LIVRE m, DOCUMENT CGXXXIII
la réformation protestante ; et celle-ci, en séparant une partie de rAllemagne et l'Angleterre de l'Église , purifia son unité d'une infection qui menaçait non seulement Tunité, mais les fondements de la foi. On nous dit souvent, avec toutes les pré« tentions d'un conseil sage et bienveillant, de ne pas tendre trop les conditions de communion ou de ne pas définir avec trop de précision les doctrines de foi. Sans doute, cet avis a été donné à Constance, à Florence et à Trente ; or, l'Église catholique ne connaît pas la politique, mais la vérité; et son unité s'étend, non par la compréhension de l'erreur, mais par l'expulsion de tout ce qui est en désaccord avec la santé et la vie de la foi. Nous verrons plus loin comment cette raison fut mise en avant en 1682, comme elle l'est en ce moment, à la veille du premier Concile du Vatican.
En 1579, le clergé de France, assemblé à Melun, décréta ce qui suit :
« Les Évêques et leurs vicaires à qui cette charge est confiée auront soin que dans tous les synodes diocésains et pro* vinciaux, tous et chacun, soit ecclésiastiques ou laïques, embrassent et prononcent, par une profession publique, cette foi que la sainte Église romaine, l'institutrice, le pilier et le fondement de la vérité, professe et chérit; car il est nécessaire que toutes les Églises s'entendent avec cette Église, en raison de sa (principauté) suprématie ^ . »
En 1 625, un document fut rédigé par l'assemblée sous le titre de : Adresse de Vtzssemblée générale du clergé de France aux Archevêques et Évêques du royaume. Il n'a jamais été publié, pour quelque motif non clairement connu. On le trouve dans les procès-verbaux imprimés par ordre de l'assemblée en 1762-1765. Dans le cent cinquante-septième article, il s'exprime ainsi : « Les Évêques sont exhortés à honorer le Saint-Siège apostolique et l'Église de Rome, mère des Églises, fondée sur l'infaillible promesse de Dieu, dans le sang des Apôtres et des Martyrs... Ils respecteront aussi Notre Saint-Père le Pape, Chef