LIVRE Ilf, DOGUMEiYT CGXVI
velle étaient erronnées sur plusieurs points. Quant au reste, nous aurions sujet de nous plaindre plus que lui. Nous en remettons le jugement à ceux qu'il appelle nos « lecteurs homiètes ».
Nous usions de notre droit en 1848, non sans motif; nous en usons présentement, non sans cause ; nous continuerons d'en user tant qu'il y aura lieu, dans les limites suffisantes que nous trace la justice et que nous voulons restreindre encore par le respect, même quand notre illustre adversaire oublie le respect qu'il nous doit à son tour. Car nous ne croyons pas que la dignité d'Évèque Tautorise aux qualifications dont il frappe ici la contestation la plus loyale et la plus légitime.
Nous sommes sans doute contraires & beaucoup d'idées do Mgr Maret, qui ne lui appartiennent pas exclusivement, comme il est contraire à beaucoup de nos idées, qui ne sont pas seulement à nous. Nous ne sommes nullement les diifamateurs de sa personne ni de sa foi. 11 nous diffame quand il nous accuse de le diffamer. De pareilles impatiences rendraient impossible tout exercice de la pensée, et nous n'y céderons pas. Les idées que les uns cherchent à introduire comme permises, les autres peuvent, ne fût-ce qu'au nom de la liberté, chercher à les repousser comme douteuses.
Quand Mgr Maret nous dit que nous ne sommes pas k jugos de ces choses », il a raison ; aussi ne prétendons-nous pas les juger. Mais nous sommes, sous notre responsabilité, appréciateurs de ces choses, et nous les apprécions. Lui-même y consent par ce seul fait qu'il imprime un livre. Il l'imprime, et le jette dans le public sans doute pour qu'on le lise : et s'il veut qu'on le lise, il doit vouloir qu'on l'apprécie, il doit souffrir qu'on l'accuse et qu'on le défère au juge compétent. Le Pape n'est exempt de cette loi qu'au seul titre de Docteur universel.
Venons à ce livre. Depuis plusieurs mois, il est annoncé de toutes parts comme une œuvre de parti, une batterie destinée, qu'on nous passe le mot, à couler les prétentions ultramo a tai nés. Lorsque l'opinion en était si savamment préoccupée, un journal catholique ne pouvait se taire. Il devait parler, au moins pour avertir l'auteur et le parti, si le parti existe, de la situation que
leur faisaient les annonces, et du mauvais succès que Ton préparait à l'ouvrage. Enfin, nous avons parlé trois fois. L'occasion s'est offerte plus souvent, elle n'a été acceptée que quand elle s'imposait.
A chaque fois, nous avons parlé pour exprimer ce que Mgr Maret lui-même vient d'écrire, c'est-à-dire pour démentir « une presse mal informée » et pour affirmer l'obéissance du prêtre envers le Saint-Siège, quelque doctrine que l'on pût trouver à reprendre dans l'écrivain.
Nous avons, premièrement, démenti le bruit qui prétendait que l'Évêque avait soumis son livre à l'approbation de l'em-, pereur. Les catholiques ne doivent pas, suivant nous, laisser accréditer des imputations de cette nature.
Nous avons, secondement, stigmatisé le caractère insupportable d'une correspondance parisienne adressée à Ybidépendance belge. Le rédacteur de cette correspondance, entrant dans un détail qui faisait supposer des informations sûres, osait dire que Mgr Maret « faisait appel à l'opinion contre la vieille et absurde prétention de la doctrine de l'infaillibilité pontificale ». Il mentait, c'est bien; mais que de gens y pouvaient être pris ! Son assertion justifie, d'ailleurs, la réflexion dont nous l'avons fait suivre, et que Mgr Maret rappelle sans en expliquer l'occasion ni en rendre le sens.
Nous avons, troisièmement, démenti un sot conte, où l'on montrait le Nonce du Saint-Père et l'ambassadeur d'Espagne s'appliquant à corrompre l'imprimeur de Mgr Maret pour avoir communication de ses épreuves.
Voilà tout ce que nous avons recueilli des « quatre vents du ciel » touchant le livre de Mgr Maret, et tout l'usage que nous en avons fait. Suivant nous, c'est à la presse « mal informée » où de pareils bruits avaient cours, qu'il convenait que Mgr Maret envoyât sa lettre. Elle eût étouffé ces bruits détestables. S'il a cru devoir négliger ce soin, il ne peut nous reprocher justement de l'avoir pris.
Nous ne comptons point l'arlicle de la Civiltà cattolica. On a le droit de déplaire, on peut se croire en devoir d'en user.