LIVRE III, DOCUMENT CCXXXHI
laioe et canonique le présida, comme saint Léon avait présidé le Concile de Chalcédoine et Agathon le troisième Concile de Gonstantinople.
Mais ce fut dans les quatrième et cinquième sessions, alors qu'une seule obédience était présente, que furent proclamés les décrets représentant les nouveautés de Gerson. Ils étaient nnb dès le commencement par la nullité de l'Assemblée, l'irrégularité du vote aussi bien que par l'hétérodoxie du sujet. Ils fureot protestés auBsitAt que lus et ils ont passé, non seulement parce que l'opposition était vaine , mais encore parce qne leur admission était, ipso facto, nulle dans son effet. Mais il est inutile d'entrer dans ces détails. Tant qu'il restera un gallican, il réitérera la version gallicane du Concile de Constance, n faut se rappeler comment GersOn s'est plaint de la condamnation, par Martin V, de ceux qui en appellent du Pape à un Concile général. Ce seul acte pontifical, publié dans le Concile même, sapait dans leur base les quatrième et cinquième
Afin d'apprécier correctement la nature réelle de ces sessions, nous devons nous remémorer les opinions Ihéologiques enseignées & cette époque par Gerson k Paris. Nous verrons promptement d'abord le peu de poids de l'autorité de son nom, et ensuite l'analogie de la marche des opinions erronées en France avec celle des opinions émises par l'anglicanisme dans ce pays.
Les propositions suivantes sont un échantillon de ce que l'on trouve dans les écrits :
« La décision du Pape seul, en matière de foi, n'est pas de nature & obliger quelqu'un & croire '. »
« La décision du Pape oblige les fidèles à ne pas dogmatiser en sens contraire, à moins qu'ils ne voient qu'une erreur manifeste contre la foi et qu'un grand scandale pour la foi ponrraient surgir de leur silence s'ils ne s'y opposaient pas... S'il en résulte une persécution de leurs opinions et une puni-
1. Gbrsonu Opéra, edit. Dapin, Ant., 4706 (t .1, De Bxam. Doct. Conitd. n, p. 9).
tion contre eux, qu'ils sactient que les persécutés pour la caasc
de la justice sont bénis'. »
u Une simple personne sansautorité peut être tellement bien versée dans les saintes Écritures que l'on peut avoir plus de contiance dans son assertion, en cas de doctrine, que daos la déclaration du Pape ; car on doit se fier plus à l'Évangile qu'au Pape '. 11
Les Ëvèques, x dans l'Église primitive, avaient la même puissance que le Pape ' ».
0 11 est ridicule de dire qu'un mortel puisse réclamer le pouvoir de lier et de délier le péché dans le ciel et sur la terre pendant qu'il est un fils de perdition, » etc *.
« L'Église romaine, dont le Chef est cru être le Pape..., peut errer et tromper et être trompée, et être dans le scbisme et l'hérésie et cesser d'exister *. »
« Il parait que si le Pape... est mauvais et incorrigible, le roi ou l'empereur des Romains... a pour remède de convoquer un Concile *. »
(I Les Ëvèques (opprimés par les Papes) peuvent raisouuablement porter leurs plaintes, non seulement au Pape et à un Concile général qui est le tribunal le plus convenable, mais encore aux princes orthodoxes ^. »
<i 11 y a ici une base pour le cas possible de soustraction ou de suspension d'obéissance à un Pape régulièrement élu '. »
Ce sont les premiers principes du schisme anglican qui s'est
toujours justifié à. l'aide d'écrivains tels que Gerson, Pierro
d'Âilly, Nicolas de Clémengis et de leurs disciples, Dupio, Van
Espen et Fébronius.
' En citant les opinions de Gerson que tout catholique doit
1. Cbrsonii Opéra, édit. Dupiu, Ant., 1706 (t. I, De Bxam. Doct. Cousid. II, p. 9).