‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 149 sur 536 · LIVRE ni, DOCUMENT GCXXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE ni, DOCUMENT GCXXXIII

des cultes était accordée, il ne resterait qu'une Église, celle qui est la source, le guide et le gardien de la liberté de la foi. Pour manifester cela au monde, le Chef divin deTËglise semble régler ses destinées de manière que les deux principaux sièges de sa puissance et de son expansion soient Tempire britannique et les États-Unis.

Dans ces deux vastes sphères, d'une intense activité intellectuelle et d'une véhémente énergie de volonté, un Épiscopat de cent soixante-dix Évêques gouverne les églises missionnaires les plus unies, les plus vigoureuses et les plus fécondes que l'on puisse trouver dans le monde entier. Je ne sais pas ce qu'on a pensé de l'assemblée des Prélats anglicans d'Angleterre et des Étals-Unis il y a deux ans. En dehors comme en dedans de leurs troupeaux, on a pu y trouver matière à critique. Pour moi, c'a été un sujet d'espérance. C'était une preuve explicite de ce désir d'unité qui travaille dans tous les sens. Ils désiraient sans doute renfermer cette unité dans leur propre système, mais ils ont senti que l'étendue insulaire de l'Angleterre n'était pas suffisante. Us ont invité l'Amérique et les colonies à y prendre part. Cela seul prouvait un désir plus vaste et une aspiration plus élevée qu'une telle assemblée ne pouvait satisfaire. Elle a donné une grande impulsion à ceux qui priaient pour la réunion. Ils n'ont pas craint de déclarer que l'Amérique et l'Australie étaient insuffisantes sans l'Europe catholique, et que même Constantinople n'était pas assez sans Rome. Ces idées ont été répandues au dehors ; et partout où elles se sont produites, elles ont infusé dans les cœurs de milliers de personnes en Angleterre et ailleurs, et dans toute la communion anglicane, des désirs et des prières que rien ne peut éteindre, rien ne peut arrêter. Ils travailleront en silence avec une puissance qui ne vient pas de l'homme seulement, préparant une époque oii ceux qui sont séparés de la seule unité de fondation divine seront absorbés d'une façon irrésistible par sa puissance surnaturelle et par sa grâce.

n est, dès lors, certain qu'en Angleterre la convocation d'un Concile général est arrivée à un moment oti les esprits y

étaient spécialement préparés. Lors même qu'ils seraient restés silencieux, ce silence n'eût pas été celui de Tindifférence. Mais il n'y a pas eu silence. En public comme en particulier, en paroles comme par écrits, il s'est manifesté un intérêt sérieux et respectueux.

Mais, dans ce pays, l'intérêt que Ton porte au Concile regarde principalement, sinon tout à fait, la religion. En France, outre la religion, le principal intérêt vient peut-être de ses rapports avec la politique. Les débats du corps législatif, au mois de juillet. Tannée dernière, montrent que les esprits, non seulement des catholiques, mais encore des politiques, sont profondément émus par anticipation des futurs décrets du Concile. Dans un moment de hâte et de précipitation, quelques écrivains et politiques français ont interprété les condamnations renfermées dans le Syllabus, comme une condamnation des principes de 1789. C'est assez pour soulever un violent orage. Mais est-il bien d'accepter et de nous faire croire à nous, qui sommes à distance, que les principes de 1789 sont tels que la théologie et la morale de l'Église chrétienne doivent les condamner? Nous désirerions croire, si la chose était possible, que ces principes, même en portant les marques d'une période d'agitation plutôt que celles d'une pensée calme et mesurée, sont néanmoins, d'une manière quelconque, conciliables avec les grandes lois de moralité politique qui se trouvent à la base de toute société humaine et sont consacrés par la sanction du monde chrétien. Je serais fâché de croire que sur l'ordre politique du grand peuple français se trouve imprimé d'une manière indélébile quelque chose qui soit en désaccord avec le système intellectuel et moral de l'Église catholique.

En touchant à ce point si cher à cette illustre nation, comme plus loin en abordant de nouveau un autre sujet relatif à l'histoire de 1682, j'éviterai autant que possible de parler moimême, de crainte de faire, sans le vouloir, ce qu'un écrivain français m'a dernièrement reproché à tort, je crois, c'est-àdire de blesser, si légèrement que ce soit, la dignité de la France. Dans les deux cas, j'emprunterai les paroles des fils

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