‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 174 sur 536 · LIVRE III, DOCUUENT CCXXXIIL 2S · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUUENT CCXXXIIL 2S

est une nouveauté récemment introduite, ils se servent des mêmes arguments que les hérétiques qui regardent la doctrine de la Transsubstantiation comme une innovation du Concile de Latran, et ladoctrine de la sainte Trinité comme une innovation du Concile de Nicée.

Je veux cependant intervertir l'ordre de ces témoignages. Nous commencerons non avec les siècles les plus reculés, mais avec les plus récents. Nos adversaires eux-mêmes nous disent que l'ultramontanisme a envahi le Christianisme depuis le Concile de Constance. Il est dès lors indiscutable que, depuis les quatre derniers siècles, il a envahi la théologie et la pratique de l'Église.

Nous remonterons donc le courant jusqu'à sa source. Nous pourrons voir alors quelle était la doctrine avant le Concile de Constance, et si l'on peut remarquer quelques changements dans la suite, nous pourrons par là apprécier les droits du gallicanisme à l'antiquité, à l'autorité et à la vérité.

Dans le but de bien mettre hors de doute que, depuis quatre cent cinquante ans, la croyance à l'inraillibilité du Siège et du PoutiTe de Rome a toujoursété croissant, il est bon de se mettre dans l'esprit certains fails.

I. Il est admis que la doctrine de l'inraillibilité du Pontife romain a été enseignée par les Pontifes romains, les théologiens romains, les écoles théologiques de tous les pays, à l'exception de la France, depuis le Concile de Constance' en 14i8 jusqu'à ce jour : c'est-à-dire pendant quatre siècles et demi, telle a été la doctrine de tous les ordres religieux, surtout des dominicains, des franciscains et de la société de Jésus; de toutes les écoles théologiques à l'exception de celles que je viens de citer et de presque toutes les universités. Est-il croyable

t. Le Concile do Constance n'avait pus à traiter In question d'infaillibilité. En aflirmant que le Concile était supérieur au l'ape in his qux per- Unent ad fidem, il n'a pas déclaré que le Pape fdt faillible. Et même ces paroles rencontrèrent de l'opposition, non seulement chez le Cardinal Zarabelja, mais encore chez les (ordinaux et les ambassadeurs de France. En outre elles, étaient l'acte seulement d'une partie d'une obédience, au milieu d'un désordre et d'itae irrégularité qui suflisaient à lea annuler lors même que Martin V ne les aurait pas soigneusement exclues de la conlirmulion*

que tous ces représentants de Tinstruction et de la science de l'Église aient erré et errent de la sorte ensemble en élaborant une nouveauté jusqu'alors inconnue à l'Église?

II. Pendant ces quatre siècles et demi, on a tenu trois Conciles œcuméniques, ceux de Florence, de Latran et de Trente, et on n'y a pas entendu murmurer le moindre doute sur l'infaillibilité du Pontife romain.

III. Pendant cette même époque, trois Conciles œcumé niques ont parlé de l'autorité du Pontife romain et ils l'ont fait en ces termes : Le Concile de Florence, en 1439, décrète : « Nous définissons que le Pontife romain est le successeur du bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, et le véritable Vicaire du Christ, et le Chef de toute l'Église, et le Père de tous les chrétiens; et à lui a été donné dans le bienheureux Pierre, par Notre- Seigneur Jésus-Christ, le plein pouvoir de paître, diriger et gouverner l'Église universelle *. »

Le Concile de Latran, en 1512, a condamné comme hérétique la proposition : « Le Pontife romain, le successeur de Pierre, n'est pas le Vicaire du Christ constitué par le Christ lui-même dans le bienheureux Pierre sur toutes les Églises du monde entier •. »

Le Concile de Trente, en quatre endroits, désigne l'Église de Rome comme Ecclesiarùm omnium mater et magistra '. Mais le mot magistra signifie l'autorité du maître et du guide.

En dernier lieu, le Concile de Constance lui-même donne un témoignage de l'autorité pontificale du genre le plus décisif. Dans la dernière session du Concile, les Polonais en appelèrent à un futur Concile général, parce que le Pape ne voulait pas condamner un certain livre. Par suite, Martin V condamna les appels de ce genre dans un consistoire public, le 10 mars 1418. Gerson écrivit contre cette condamnation conçue dans ces termes : « Il n'est pas légal d'en appeler du Juge suprême,

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