‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 170 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT GCXXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT GCXXXIII

giques de l'Église française ; une théologie royale aussi soudainement développée que les trente-neuf articles, affirmée seulement par un petit nombre des Evêques français et rejetée par les autres ; condamnée successivement par trois Pontifes ; déclarée erronée par les Universités de Louvain et de Douai ; rétractée par les Évoques de France, condamnée par TEspagne, la Hongrie et les autres pays, et condamnée en outre par la bulle Auclorem /idei. » [Cejitenaire de saint Pierre^ p. 41.)

Le chapitre suivant montrera si j'avais le droit de parler ainsi; car, dans ce chapitre, je vais donner une esquisse de Thistoire de la doctrine de Finfaillibilité du Pontife romain, et, ce faisant, les témoignages qui se produiront seront, je Fespère, suffisants pour justifier les assertions contenues dans la citation que je viens de faire.

On peut résumer ainsi ce qui va en résulter.

I. Le gallicanisme n'a aucun appui dans la pratique ou la tradition doctrinale de TÉglise, soit en France, soit ailleurs, dans les mille ans qui ont précédé le Concile de Constance.

II. On trouve les premières traces du gallicanisme vers Tépoque de ce Concile.

III. Après le Concile de Constance, elles avaient rapidement et presque complètement disparu de la théologie de TÉglise de France jusqu'à leur résurrection en 1682.

lY. Les articles de 1682 ont été conçus par les jansénistes et adoptés par des moyens politiques et oppressifs, contraires aux sentiments de l'Église de France.

Y. Les facultés de théologie de la Sorhonne et de la France en général ont noblement résisté et refusé de les enseigner.

Je suis d'autant plus jaloux de rendre ce témoignage à rÉglise de France et à la Sorhonne, que je ne savais pas com-* plètement, avant d'avoir lu le témoignage puhlié cette année par M. Gérin, avec quelle nohlesse cette illustre Église avait lutté contre les articles de 1682.

IIÏ. Tradition de l'infaillibilité du Pontife HOMàiN.

Nous avous brièvement énuméré les raisons données pour ou contre la définition de l'infaillibilité du Pontife parlant ex cathedra. Afin d'exclure toute ambiguïté et toute incertitude quant aux limites et à l'extension de la doctrine de l'infaillibililé du Pontife parlant ex cathedra, telle qu'elle est exposée par moi dans cette pastorale et comme la comprennent ceux que je sais croire en elle comme à une vérité révélée, je veux, une fois pour toutes, établir les diverses opinions mises en avant contre elle et pour sa défense. On ne peut trouver une meilleure analyse que celle de Bellarmin, que je me bornerai à traduire. Après avoir dit que le Pontife peut être considéré de quatre manières : 1" comme une personne ordinaire; 2° comme docteur particulier ; 3' comme Pontife seul avec ses conseillers ; i<* comme Pontife avec un Concile général, Bellarmin ajoute :

« 1 . Les catholiques et les hérétiques s'accordent sur deux points; le premier, que le Pontife, même comme Pontife avec ses conseillers, ou même avec un Concile général, peut errer dans des controverses sur des faits particuliers, dépendant principalement de l'information ou du témoignage des hommes ; le second, que le Pontife, comme docteur particulier, peut errer même dans des questions de foi et de morale, et cela par ignorance, comme il arrive parfois à d'autres docteurs.

« 2. Tous les catholiques s'accordent sur deux autres points. Premièrement, que le Pontife avec un Concile général ne peut errer dans la rédaction des décrets de foi ou des préceptes généraux de morale. Secondement, que le Pontife seul, ou avec son conseil, privé, qu'il puisse errer ou non en donnant sa décision sur une matière douteuse, doit être écouté avec obéissance par tous les fidèles.

« Ces points ainsi réglés, il ne reste que quatre opinions.

« La première est que le Pontife, comme Pontife, tout en définissant une doctrine avec un Concile général, peut être

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