LIVRE III, DOCUMENT CCXII
talion de Vatiticoncile vraiment imposante, solennelle, unanime, de manière à frapper les populations?
Pourquoi donner à la secte cléricale et aux doctrinaires habitués à se moquer de tout mouvement, de toute marque de spontanéité populaire, de toute action généreuse et désintéressée en vue de la régénération religieuse du monde, pourquoi leur donner le triste spectacle de nos divisions et de notre commun dépit?
Laissons aux scribes de la Civiltà cattolica les sarcasmes de mauvais goût, les vulgaires et basses railleries à l'adresse de Vanticoncile et osons espérer qu'il sera non pas aussi ridicule que les pharisiens se plaisent à le dire, mais grave, instructif et digne, tel en un mot que le doivent souhaiter les libres penseurs et le corps entier des francs-maçons, ne serait-ce que par respect pour leur drapeau, et leur propre dignité, et par égard pour l'illustre promoteur du projet et ses dignes compagnons, auxquels tous les honnêtes gens sont tenus de témoigner de la déférence.
Quant à moi, je le déclare, je sens en mon âme le zële le plus ardent pour ranliconcile et je désire contribuer à son succès. Je vais redoubler d'efforts et j'espère qu'il réussira complètement malgré les insultes et les attaques sans trêve et sans mesure des scribes et des pharisiens.
Votre tout dévoué,
P. SfiÂRBAllO.
Ancône^ 21 octobre 1869.
(26 octobre 1889)
Lettre de Ricciardi au directeur du journal la Liberté^ pour lui expliquer que le grand maître du Orand Orient d'Italie a tort de s*opposer à ranticoncile, dont le programme signifie : guerre implacable au Pape, à la Papauté et aux superstitions de tout genre, ce qui est précisément une des fins de la francmaçonnerie.
Napies, 26 octobre 1869.
Monsieur,
La circulaire maçonnique de Frapolli publiée dans votre numéro du 22 courant m'a causé une extrême surprise, je dirai plus, une très vive douleur, car son signataire c'est un de mes collègues et amis, un de mes anciens frères d'exil!... L'illustre professeur de Modène, Pierre Sbarbaro a si bien réfuté les sophismes de l'honorable Frapolli que je crois ne devoir rien ajouter. Je dirai seulement que mon collègue et ami n'aurait pas parlé d'embrassements émoUients ni de mystifications, s'il avait bien lu le programme de Vanticoiicile^ qui ne signifie pas autre chose que guerre implacable au Pape, à la Papauté et aux superstitions de tout genre. Or c'est justement là une des fins de la franc-maçonnerie. Aussi avons-nous appelé celle-ci à notre secours, en lui conseillant seulement de se défaire de certains accessoires qui ne sont plus de notre temps, c'est-à-dire de renoncer pour toujours aux symboles, aux rites, aux épreuves ot surtout au mystère dont elle s'est jusqu'ici entourée, car ce n'est plus dans les ténèbres que le bien doit se faire, mais à la lumière du soleil.
Je suis, etc.
G. Ricciardi.
LrVHK ni, DOCUMENT CCXIV. 33
Lettre dans laquelle Ricciardi indique au directeur du journal Roma les décision:» qui, suivant lui, doivent être prises par les assemblées, populaires qui se tiendront Je 8 décembre, dans plusieurs villes d'Italie, pour protester contre le Concile et le despotisme étranger qui le protège.
Naples, 19 novembre 1869.
Monsieur le Directeur,
Je vous serais infiniment obligé de vouloir bien, par le journal Roma^ donner la plus grande publicité possible aux faits et aux idées qui suivent :
Grâce à la courageuse initiative de plusieurs patriotes, parmi lesquels j'ose me compter, on organise dans plusieurs villes de ritalie, pour le 8 du mois prochain, des manifestations solennelles contre le Concile œcuménique et la puissance étrangère qui le protège. Nombre de lettres que je viens de recevoir à ce sujet m'apprennent que de grandes assemblées populaires auront lieu à Palerme, Catane, Salerne, Aquila, Foggia, Ancône, Parme, Venise, Vérone, Brescia, Trévise. Il est très désirable, je crois (et Garibaldi partage mon avis), que partout en Italie le peuple montre en ce jour la plus vive allégresse. Ses ennemis lui offrent l'occasion de procéder à un nouveau genre de plébiscite en faveur de l'unité nationale et du principe sacré de la liberté ; il ne manquera pas de la saisir. Quant aux résolutions à voter dans les cent assemblées populaires de la Péninsule, elles devraient, ce me semble, être ramenées à ces trois points :
1* Guerre implacable au Pape ;
2** Protestation contre l'omnipotence napoléonienne;
3® Affirmation du grand principe de la liberté de conscience, et, par conséquent, nécessité de changer le premier article de la constitulion.
Quel merveilleux effet produirait dans le monde une semblable manifestation, surtout si elle a lieu simultanément en mille endroits de l'Italie ! Ce serait aussi une assez bonne réponse à ceux qui reprochent aux Italiens leur profonde apathie et estiment, même après l'admirable révolution de 1860, qu'ils méritent bien leur triste sort.
Je suis, etc.
G. RlCGURDI.
(9 novembre 1868)
Mgr Maret, Évéque de Sura in par(i6ii<,écrità Louis Veuiliot, directeur deVUni" vers, pK)ur « protester > contre les accusations « mal déguisées > lancées contre lui dans ce journal à propos d*un livre que Mgr Maret prépare, et qui n*est qu*un simple « mémoire > destiné au futur Concile général, livre que l'auteur se propose de soumettre au Souverain Pontife et aux Évoques de la sainte Assemblée.
Paris, le 9 novembre 1868.
Monsieur,
Il vous plaît de recueillir dans vos colonnes tous les bruits, même les plus incroyables, qui circulent dans une presse mal informée, sur le livre que j'imprime. Libre à vous, Monsieur, d*user d'un pareil procédé, dont le but ne m'échappe pas.
Mais ce que je ne puis laisser passer sans protestation, c^est que, fidèle à cet art des insinuations qui vous a toujours été familier, et dont vous vous êtes toujours fait une arme vis-à-vis de vos plus illustres et plus respectables adversaires, vous vous permettiez des accusations mal déguisées contre un Evéque qui n'a d'autre juge que le Chef suprême de TËglise.
Je proteste donc contre le rapprochement que vous avez voulu faire, lorsque, dans votre numéro d'hier, 8 novembre, vous avez osé écrire ceci : Lon même que Mgr Maret parlerait exactement de l'infaillibilité pontificale comme vient cteti parler