LIVRE III, DOCUMENT CCXXXIII
révérends frères, aussi bien qu'à moi, de répéter ces assertions et de les prouver.
Cet écrivain, signant Tabbé de Saint-Pol, pensait détruire mon assertion en citant un passage de Tarrèt du parlement, dans lequel il est dit que les articles ont passé unanimement. Qui a jamais douté que le parlement parlerait ainsi et eût ainsi parlé? Mais avec quelle vérité il s'est exprimé, c'est ce que nous allons voir. L'abbé de Saint-Pol admet que l'Archevêque de Cambrai a résisté jusqu'à ce qu'il ait été convaincu. L'Archevêque de Cambrai a résisté jusqu'à ce qu'il ait obtenu Tassurance que les quatre Articles ne seraient pas imposés d'autorité aux écoles théologiennes de France, assurance qui fut néanmoins immédiatement violée par un ordre du roi ^
Nous le voyons aussi sur le témoignage du procureur général de Harlay, un des principaux directeurs de toute cette affaire, que la « majorité de cette assemblée aurait de tout cœur changé leur décision le lendemain, si cela leur avait été permis' ». Ce témoignage est au-dessus de toute réfutation et de tout soupçon. Il se trouve dans une lettre particulière à Colbert, qui n'avait jamais été publiée jusqu'ici, et qui, dorénavant, ne sera jamais oubliée. Mais j'aurai occasion de revenir plus tard sur ce document.
On trouve dans le volume de M. Gérin des preuves incontestables de cette date dans les lettres, mémoires et documents privés de Colbert, de l'Archevêque de Harlay et du procureur général, pour établir au-dessus de toute controverse que rassemblée de 1682 n'était ni un synode, ni un Concile de l'Eglise de France, ni même une assemblée représentative du clergé français ; mais une assemblée d'Archevêques, d'Évêques et autres nommés par le roi ou élus sous toute sorte de pressions et d'influences de la cour, au milieu des fortes et publiques
i . Gebin, Recherches historiques sur rassemblée du clergé de France de 1682!, p. 201. Paris, Lecoffre,1869. — Mais je n*ai pas besoin d'en dire dayanlagc sur la fidélité de TArchevôque de Cambrai. Son courageux successeur, dans une noble adresse à son clergé, le 10 septembre dernier, a abondamment prouvé la vérité de mon assertion de 1867.