LIVRE III, DOCUMENT CCXXXIII
« Celui qui croit ne sera point confondu. » (Isaie, xxvin, 16.) Dans cette disposition d'esprit et avec cette soumission de volonté, je puis maintenant aborder le point principal de la lettre pastorale que je vous ai adressée, il y a deux ans, sur le centenaire de saint Pierre ; j'essayerai, en le faisant, de vous mettre sous les yeux les arguments, hvic inde, de chaque côté. On nous a dit souvent, depuis quelque temps, qu'un sujet pouvant être défini par le Concile sera Tinfaillibilité du Pape. Ceux qui nous le disent sont principalement ceux qui, en dehors de Tunité de TËglise, croient cette doctrine fausse; et ils s'appuient sur des assertions venant, disent-ils, de catholiques peu nombreux ne croyant pas à la vérité de cette doctrine, ou de catholiques qui, croyant à la vérité de la doctrine, ne pensent pas que le moment de la définir soit opportun.
Nous n'avons rien à voir avec ceux qui sont en dehors. Nous ne nous occuperons pas maintenant de la poignée de catholiques qui ne croient pas à l'infaillibilité du Vicaire de Jésus-Christ parlant ex cathedra. Mais l'opinion de ceux qui, croyant à la vérité de la doctrine, jugent sa définition inopportune, mérite un examen complet et attentif. Nous allons essayer de le faire, pour préparer les cœurs à accepter ce que va décider l'autorité suprême de rÉglise.
Une fois pour toutes, répétons que nous n'allons pas peser les raisons pour ou contre la vérité de cette proposition, « que le Vicaire de Jésus-Christ, parlant e-z: cathedra sur des sujets de foi ou de morale, ne peut errer » ; mais l'admettant pour très vraie, nous devons examiner s'il est opportun, c'est-à-dire à propos, prudent et expédient, de la définir.