LIVRE ni, DOCUMENT CCXXXIII
afiTcrinis et corrige ceux qui s'égarent ; et comme le tuteur et le docteur, le père et le docteur, aie soin et sollicitude pour tous . C'est donc avec raison qu'il a reçu le privilège d'être au-dessus de tous, celui qui a reçu avant tous, de Dieu, le privilège de conserver l'intégrité de la foi. »
Il dit encore : « Pourquoi ne recevez-vous pas les statuts de la sainte Église romaine qui, par Dieu, et de Dieu, et immé* diatement après Dieu, a obtenu la suprématie d'autorité dans l'Église universelle qui est répandue dans le monde entier? Car nous lisons que ceci a été déclaré au premier Concile de Nicée par trois cent dix-huit Pères. Or, il doit être connu, et aucun catholique ne doit l'ignorer, que la sainte Église romaine n'a pas été préférée aux autres par des décrets de synode, mais qu'elle a ohtenu sa suprématie par la voix de Notre-Seigneur et Sauveur dans l'Évangile, où il dit au bienheureux Pierre : Tu es Pierre et sur ce roc... * »
Ce langage aujourd'hui serait appelé ultramontain ; mais Anselme s'adresse ainsi aux grecs, avec la conscience d'exprimer l'esprit de l'Église catholique. Et ce qu'il a dit, il l'a écrit comme nous l'avons dit, sur l'ordre d'Eugène III. On ne peut trouver aucune trace indiquant que ces paroles d'Anselme n'étaient pas la véritable expression de la tradition immémoriale et universelle de l'Église à son époque.
XIV. Le synode de Quedlinburg, en Saxe, en 1083, condamna ce que l'on nommait Thérésie benricienne, savoir : que les choses non seulement temporelles, mais spirituelles, étaient du ressort des empereurs et des rois. Nous lisons dans les actes du synode : « Quand tout le monde se fut assis à son rang, on produisit les décrets des Saints-Pères sur la suprématie du Siège apostolique, savoir : qu'il n'était permis à personne de reviser ses jugements et de rejuger ce qu'il avait jugé, ce qui, par la profession publique de tout le synode, a été approuvé et confirmé'. »