LIVRE III, DOCUMENT CCXV
le Patriarche schismatique de Constantinople, V effet ne serait pas plus grand.
Toute ma vie, tous mes écrits, tous mes discours s'élëvenl pour donner un démenti éclatant à ces insinuations calomnieuses. J'aille droit, Monsieur, de vous rappeler au sentiment et au respect de la justice.
Quant au livre que je prépare, je n'ai rien à vous dire ni de ses doctrines, ni de ses tendances, ni de son but, parce que vous n'êtes pas juge de ces choses. Ce liyre est un mémoire destiné au futur Concile général. Je le soumettrai au Souverain Pontife et aux Évèques de la sainte Assemblée. Ce livre ne sei^a que Texercice du droit inviolable que possède tout Évèque d'émettre librement, dans un Concile, ses opinions sur la situation, les dangers et les besoins de l'Église. Le Saint-Père lui-même, dans sa bulle d'indiction, nous invite à l'exercice de ce droit, qui devient pour nous l'accomplissement d'un devoir.
Voilà, Monsieur, des renseignements sur mon livre plus certains que ceux que vous cherchez à droite et à gauche. Permettez-moi maintenant de vous donner un conseil.
Par le système de diffamation et d'intimidation que vous avez adopté et que vous suivez, depuis quelque temps, contre un Ëvéque qui est dans son droit, craignez de riMœr à penser que vous et vos amis voudriez déjà porter atteinte à la liberté du ïutur Concile, et peser sur ses décisions. Dans ce cas, ma cause ne tarderait pas à devenir celle de mes vénérables collègues, et, dans mon humble personne, vous trouveriez tout rÉpiscopat. Il a besoin de toute ]a liberté canonique pour traiter et résoudre, sous l'autorité du Souverain Pontife, les immenses questions que soulève la convocation du Concile général. La liberté des délibérations et des votes, dans les limites de la foi, a toujours été une des premières lois de ces saintes Assemblées. La moindre atteinte à cette liberté pourrait compromettre leur autorité. Mais il ne vous sera pas donné, il ne sera pas donné à vos amis d'empêcher la lumière de se produire.
Laissez-nous donc en paix, Monsieur ; permettez-nous de
nous préparer, dans le silence de la prière et du travail, à la grande et difficile mission que nous devons remplir. Celto conduite sera sage et chrétienne, parfaitement conforme aux intentions du saint Pontife qui gouverne TÉglise de* Jésus- Christ. ,
C'est la première fois que je réponds aux petites et aux grandes attaques que vous ne cessez de diriger contre un livre que vous ne connaissez pas, qui n'est pas publié, et dont Timpression n'est pas même terminée; ce sera la dernière.
Si les conseils que je viens de vous donner ne vous paraissent pas opportuns, continuez, Monsieur, à demander aux quatre vents du ciel des nouvelles de mon livre, à les enrichir de vos commentaires, à y joindre même vos menaces. Il me suffit d'avoir averti, par cette lettre, vos lecteurs honnêtes.
Je vous prie de Tinsérer dans votre plus prochain numéro. Selon votre usage, vous raccompagnerez sans doute de quelques amabilités nouvelles. Je vous les pardonne d'avance.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre servite||r très humble.
-J-H. L. C, Évêqiie de Stira.
(12 novembre 1868) Réponse du directeur de ï Univers à TÉvéque de Sura.
Mgr Maret n'a pas cessé d'être l'écrivain très libéral, mais très impatient de la contradiction, qui rédigeait, il y a vingt ans, VEre nouvelle. En ce temps-là, fort entreprenant contre nous, il n'omettait guère, dans ses polémiques toujours animées, de contester notre intelligence, notre probité, notre justice, et jusqu'au droit que nous prenions de combattre ses doctrines. Il se plaignait aussi de nos insinuations, de nos diffamations, de nos intimidations. Il sait maintenant que les doctrines de Y Ère nou-