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LIVRE III, DOCUMEiNT CCXXXVIII

L'accepter? Mais alors que devez- vous penser, Monseigneur, de votre ife'motVe et surtout de votre livre quatrième? îie devezvous pas être au désespoir d*avoir à ce point décrié, déshonoré par avance une vérité devant laquelle vous serez obligé de vous incliner, aussi bien que le plus obscur des fidèles, comme devant un article de foi? Tout rationaliste, armé de vos paroles, pourra donc alors se retourner vers Votre Grandeur et lui dire qu'elle subit, par une docilité fort étrange, une doctrine condamnée par \di protestation des siècles et de f histoire, et tout au plus bonne à f ensevelir sous la honte. C'est-à-dire que vous serez accablé sous le poids de vos propres raisonnements. Est-il prudent, Monseigneur, d'avoir préparé de vos mains cette coupe d'absinthe et de fiel qui ne servira peut-être, grâce à l'usage qu'en feront les impies, vos flatteurs d'aujourd'hui, qu'à détruire l'autorité du Concile et à vous désoler vous-même ?

Comme si la Providence avait voulu faire éclater un signe pour h&ter l'heure de vos regrets, elle a permis que votre ouvrage parût à peu près en même temps que la lettre si profondément déplorable du P. Hyacinthe. Entre l'un et l'autre, il existe des identités d'expressions et de doctrines qui sont loin de tourner à l'honneur de votre Mémoire. Coïncidence fortuite, sans doute, mais coïncidence malheureuse et qui doit vous être pénible, parce que bien des gens s'obstineront à la prendre pour une solidarité.

La malignité publique ira, Monseigneur, et va déjà plus loin. Pour qui vous connaît, il n'est pas douteux qu'en écrivant votre ouvrage et en le publiant, vous avez eu Tintenlion de remplir un devoir. C'était une illusion, mais une illusion sincère. Malheureusement, il enest beaucoup qui, moins favorisés que moi, u*ont pas pu lire dans votre cœur, et, parmi ceux-là, un grand nombre expliquent votre Mémoire par un tout autre sentiment que celui qui vous l'a dicté. En le mettant au jour, vous affirmez que vous avez fait un acte de conscience ; eux, au contraire, ne veulent y voir qu'un fait de représailles. C'est, disent-ils, l'Evêque de Sura qui se venge d'avoir été refusé comme Evêquo de Vannes. Certes, ce n'est là qu'une calomnie ; calomnie néan-

moins à laquelle le passé donne une certaine ombre de vraisemblance, hautement désavouée par vos amis, mais trop facilement acceptée par la crédulité de Topinion.

Évêque d'un diocèse auquel vous tenez, Monseigneur, par des souvenirs de famille, je fais des vœux bien ardents pour qu*au lieu de travailler à semer des défiances contre Rome, Votre Grandeur se dévoue à l'exaltation du Saint-Siège. C'est là le grand besoin de l'Église à notre époque. C'est l'un des plus solennels devoirs de Tépiscopat. C'est aussi l'ambition la plus noble à laquelle puisse s'ouvrir la conscience d'un Pontife. Aujourd'hui, Mgr l'Évèque de Sura est comblé des faveursd'un pouvoir dont le rédacteur de ÏÈre nouvelle était jadis fort éloigné. Si vous changez de voie, si vous vous rapprochez de ce que vous appelez l'école italienne^ et de ce que d'autres nomment avec plus de justice l'immense majorité des pasteurs* unis à leurs chefs, vous risquerez de rencontrer la disgrâce des souverainetés d'ici-bas. Mais, Français, votre patriotisme n'enj sera pas atteint; Évèque, au lieu de vous épuiser en efforts sans fruit et sans gloire contre le mouvement qui précipite l'amour des peuples du côté du Vatican, vous vous donnerez le mérite de suivre cet entraînement général, l'une des merveilles de notre temps. Enfin, si les honneurs terrestres vous font défaut, vous recevrez une récompense bien supérieure à toutes ces misères ; ce sera l'approbation de Celui qui, dans la fermeté d'une foi qui ne sait pas défaillir, a reçu du Christ la mission de confirmer ses frères ^ et dont les décisions ouïes anathèmes finissent toujours par avoir raison de ceux dont la témérité se permet de le dénigrer ou de le démentir.

Veuillez agréer, Monseigneur, l'hommage de mon respect*

f Henri, Évèque de Nîmes.

33î LE CONCILE DU VATICAN.

siasliques et toute autre communicalioQ que Tévèché pourra

juger' conveuable de porter à la connaissance des fidèles.

Je vous prie en conséquence, Monsieur le Directeur, de vouloir bien commencer par publier dans votre premier numéro la lettre que vous trouverez ci-jointe, et que j'avais adressée, il y a une dizaine de jours, à l'Univers. Il paraît que plusieurs autres journaux l'ont depuis reproduite. Je désire et je dois désirer qu'elle ne reste pas inconnue de mes diocésains.

On y verra ce que je pense du livre de Mgr Maret. J'ai lu l'ouvrage tout entier, d'un bout à l'autre, malgré la peine qui remplissait souvent mon cœur. Je ne pouvais cependant pas trop m'étonner de ce que j'avais sous les yeux. L'Kre nouvelle, rédigée, il y a environ vingt ans, par M. l'abbé Maret, alors simple prêtre et seulement professeur à la faculté de théologie de Paris, avait dû me préparer à tout.

Aujourd'hui devenu Evèque, mais sans juridiction quelconque à exercer en aucun lieu, l'écrivain élève on ne peut plus haut son titre et les droits qu'il y croit attachés, quoique, comme simple titulaire, sans troupeau, il ne fasse pas nécessairement partie du Concile général, où ii se propose si bruyamment de les faire valoir et même prévaloir, s'il le peut. Ses idées et ses prétentions sont longuement exposées et vivement soutenues dans les deux volumes dont nous venons de parler. Mais nous n'en dirons plus rien; ce serait un soin désormais inutile. L'auteur a fait présenter son livre au Pape. Le Saint- Père l'a remis aux mains de deux Prélats qu'il a chargés de l'examiner et de rédiger un rapport sur les doctrines qu'il renferme. Cela suflit. Nous pouvons rester tranquilles sur les résultats de cet examen. Ils ne seront certainement pas couformes aux désirs que le Saint-Siège a tant de fois rejetés.

Pour nous, mon cher grand vicaire, nous resterons puremeut catholiques, rien de plus, rien de moins; catholiques, non selon le grand Bossuet qui se trompa sur ce point, mais selon l'hvangile qui ne saurait nous tromper; catholiques avec le Vicaire de Jésus-Christ, établi par le divin Maître pour conduire et gouverner dans le monde entier sou Ëglise, à travers tontes

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