LIVRE 111, DOCUMENT CGXXXIII. Î
sentiment des fidèles. Que la vérité se déclare dans quelque sens que ce soit. La vérité engendre l'uniou et la paix ; le doute engendre de secrètes antipathies, des discussions et des erreurs. Nous vivons à une époque et dans un pays où les calhoHques sont forcés d'entendre, et, sinon de lire, au moins de savoir ce qne l'opinion publique et la presse d'un peuple anticatholique peut dire contre la foi et l'Église. Ils entendent dire que leurs pasteurs sont des ultramontains exagérés et extrêmes, qu'ils sont imbus de parti pris, ignorants, superficiels, sans notions d'histoire, faux dans leurs raisonnements. Ils l'entendent peutêtre et en soutTreat, mais il en reste quelque chose. Il en résulte des doutes et des craintes. Ils se disent en eux-mêmes : « Peutêtre, après tout, il y a quelque chose de vrai. S'il n'y avait rien, le dirait-on si souvent et avec autant de confiance? Il n'y a pas de fumée sans feu. «
Quelques catholiques aussi, Dieu sait pour quel motif, ont ajouté à ce scandale, partie en écrivant sous leur signature, partie par des articles anonymes dans les journaux et les revues des protestants. Tout cela expirerait, comme la fumée quand l'àlre est froid, s'il y avait une déclaration de la vérité venant de l'autorité. Jusque-là, ceux qui, vis-à-vis de toutes sortes d'imputations malveillantes et de critiques impertinentes, défendent ce que les écoles théologiques de toute l'Ëglise, sous la sanction directe du Saint-Siège, ont appris et enseigné dans tous les pays catholiques, doivent patiemment supporter la critique pétulante et prétentieuse des esprits anticatholiques, aidés malheureusement par quelques-uns qui portent au moins le nom de catholiques. Ils ne craindront pas de la supporter pour l'amour de la vérité, pas plus qu'ils ne craindront le mépris pour eux-mêmes ; mais ils seront continuellement tristes en voyant le scandale des faibles, les obstacles apportés à la vérité, la perversion des esprits, l'aliénation des cœurs, l'esprit de parti, la méfiance entre frères, et, le pire de tout, la méfiance des troupeaux à l'égard de leurs pasteurs, causés par ces animosités et ces infidélités.