LIVRE III, DOCUMENT GCXXXIII
lique, OU du successeur de l'Apôtre, ou de la voix de Pierre, encore enseignant par son successeur sur son Siège.
La praxis de FÉglise, c'est-à-dire sa manière de procéder, immémoriale, universelle et invariable dans la déclaration de la foi et la condamnation de l'erreur, implique et demande toujours pour son motif la stabilité de la foi dans le Siège romain, et dans presque tous les cas elle se déclare explicitement. Cette période s'étend depuis le commencement jusqu'à l'époque précédant immédiatement le Concile de Constance. La seconde période est comme précédemment une période de discussion et d'analyse, dans laquelle Occam, Jean de Paris, Marsilius de Padoue, Nicolas de Clemangis, Gerson, Pierre d'Ailly et autres moins connus commencent à distinguer et à nier ce qu'ils avaient toujours jusqu'alors cru implicitement ou explicitement. Ce qu'ils commencèrent en France fut ensuite poussé par la jalousie des parlements, des jurisconsultes et des jansénistes. La déclaration de 4682 n'est rien autre qu'un raffinemen moderne de la même doctrine, rude et sans ordre au commencement, et ensuite réduite eu système.
Il faut se rappeler que les articles de 1682, niant l'infaillibilité du Pape, n'affirment point la faillibilité de l'Église et du Siège de Rome. La distinction interSedemet m eaSedentem est maintenue avec soin, même par les gallicans. L'instinct leur dit que nier l'infaillibilité du Siège romain serait nier l'infaillibilité de l'Église et sortir de la. praxis de l'Église pendant les seize premiers siècles.
On peut dire que la troisième période commence à 1682, époque où le démenti de l'infaillibilité du Pontife romain a été pour la première fois énoncé en formule. Il ouvre la période de définition. La lutte entre ceux qui, reconnaissant la Nativité immaculée, ne voulaient pas admettre l'Immaculée Conception et ceux qui soutenaient l'une et l'autre ; cette lutte a conduit à une analyse plus serrée et plus scientifique, qui a amené deux résultats : premièrement, le rejet de la première opinion comme insuffisante et erronée, et, secondement, la définition de l'Immaculée Conception.
De même, la lutte avec ceux qui soutiennent rinfaillibilité de rËg-lise en rejetant Tinfaillibilité du Pontife romain a déjà provoqué une analyse de la divine certitude de la foi et de Tordre divin, par lequel la foi est maintenue et propagée dans le monde.
De là suivront au moment opportun, nous ne pouvons dire si ce sera maintenant ou plus tard, deux conséquences : premièrement Télimination de la doctrine de 1682 comme insuffisante et erronée, et secondement une définition de Tinfaillibilité deTÉglise comprise dans sa, praxis immémoriale et universelle, dont la stabilité de la foi de Pierre dans son Siège et dans son successeur est une condition première et nécessaire. Il en sera de rinfaillibilité de TËglise et de son Chef comme de l'histoire de rimmaculée Conception, où une série de défenses pontificales a rendu de moins en moins probable et soutenable la doctrine opposée, jusqu'à faire prévaloir et définir solennellement la première.
Premièrement, en 1479, la proposition « que TÉglise de la ville de Rome pouvait errer », a été condamnée dans Pierre de Osma comme hérétique par FArchevêque de Tolède, et cette condamnation a été confirmée par une bulle de Sixte Y.
Secondement, les articles de 1682 ont été censurés par Innocent XI, Alexandre VIII, Innocent XII et Pie VI daus la condamnation du synode de Pistoie.
.En dernier lieu, cette proposition, « queTautorité duPonlite romain sur les Conciles œcuméniques et' son infaillibilité en matière de foi est futile et a été souvent réfutée », a été condamnée en 1688 par Alexandre VIII.
Nous produirons d'abord autant de témoignages que nous le permettront les limites étroites de cette lettre, pour justifier cette assertion que, depuisle commencement du Christianisme jusqu'à Tépoque précédant immédiatement le Concile de Constance, c'est-à-dire pendant quatorze cents ans, la doctrine de la stabilité de la foi de Pierre dans son Siège et dans son successeur existait parla tradition immémoriale et universelle de l'Église. De cela il résulte que ceux qui la nient sont des novateurs; pour prouver que rinfaillibilité du Pontife parlant ex cathedra