LIVRE [II, DOCUMENT CCXXXI
de mes frères que cet oracle va recevoir une valeur d'infaillibilité qu'il ne tiendrait pas de la promesse et de l'assistance divine !
Assurément, notre glorieux Hilaire nel'enlendait pas ainsi, quand il proclamait qu'en vertu de l'institution du Christ, « le jugement terrestre de Pierre est d'avance autorisé dans le ciel » , et que « ses actes d'ici-bas possèdent incontinent la condition de chose jugée là-haut » ; Cujus terrestre judicium prxjudicata atictoritas sit in cœlo; ut quse in terris aut ligata sint attt sohtta slalutï ejusdem conditionem obtîneant et in cœlo *.
0 Pierre, la sentence doctrinale proférée du haut de votre Chaire sera toujours accueillie de moi comme une règle de ma croyance. En cela, je serai lîdéle aux vrais sentiments de la France chrétienne, comme à ceux du reste de la chrétienté.
Je l'ai appris de la tradition de l'Église qui m'a donné le jour : « Aller à l'encontre des jugements et des constitutions du Siège apostolique, disait Ives de Chartres, c'est encourir inévitablement la note de perversité hérétique; car il est écrit : // eonsie que celui-là est hérétique qui n'est pas d'accord avec F Église romaine '. »
L'un des successeurs de ce Pontife, Pierre de Celles, n'a pas parlé moins péremptoirement, quand il a dit : « Il a toujours été et il sera toujours permis à la sainte Épouse du Christ, qui chemine sur la terre, de trouver dans le fonds immuable de la vérité révélée de nouveaux remèdes jt des maux nouveaux, et de rendre de nouveaux décrets selon les besoins changeants des choses, des personnes et des temps. Mais l'or ne se forme pas en tout lieu, et la terre a ses veines choisies qui produisent l'argent. Celte mine, c'est la Chaire de Pierre, c'est la Cour romaiue, celle qui tient avec une autorité principale les clefs du ciel. Plût à Dieu que, pour la garantie de la vérité (il s'agit d'un