de toutes les Églises, comme notre obéissance et notre soumission
à l'autorité doctrinale et législative de l'Évêque de Rome, qui est, dans un sens très vrai, l'Évèquede l'Église universelle, (ci encore, écartons les vaines disputes, et attachons-uous à la tradition g:énérale, à la croyance moralement unanime de la grande famille chrétienne.
En lête des avertissements que le consécrateur donne à l'Évêque élu, se trouve celui-ci : Episcopum oportet Judicare '. S'il est donc quelque chose d'avéré et d'établi, c'est que l'Évêque est constitué juge dans l'ordre spirituel, par conséquent juge des choses de la foi et de la morale chrétienne. Ceci est placé en dehors et au-dessus de toute controverse.
Mais le même Prélat consécrateur, avant de procéder à la fonction auguste dont il est chargé, a exigé de l'élu un serment; et, dans ce serment, celui-ci s'est engagé à recevoir, à respecter et à observer les constitutions et les décrets du Siège apostolique *.
Or, c'est la compatibilité entre l'observation de ce serment et l'exercice de la judicature, que ceux du dehors nous objectent comme impossible, et quelques-uns des nôtres croient ne la pouvoir établir qu'en subordonnant les décisions doctrinales des Papes au libre jugement des Évèques.
Est-il donc besoin de suer sur plus de deux fois cinq cents pages pour parvenir à accorder ces deux choses? Et l'Évêque est-il dans l'alternative ou de quitter son siège déjuge, ou de traduire à son tribunal le juge suprême?
Et d'abord si Bossuet a pu dire des Évèques que, >< pasteurs à l'égard des peuples, ils sont brebis à l'égard de Pierre * », pourquoi ne dirai-je pas qu'exerçant le jugement envers les peuples, ils sont soumis eux-mêmes au jugement de celui que Jésus-Christ a chargé de confirmer ses frères? Est-ce que le juge subordonné perd pour cela sa qualité de juge? Mais disons mieux.
Est-ce qu'il n'a pas été cent fois établi que les Ëvêqnes,
\. Poniif. Roman.,' De consecrat. electi inepisc. ■