‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 133 sur 536 · LIVRE tll, DOCUMENT CGXXXI · texte numérisé non relu

LIVRE tll, DOCUMENT CGXXXI

dispersés sur leurs sièges, font l'office de juges en première instance quand ils parlent avant le Pape ? Première façon pour eux d'accomplir leur mission : Eptscopum oportet judicare. Est-ce qu'il n'est pas reconnu que le jugement des Kvèques, assemblés en Concile sous l'autorité du Chef de l'Église qui a soumis une question à leur examen et à leur délibération, est un jugement souverain et irréfragable, dès là qu'il est accepté du Pontife romain, avec lequel ils exercent conjointement, dans ce cas, la judicature suprême ? Deuxième façon d'exercer leur emploi : Eptscopum oportet judicare . Enfin, si le Pontife et Juge suprême, par un droit et souvent par une nécessité que personne ne conteste, a été dans le cas de rendre sa sentence solennelle, de promulguer sa constitution décrétale avant le CoQcile et en dehors du Concile, est-ce qu'il n'a pas été sur* abondamment expliqué par nos théologiens et par nos Ëvèques français comme par ceux des autres nations, en particulier par l'immortel Archevêque de Cambrai, que les Évêques alors, soit assemblés, soit dispersés, encore qu'ils ne prétendent aucunement exercer sur la décision pontificale une autorité ni supériorité juridique, s'y unissent cependant par un jugement d'adhésion, d'adhésion même raisonnée et motivée, qui associe réellement leur puissance judiciaire à la puissance du Chef de l'Église : ce qui constitue un jugement non pas plus certain, mais « plus plénier » , comme parle saint Léon : Plemore judicio et plus propre à triompher des résistances de l'erreur? Troisième façon pour les Évêques de remplir la fonction qui leur a été dévolue : Eptscopum oportet judicare.

Et qu'on n'allègue point que, dans ce dernier cas, la fonction de juger cesse d'être sérieuse, parce qu'elle ne s'exerce pas librement. L'indépendance du juge a-t-elle jamais consisté h pouvoir juger contre la justice et contre la loi? Autant vaudrait soutenir que te jugement de l'Église n'est pas libre, si en interprétant l'Écriture, par exemple le texte : Hoc est corpus meum, elle ne se reconnaît pas le droit de prononcer que ce texte signifie : Ceci représente mon corps. La faculté matérielle d'interpréter ainsi, celui des juges qui en userait serai.

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