‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 208 sur 536 · GÉRIN, op. cU,f p · texte numérisé non relu

GÉRIN, op. cU,f p

2. Combien proroodùmeat l'esprit de nationalisme avail eavahi les Ames à celle époque, on peut le constater rien que par le constant usage de ces loculioDs : ■ la doctriae française, les opinions françaises, nos maximes >. Nous IrouTOQS aussi dans les écrits de Âlassillon : •< comme Ëvi>que saint Praoïois. d Ces mots sonnent élrangemcnl mal aux oreilles de ceux pour qui l'Église de Dieu esl plus qu'une nation, qu'une contrée, qu'une tribu. Je ne puis in'empt^cher de citer de nobles et dëlicalcs paroles de l'Archevâque de Cainbrai A. son clergé dans te synode du 10 septembre dernier : ■ Il n'y a pas de nation qui puisse prétendre le privilège d'avoir un coin de l'Église catholique, sa théologie à part et ses doctrines particulières, qu'une sorte de prescription lui donne le droit de conserver fi toujours. Comprises dans ce sens, ces doctrines nationales seraionl évidemment incompatibles avec l'unité catholique, et, avec le temps et par la forme de» éfénements, elles pourraient amener les mêmes divisions qui, sous nos ?eux, consomment la raine frivole du protestantisme. >

essuyer ! Il fallait arracher à un grand nombre d'entre eux leur consentement; d'autres y formaient des obstacles que toute l'autorité des parlements a bien de la pein»? à vaincre ; on eut besoin de tout le zèle et de toutes les lumières de quelques Prélats, et de quelques docteurs attachés aux véritables maximes, pour ramener le grand nombre d'idtramoîitains qui.se trouvèrent dans les rangs du clergé français. On compte jusqu'à dix-sept arrêts que le parlement fut obligé de rendre pour forcer la faculté de théologie à enregistrer les règlements de i66o, et pour contraindre les docteurs à s'y conformer. Les savants Prélats qui rédigèrent la célèbre déclaration do 1682 n'éprouvèrent pas moins de contradiction pour la faire adopter. Les ecclésiastiques ne cessèrent de remuer jusqu'à ce que le parlement usât de son autorité pour les réduire. Lorsque le parlement voulut faire enregistrer Tédit de 1682 dans les facultés, le^ prétextes et les subterfuges, pour s'en dispenser, se multiplièrent sans fia. L'Université et la faculté de droit se soumirent sans aucune difficulté. Mais il fallut en venir aux voies d'autorité pour faire obéir la faculté de théologie * . »

Il nous semblerait ici plutôt lire l'histoire de la réforme anglicane que celle de l'illustre Église de France.

Encore une citation, et ce sera la dernière : « Dans la séance du 24 novembre, le promoteur Chéron, après avoir dit que Louis XIV surpassait en douceur les David, en sagesse les Salomon, en religion les Constantin, en valeur les Alexandre, en puissance tous les Césars et tous les rois de la terre, lui avait appliqué ce texte byzantin, que je ne traduis pas, et que je préfère laisser tel qu'il est : In exercitu plus quant rex^ in acte plus quant miles, in rege plus quam imperator, in disciplina civiii plus qiuzm pastor, in cortsistono plus quam judex, m Ecclesta plus quam sacerdos*. »

Vous devez vous souvenir que dans ma première lettre pastorale, je dis seulement que le gallicanisme était une théologie royale, et ne faisait nullement partie de la tradition catho-

i. Gébin, op. cit,, p. 389.

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