LIVRE III, DOCUMENT CCXXXIII
Le 1**" juin se passa sans nouvel ordre pour l'enregistrementde l'édit. L'opposition était devenue beaucoup plus vive. Colbert écrivit à de Harlay, que « le roi avait reçu une lettre lui disant que tout était perdu et qu'il avait eu la pensée de chasser les sieurs Mazare, Desperriers et Blanger, qui paraissent avoir plus de part à ce qui s'est passé, mais que c'eût été manquei* à son principe d'éviter autant qu'il le peut qu'il ne paraisse de la contradiction de la part de la faculté, et de l'autorité de la part de Sa Majesté ^ ».
De Harlay, en réponse, adressa à Colbert un document en date du 2 juin, sous le titre de projet de Bellement pour la tenue des assemblées de Sorbonne. Après avoir exprimé l'avis qu'on a eu raison de ne pas envoyer le parlement à la faculté et de n'y pas déployer un grand appareil d'autorité, il insiste pour qu'on ménage l'opinion publique et qu'on laisse à la Sorbonne une apparence de liberté. Il poursuit en ces termes : « De trouver si étrange que la faculté se plaigne de la forme de l'édit du roi, et pour la nouvelle soumission et pour le chancelier de l'Église de Paris, et enfin pour l'obligation d'enseigner une doctrine, lorsqu'une assemblée du clergé dont la plupart changeraient demain et de bon cœur si on le leur permettait, cela n'est pas tout à fait sans prétexte. Mais enfin aucun n'a manqué de respect à l'édit du roi ', » etc.
Le 16 juin, à 6 heures du matin, un huissier vint signifier un ordre du parlement faisant défense à la faculté de s'assembler ou de délibérer et enjoignant à un certain nombre de docteurs de comparaître devant le parlement à la barre des huissiers, à 7 heures. Quand ils arrivèrent, le premier président leur adressa la parole, les qualifiant de cabale indigne des marques de confiance et d'estime dont ils avaient été honorés.
L'édit contenant la déclaration du clergé fut donc enregistré par ordre.
Le même jour, de Harlay écrivit au chancelier Le Tellier
i. GéRiN, op, cit., p. 354.